Chapitre 8

2023 Words
Le jour se leva très vite. Il était dix heures et nous étions toutes les deux prêtes à sortir, pour trouver du boulot. - Jany, j'ai un doute, est-il approprié de sortir ainsi sans même avoir un plan d'action ? demandais à Jany. Cette question ne fut point anodine car dans mon sommeil durant toute la nuit, je n'avais cessé de réfléchir sur cette action que nous envisagions de mener. Je trouvais qu'il était bête de chercher du travail sans même avoir une idée de ce que nous voulions exactement. - Tu marques un point là, dit Jany nous ne pouvons pas nous jeter ainsi dans la gueule du loup sans même avoir un plan d'action. Que proposes-tu donc? - Je n'en sais rien, c'est toi qui devrais en avoir un car ce n'est pas la première fois que tu cherches du boulot il me semble, dis-je. - C'est vrai mais là bas, c'était une petite ville et j'y connaissais plein de monde or ici, c'est un univers tout différent, déclara Jany. Chacune essayait de trouver une idée à sa façon. Il fallait que nous réfléchissâmes sur le point de départ par exemple et aussi, sur le genre de boulot que nous aimerions faire. Nous avions complètement oublié d'en parler la veille et voici, cela nous freinait quelque peu. - Et si, chacune de nous cherchait de son côté, déclara Jany. - J'ai bien peur de ne pas te suivre, lui dis-je, tu aimerais qu'on le fasse séparément ? - Bien-sûr, ainsi, nous gagnerons du temps. Tu chercheras dans une moitié de la ville et moi dans l'autre. Et quand nous nous retrouverons ce soir, chacune fera part de ses trouvailles à l'autre, dit Jany. - Je ne me sens pas très rassurée par ton idée, je n'aimerais pas chercher du travail toute seule pour ma première fois, dis-je. - Ne t'en fais pas, il n'y a rien de bien compliqué à trouver un petit job, me dit Jany, tu entres juste dans un établissement, tu te présentes et tu leur demande s'il n'ont pas besoin d'effectif. - Je ne me sens pas plus rassurée mais c'est d'accord, seulement, si aucune de nous n'a du succès dans sa moitié de la ville, que ferons nous ensuite? demandais-je. - Et bien, nous ferons l'inverse demain, dit-elle, j'irai dans ta moitié de la ville et vice versa. - Et quand au genre de job qu'il faut accepter de faire? demandais-je. - Si tu te sens capable de faire un job et que le planning n'entrave en rien tes études à l'université, fonce. Voilà qui était dit. J'avais une peur bleue dans le ventre mais il fallait que je m'arme de beaucoup de courage. J'étais persuadée que c'était le prix à payer pour devenir indépendante. J'étais décidée à m'occuper de moi toute seule pour ne plus avoir à recevoir l'argent sale de ma mère. Ce fut mon choix, ma décision. Jany et moi nous séparâmes dans la rue, à l'entrée de l'immeuble où nous vivions. Chacune partit de son côté. Je m'arrêtai lorsque je vis une salle de bowling. Je pris mon courage à deux mains et je me décidai à y entrer. Je jetai encore un coup d'œil sur mes vêtements et j'espèrais de tout cœur qu'on ne me jugerait pas sur ce que je portais. J'étais en jean, t-shirt avec ma paire de baskets préférée, j'étais persuadée qu'elle me porterait bonheur cette paire basket. J'entrai et me dirigeai vers le comptoir, il y avait une jeune femme. - Bonjour, lui dis-je. - Bonjour mademoiselle et bienvenue au Royal's bowling, que puis-je faire pour vous? me dit la demoiselle toute souriante. Je scrutais son attitude à la loupe car je me disais que pour être acceptée, j'étais censée me comporter comme elle. Je lui fis donc un grand sourire avant de lui donner ma réponse. - Je suis à la recherche d'un job, lui dis-je, ne vous en faites pas, je peux tout faire. - Désolée mais nous n'avons plus de poste vacant, néanmoins, vous pouvez me laisser votre contact et nous vous contacterons si jamais nous avons besoin de quelqu'un, me dit la demoiselle. J'étais bien déçue mais je lui laissai mon contact et elle l'inscrivit dans son carnet qui d'ailleurs comportait déjà de nombreux contacts. Pour une première tentative, ce n'était pas si mal à mon avis mais cet échec avait complètement réduit mon moral à néant. Dès lors, j'enchaînai les échecs. Je me demandais comment est ce que Jany s'en sortait de son côté. Vu son style et sa manière d'être, j'étais certaine qu'elle avait réussi à trouver quelque chose. Il était déjà quatre heures et je n'avais toujours rien trouvé de concluant. J'avais néanmoins laissé mon contact à toute la ville. Jamais je n'aurais cru que chercher du travail était aussi difficile, même s'il ne s'agissait que d'un petit boulot. Alors, je pris tout d'abord place sur un banc public et au bout d'une vingtaine de minutes, je me résolu à rentrer à l'appartement. J'avais une mine horrible et je suis consciente que je marchais comme un zombie. Le plus drôle c'est que je ne le faisait pas du tout exprès, j'étais tout simplement déstabilisée. Je me préparais à traverser la rue, quand soudain, sans même savoir ce qui se passa, je me retrouvai allongée sur la route. Tout c'était passé si rapidement que je n'avais pas eu le temps de comprendre la scène que j'avais vécue. Une voiture avait foncé sur moi, voilà la cause de ma chute. - Je suis vraiment désolée mademoiselle, me dit le propriétaire du véhicule. Il était venu vers moi très vite et plein de monde nous entoura. Je me sentais comme King Kong à Londres, j'étais le centre de toutes les attentions. Le monsieur m'aida à me relever et il alla avec moi à sa voiture et me fis y entrer. Je savais bien qu'il n'était pas prudent d'entrer ainsi dans le véhicule d'un inconnu mais entrer dans cette voiture me permettait d'échapper à tous les regards qui m'étaient destinés. Le monsieur prit place avec moi à l'arrière de la voiture et c'est là que je compris qu'il avait un chauffeur. Son allure en disait long sur lui. Il avait l'air d'avoir une quarantaine d'années et ses vêtements, ils étaient très loin d'être bon marchés comme les miens, bienqu'il avait l'air plutôt décontracté. un t-shirt, une veste en dessus, un pantalon et des mocassins et à son poignet, il avait une montre très chère, on aurait dit qu'il y avait des diamants dessus. - Je m'excuse pour l'erreur de mon chauffeur, nous vous conduisons à l'hôpital ne vous en faites pas, me dit-il. Il était assez intrigant et j'eus tout d'abord de la peine à m'adresser à lui. - Mais non, ne vous donnez pas tant de peine, je vais bien, dis-je, et en plus, je n'aurait pas dû traverser la rue sans m'assurer qu'elle était libre. - C'est vous qui voyez. Je suis Edward Hawkins, n'oublions pas les bonnes manières. - Marvel Coleman. Il voulut me serrer la main mais je ne le voulus pas et il n'insista pas, un vrai gentleman. - Permettez moi de vous déposer chez vous, c'est la moindre des choses après ce qui s'est passé, me dit-il. - Volontier, dis-je. J'étais ravie qu'il ait proposé de me déposer chez moi car j'étais vraiment épuisée. Après cela, je ne dis plus rien. Un long moment de silence prit place entre nous. - Marvel, puis-je savoir pourquoi vous avez l'air si pensive, j'espère ne pas faire preuve d'impertinence à votre égard, me dit-il, et si je ne m'abuse, votre air pensif est bien en partie la cause de l'incident de tout à l'heure. Je ne le trouvais pas bien trop bavard mais j'eus l'impression qu'il se forçait à tenir la conversation. Je le trouvais impertinent mais la moindre des choses que je pouvais faire fut de répondre à ses questions vu qu'il me déposait chez moi, je me dis que je pouvais bien faire preuve de gentillesse aussi. - Que vous dire monsieur, j'ai cherché du travail toute la journée mais je n'en ai pas trouvé, lui dis-je. - Tu m'as l'air bien trop jeune pour chercher du travail, me dit-il. - Je cherche juste un petit job qui me permettrait de mieux gérer les fins de mois et qui n'interfèrera pas avec mes études, monsieur. - Un peu moins de formalités s'il te plaît, tu peux m'appeler Edward. Pour une personne riche, je le trouvais bien trop sociable. Nous nous connaissions à peine et voici, il me tutoyait déjà. - Entrer dans la phase adulte est bien la chose la plus difficile qui puisse exister crois-moi, me dit-il, tout dépend de la manière dont tu t'y prends. Si tu fais preuve de beaucoup de sagesse, tu réussiras. J'étais très loin de comprendre où il voulait en venir quand il parlait de sagesse mais je n'osai pas l'interrompre car son engagement semblait plutôt réel. Nous étions arrivés devant l'immeuble de chez moi et le chauffeur de monsieur Hawkins s'arrêta. Alors que je me préparais à descendre toute seule de la voiture, le chauffeur sortit très rapidement pour m'ouvrir la portière. C'était bien là, la première fois que j'avais droit à ce genre de traitement. - Marvel, Dit monsieur Hawkins, tiens, voici ma carte et tout en bas, il y a l'adresse de mon hôtel, j'y loge en ce moment. Viens me voir demain à six heures, je pense avoir du travail pour toi. Je pris la carte et je descendis de la voiture. J'eus l'impression que tout ceci avait été irréel. J'avais la carte d'un monsieur très riche qui voulait en plus de ça, m'offrir du travail. Je me disais qu'au final, il pouvait aussi y avoir de bonnes personnes à Londres, j'étais loin de m'imaginer que la suite serait comme une chanson de rupture Taylor Swift, comme un compte de fée au début et plein de désespoir ensuite. J'avais hâte de parler de ma journée avec Jany. Comme je l'eus pensé, elle était déjà à la maison. - Tu rentres bien tard Marvel, comment s'est passée ta journée ? me dit Jany alors que je franchissait à peine le pas de la porte. Elle avait bien raison de m'acculler de questions comme elle le faisait car je n'avais qu'une seule envie, c'était de tout lui raconter. - Je n'ai pas pu obtenir un Job, lui dis-je. - Pour quelqu'un qui n'a pas atteint son objectif du jour, tu m'as l'air très joyeuse, me dit de nouveau Jany. - Je suis joyeuse parce que j'ai un entretien demain, dis-je. - Marvel, je suis très heureuse pour toi et j'espère qu'ils t'embaucheront. C'est quoi, un café, un bowling...? - Encore mieux dis-je, je pense qu'on devrait nous asseoir pour en parler. Nous prîmes place. - Alors que j'étais désespérée et sur le point de rentrer, j'ai failli être renversée par une voiture, dis-je. - Tu vas bien j'espère ! dit Jany. Sa réaction me fit rigoler car on aurait dit ma mère qui s'inquiétait pour moi. - T'inquiète ça va, dis-je, le propriétaire de la voiture était accompagné de son chauffeur et il a proposé de me racompagner. Sur le chemin, il m'a donné sa carte et je suis censée le voir demain pour un entretien d'embauche, c'est sa manière à lui de se faire pardonner pour l'incident. Je lui montrai la carte de monsieur Hawkins et elle la lus attentivement. - Tu as de la chance, j'espère que tu auras un super boulot très bien rémunéré. Quand à moi, j'ai été embauché dans un petit café pas loin d'ici, je commence lundi, dit Jany. - Félicitations jeune fille, vous avez mérité une bonne nuit de sommeil, dis-je pour rire. Jany compris ma blague et sourit. Cette journée fut très loin d'être mauvaise pour toutes les deux. Il ne me restait plus qu'à croiser les doigts pour que monsieur Hawkins accepte de me compter parmi son effectif. J'étais très anxieuse mais j'avais hâte d'être au lendemain, très loin de me rendre compte que ce jour marquerait le début de ma fin.
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