Chapitre 18

930 Words
CHAPITRE 18: LA MARQUE DE LA TITULAIRE POV : Kira Ismaël m’a tendu son téléphone comme on tend une arme chargée. Mon cœur battait la chamade, non pas de peur, mais d’une excitation froide. La réconciliation dans le salon avec Yanis m’avait apaisée, mais il restait un poison à extraire. Cette Lina pensait avoir laissé une trace indélébile ? Elle allait découvrir que je n'effaçais pas les traces, je les recouvrais de mon propre sceau. J'ai cherché le contact dans le répertoire. Mon doigt n'a pas hésité une seconde. J'ai lancé l'appel vidéo. L'écran a sonné deux fois. Quand le visage de Lina est apparu, elle avait encore ce petit air suffisant, cette moue de fille qui pense avoir gagné une manche. Elle s'attendait probablement à voir Ismaël, seul et prêt à ramper. Son sourire s'est décomposé quand elle a vu mes yeux noirs fixer l'objectif. — « Encore toi ? » a-t-elle ricané, essayant de masquer son malaise. « Ismaël est trop lâche pour me parler lui-même ? » Je n’ai pas répondu par des insultes. J’ai fait mieux. J’ai fait un signe de tête à Ismaël pour qu’il s’approche. Il s’est placé juste derrière moi, imposant, sa carrure remplissant l’écran. D’un geste lent, j’ai passé ma main derrière sa nuque pour le ramener vers moi. Je l’ai embrassé. Pas un petit b****r de politesse, mais un b****r profond, possessif, une déclaration de guerre et de victoire en même temps. Je sentais la barbe d'Ismaël contre ma peau et son souffle se mêler au mien. Je voulais qu'elle voie, qu'elle entende, qu'elle comprenne l'odeur du sacré qui nous liait désormais. Quand je me suis détachée, j'ai vu Lina, livide à l'écran. Mais je n'avais pas fini. Ma main est descendue plus bas. J'ai attrapé fermement la boucle de la ceinture de son ensemble Nike. J'ai tiré Ismaël vers moi, le forçant à rester ancré à mon côté, marquant physiquement ma possession. — « Regarde bien, Lina », ai-je dit d'une voix basse, presque suave, mais tranchante comme un rasoir. « Tu vois cet homme ? Tu vois cette alliance ? Le terrain est clos. Tu jouais dans la cour de récréation, mais moi, je gère le stade. Ne rappelle plus jamais. Parce que la prochaine fois que ton nom s'affiche, ce n'est pas une vidéo que tu recevras, c'est moi qui viendrai te débrancher en personne. La titulaire est en place. » J'ai coupé l'appel avant même qu'elle ne puisse articuler un mot. Le silence de la pièce était électrique. POV : Ismaël J’étais spectateur de ma propre femme, et bordel, quel spectacle. Quand elle a lancé cet appel, j'ai vu une Kira que je ne connaissais pas encore. Une lionne calme, calculatrice, d'une puissance absolue. Quand elle m'a attiré pour ce b****r devant l'écran, j'ai senti une décharge parcourir tout mon corps. Ce n'était pas juste du désir, c'était la reconnaissance d'une égale. Elle ne marquait pas seulement son territoire face à Lina, elle me marquait moi. Mais le geste qui m'a achevé, c'est quand sa main a agrippé ma ceinture. Ferme, autoritaire. Elle me tenait comme on tient les rênes d'un destin. Elle ne demandait pas sa place, elle l'imposait. À cet instant, Lina n'existait plus. Mon passé de coureur de jupons, mes doutes, tout avait disparu. Il n'y avait que cette femme en Nike, les yeux brûlants de fierté, qui me tenait par la taille. J'ai regardé l'écran noir du téléphone qu'elle venait de poser sur la table. — « Tu es satisfaite, la titulaire ? » ai-je murmuré, un sourire carnassier aux lèvres. — « Pas encore », a-t-elle répondu en levant le menton, le défi brillant toujours dans son regard. « Mais c'est un bon début. » Je l'ai soulevée d'un coup, ses jambes s'enroulant autour de ma taille. La tension de la journée, la peur de la perdre, la colère contre Lina, tout se transformait en une énergie sauvage entre nous. — « Tu as dit à mon père que je devais regagner ton cœur chaque jour », ai-je dit en plongeant mon regard dans le sien. « Je commence maintenant. » Je l'ai portée vers notre chambre, laissant le téléphone et le reste du monde derrière nous. Ce soir-là, il n'y avait plus de contrats, plus de dettes, plus de passé. Il n'y avait qu'un Lion et sa Lionne, enfin seuls dans leur forteresse, prêts à brûler ensemble. POV : Kira Allongée dans ses bras quelques instants plus tard, je sentais le poids de son bras sur moi. Le geste de la ceinture, l'appel... tout ça avait été un exutoire. Mais au-delà de la provocation, j'avais ressenti quelque chose de nouveau : la sécurité. En voyant Ismaël se laisser faire, en le voyant accepter ma domination devant son passé, j'ai compris qu'il était vraiment à moi. Le piment ne s'était pas éteint, il s'était transformé en une flamme qui réchauffait notre foyer. — « Ismaël ? » — « Hmm ? » — « Ne me fais plus jamais aller chez mes parents en Nike parce que je suis en colère. C'est fatigant. » Il a ri, un rire profond qui a fait vibrer mon dos. — « Promis. La prochaine fois qu'on va chez tes parents, ce sera pour leur annoncer que Yanis va avoir un petit frère ou une petite sœur. » Je ne savais pas si c'était une promesse ou un défi, mais pour la première fois, l'idée ne me faisait pas peur. On était les Demir. On était les Larbi. On était un monde à nous tout seuls.
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