CHAPITRE 27: L'EMPIRE EN NOIR ET BLANC (ET EN ATTENTE)
POV : Ismaël
La villa était sous tension, une électricité statique qui semblait émaner directement du ventre de ma femme. Kira était entrée dans son huitième mois de grossesse, et avec l'arrivée imminente de cet héritier, son caractère était passé de "difficile" à "ingérable". Mais ce soir, il n'y avait pas de place pour les compromis. J'avais organisé ce shooting photo pour marquer l'histoire de notre clan avant que le chaos des couches et des nuits blanches ne commence.
Le salon avait été transformé en studio professionnel. Les parapluies blancs de l'éclairage reflétaient la lumière sur le marbre. Le thème : "The Jordan Legacy". Un hommage à la culture qui nous avait vus grandir, mais avec la touche de luxe qui définissait les Demir aujourd'hui.
Je finis de lacer mes Jordan 1 High "Panda" (noir et blanc). Je portais un ensemble Jordan premium noir mat, ajusté, qui mettait en valeur ma carrure. Je me regardai dans le miroir : le Lion était prêt. Mais la Lionne, elle, faisait trembler les murs du dressing.
— « Ismaël ! Si tu ne viens pas m'aider avec cette fermeture, je jure que j'annule tout et que je finis la soirée en pyjama devant Netflix ! »
Je poussai un soupir, un mélange d'exaspération et d'amusement, et j'entrai dans le dressing.
POV : Kira
Je me battais avec mon ensemble Jordan en satin noir. C'était une pièce magnifique, mais mon ventre, imposant et fier, semblait avoir décidé de doubler de volume en l'espace de deux heures. Je me sentais comme une baleine de luxe, et chaque mouvement me demandait un effort digne d'un marathon.
— « Calme-toi, Kira », dit Ismaël en entrant, ses mains larges se posant sur mes épaules. « Tu es magnifique. »
— « Magnifique ? Ismaël, je ressemble à un ballon de basket géant habillé en Nike ! Et mes pieds... regarde mes pieds ! On dirait des brioches qui essaient de s'échapper de mes Jordan ! »
— « Tes pieds sont parfaits. Tes baskets sont les plus rares de la collection. Et ce ventre... c'est ma fierté. »
Il fit glisser la fermeture éclair avec une douceur infinie, puis se plaça derrière moi, ses mains entourant mon ventre. Dans le miroir, le contraste était saisissant. Lui, tout en noir, sombre, protecteur. Moi, en noir et blanc, le visage un peu plus rond mais rayonnant de cette aura que seule la grossesse donne.
— « Je veux que ces photos montrent qu'on est au-dessus de tout », murmurai-je en me calmant un peu. « Pas juste un couple de la cité qui a réussi, mais une dynastie. »
— « Ça le sera. Maintenant, sors de ce dressing avant que le photographe ne fasse une crise cardiaque à force d'attendre. »
POV : Ismaël
Le shooting commença. Au début, Kira fut impitoyable.
— « Non ! Pas ce profil ! On voit mon double menton ! »
— « L'éclairage est trop dur, je veux une lumière plus "miel" ! »
— « Monsieur le photographe, si vous reprenez une photo pendant que je respire fort, je vous renvoie sans vos honoraires ! »
Je voyais le pauvre photographe transpirer sous son masque. Yanis, lui, s'éclatait. Il portait exactement le même ensemble que moi, une version miniature qui le rendait incroyablement stylé. Il sautait partout, faisant des "dunks" imaginaires.
Puis, le moment des photos de couple arriva. J'assis Kira sur un fauteuil design en cuir blanc. Je me tins debout derrière elle, une main posée sur son épaule, l'autre sur son ventre.
— « Souris, Kira », murmurai-je.
— « Je ne peux pas sourire, j'ai une crampe au mollet ! Et j'ai faim. Ismaël, j'ai envie de beignets au chocolat. Maintenant. »
— « On finit la série de photos, et je t'en achète un camion entier. »
— « Un camion ? Tu te moques de moi ? C'est une insulte à mon état ? »
Elle avait ce regard provocateur, celui qui me rendait fou. Malgré la fatigue, malgré les caprices, elle restait la seule personne capable de me tenir tête. Le photographe cliqua frénétiquement. Il avait saisi l'instant : l'intensité de notre duel permanent, la passion qui brûlait malgré la lourdeur du huitième mois.
POV : Kira
Après deux heures de poses, de changements de lumière et de trois pauses "pipi", je n'en pouvais plus. Je m'affalai sur le canapé, mes Jordan 1 "Panda" traînant sur le tapis de soie.
— « C'est bon, j'ai donné ma vie pour l'art », déclarai-je en éventant mon visage avec ma main. « Ismaël, mes beignets. Et je veux qu'ils soient chauds. »
Ismaël fit signe à Moussa, qui attendait dans le hall, de s'en occuper. Il revint s'asseoir près de moi, prenant mes pieds gonflés sur ses genoux pour les masser. Un geste qu'il n'aurait jamais fait devant ses hommes, mais ici, dans l'intimité de notre empire, il était juste mon mari.
— « Tu as été incroyable, la Lionne. Les photos sont lourdes. On dirait une campagne de pub pour le bonheur et la puissance. »
— « C'est parce qu'on est les meilleurs », répondis-je en fermant les yeux sous la pression de ses doigts. « Mais ne t'habitue pas trop à ce que je sois docile. Dès que ce bébé sort, je reprends les rênes de la boutique à 100%. »
— « Je n'en doute pas une seconde », rit-il.
Le salon était calme maintenant. Les lumières du studio s'éteignaient une à une. On était là, tous les trois (bientôt quatre), habillés en noir et blanc, symboles d'un équilibre trouvé dans le chaos. Le secret de la pilule semblait appartenir à une autre vie. Aujourd'hui, la seule chose qui comptait, c'était le battement de cœur que je sentais sous ma peau et la main d'Ismaël qui ne me lâchait pas.
— « Ismaël ? »
— « Ouais ? »
— « En fait... je ne veux plus de beignets. Je veux des sushis. »
Il leva les yeux au ciel, poussa un soupir de résignation, mais je vis ce petit sourire au coin de ses lèvres. Le Lion était dompté, du moins pour ce soir.