20. Les mots non dits

1062 Words
De retour dans la chambre de Sofia, Marco n’avait pas encore digéré ce que le médecin lui avait dit. Il faisait tout pout cacher cela afin de ne pas inquiéter Sofia mais cette dernière le regardait curieusement, attendant certainement des réponses. « Tu te détends très étrangement, Marco. » Lance Sofia. Les détails qu’il essaie de cacher sont très frappants. Ses yeux se plient en deux fentes étroites, ses sourcils froncés en une ligne dure et menaçante. Ses narines dilatées comme s’il sentait l’odeur de la colère qui émane de son propre corps. Ses lèvres sont pincées depuis son entrée, faisant une ligne mince et blanche, tandis que ses mâchoires sont serrées, faisant saillir les muscles de son visage. Sofia baisse les yeux sur ses bras et avale difficilement sa salive. Les poings de Marco sont fermés, les jointures blanches à force de les serrer, comme s’il voulait écraser quelque chose entre ses mains. Ses bras sont tendus, ses épaules remontées vers ses oreilles comme s’il se préparait à frapper. Elle remonte timidement son regard à son visage et constate que le sien est tout rouge, les veines de son cou et de son front saillantes comme si son cœur allait exploser. Sa respiration est courte et rapide, comme s’il venait de courir un marathon. « Je… je peux savoir ce qui se passe, Marco ? » Demande-t-elle d’une voix à peine audible. D’une démarche lente et assurée, Marco avance jusqu’au fauteuil qui est face au lit. Il s’y assoit et prend la main de Sofia dans la sienne d’un geste doux et rassurant. « Rien que je ne puisse gérer, Sofia. » Elle fronce les sourcils et sourit. Un sourire moqueur à l’endroit de Marco, ce qui fait grogner ce dernier. « Toi ? Gérer quoi ? Tu es photographe, Marco. Tu peux me dire que tu maitrises ton appareil photo et je te croirai mais les reste ne m’en parle pas. » Marco détourne le regard avant de respirer fortement. « Qu’est-ce que le médecin a dit concernant mon état, Marco ? » « Tu tiens tant à le savoir ? » Elle hoche la tête en enlevant sa main de celle de Marco, ce qui le fait grogner mais il se retient d’insister. « Les échantillons qui auront servi à faire des examens concernant ton agresseur ont disparu. » Sofia se redresse sur le lit malgré la douleur et d’un geste rapide et prévenant, Marco place sa large main sur le bas de son dos pour la soutenir. « Mais ce n’est pas possible, nous sommes dans un hôpital. » « Je comprends ce que tu ressens Sofia et je te promets que je retrouverai le ou la coupable. » Elle hoche négativement la tête en regardant Marco avec des yeux pleins d’inquiétude. « Tu ne dois pas te mettre en danger pour si peu. Je suis encore en vie et je sais que mes collègues de la police retrouveront la personne derrière ce cirque. » « La police est lente… » Lance Marco sans réfléchir. Il se rend compte à la seconde suivante qu’il a fait une erreur lorsqu’il sent Sofia se crisper. Une fois de plus il venait de critiquer le service policier devant elle. « Qu’est-ce que tu en sais ? » lui lance-t-elle froidement. Il se racle la gorge pour s’éclaircir la voix, ceci dans le but de gagner en temps afin de trouver de bons mots. « Je le dis parce qu’une autre personne a déjà vérifié sur le lieu où tu t’es faite agresser et c’est des heures plus tard que la police s’y est rendue alors que tu es leur élément. » « Et qui est cette personne qui enquête dessus à l’insu de la police ? » « Je ne sais pas, » répond Marco en fuyant son regard. Sofia pose sa main sur la joue de Marco, captant ainsi son regard. Elle espère tirer quelque chose de ses yeux mais ceux-ci ne traduisent aucun sentiment. C’est fou comme il sait les masquer. « Pourquoi détourner le regard si tu ne sais pas vraiment ? » « Là maintenant je n’ai plus les yeux fuyants. Je te donne donc l’occasion de vérifier tout ce que tu veux, Sofia. » Dit-il d’une voix rauque. Sofia sent sa poitrine se soulever à cause de sa respiration rapide. Cette proximité n’est pas du tout bonne pour elle. Elle sait que Marco peut tout lire dans ses yeux et pourtant elle non. Le jeu doit être équitable. Constatant son trouble, Marco s’écarte un peu d’elle en esquissant un sourire en coin. « Je peux te faire arrêter pour ce que tu viens de me dire, Marco. Tu caches des informations à la police. » « Je ne cache rien qui pourrait te mettre en danger, rassure-toi. » « Ton téléphone a sonné et tu t’es éloigné pour répondre. Tu grondais presque. Je peux savoir avec qui tu échangeais ? » Un sourire d’enfant se dessine sur les lèvres de Marco qui pose sa paume de main chaude sur la cuisse dénudée de Sofia, créant un courant de sentiment dans tout son corps. « La curiosité est un vilain défaut, mon ange de la police. » « Dans mon métier c’est un grand atout pour mettre la main sur des personnes comme toi. » Il penche la tête sur le côté en fixant avec gourmandise les lèvres entrouvertes de Sofia. « Tu mérites que je te fasse taire… » Murmure-t-il en expirant profondément. « Ah… oui ? Et… comment ? » Articule-t-elle difficilement alors que son corps lui crie de commettre l’irréparable. « Tais-toi… » Grogne Marco alors que ses lèvres se rapprochent lentement des siennes. Juste au moment où Sofia ferme les yeux pour enfin savourer quelque chose, un raclement de gorge les fait sursauter. Elle ouvre les yeux et se rend compte que Marco n’a pas bougé, que ce dernier n’a pas quitté sa bouche des yeux. Elle se demande s’il a même entendu le bruit. Son cœur bat toujours aussi vite et le corps musclé de Marco comparable à un meuble l’empêche de voir qui est là. Il se décale enfin en murmurant quelque chose d’à peine audible dans sa barbe. Sofia est très surprise de voir la personne qui est là. Elle regarde derrière elle mais cette dernière est seule, chose surprenante.
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