2. Confidences

1405 Words
Pdv Aïcha  Le même jour, quelques heures plus tôt   J'ouvris lentement les yeux et prit mon smartphone posé sur la table de chevet : 13h à Paris et 11h à Dakar. Je me levai du lit. Ça fait des années que je n'ai pas dormi aussi longtemps. Je pris ma douche, me brossai les dents et m'habillai. Je m'étais choisie une robe d'été blanche. En ce mois de juin, il faisait très chaud et je préférai m'habiller léger. Je mis mes pantoufles et sortit de la chambre. Des rires me provenaient de loin. Je les suivis et trouvai Abdou et Nafi attablés dans la salle à manger. Moi : Bonjour, Mr et Mme Diop. Nafi (avec un large sourire) : Bonjour, Aïcha. Abdou : Bonjour, Aïcha. Nafi : Bien dormi, Choupette. Moi : Oui et vous ? Nafi : On a bien dormi, nous aussi. Abdou : Viens faire comme nous. Je m'assis face à Nafi et mangeai avec appétit. Abdou, après avoir fini sa tasse de café : Alors quel est le programme aujourd’hui ? Nafi : Je pense qu'on va aller faire des courses. Je n’ai pas encore fait les courses du mois. Je t'attendais Aïcha pour que tu puisses choisir ce qui te plaît. Moi : Oh, il ne fallait pas. Tu sais que je ne suis pas difficile en matière de nourriture. Je me serais contenté de tout ce que tu me donnes. Nafi : T'inquiètes, je me réjouis de faire les courses avec toi. Abdou : Moi, je vais aller voir mon frère Moussa, il m'a demandé de passer. Je ne sais pas trop pourquoi il veut me voir. Nafi : OK. Tu me salueras ta mère, Amy et les enfants. Tu leur diras que je n'ai pas pu venir. Abdou : Pas de soucis. Il se leva et alla déposer sa tasse à la cuisine. Nafi se leva aussi. Nafi : Finis ton petit déjeuner tranquillement. On partira dans une demi-heure. Moi : Ok. Elle disparut, elle aussi, derrière la porte qui donnait sur la cuisine. 5 minutes après, je finis ma tasse de chocolat au lait. Je déposai ma tasse dans la cuisine comme les autres et retournai dans ma chambre. Je mis mes ballerines noires et pris mon sac posé sur la table de chevet. Je rejoignis Nafi qui m'attendait dans le salon. Nafi : Tu es prête ? Moi en mettant mes lunettes noires : Oui. Nafi : Let's go. Le supermarché se trouvait à 15 minutes en voiture de chez Nafi. Celle-ci gara sa Renault Captur blanche dans le parking du magasin et on descendit. On quitta le supermarché une heure plus tard avec de quoi nourrir un régiment pendant un bout de temps. J’étais surprise d'avoir trouvé plein de produits français que je ne soupçonnai pas trouver ici. J’avais une autre image de l'Afrique. On mit les courses dans le coffre de la voiture et nous voilà en route pour la maison. Le gardien et Satou nous aidèrent à faire monter les courses. Pendant que cette dernière et Nafi rangeaient les courses, je retournai dans ma chambre. Je regardai à travers la fenêtre qui donnait sur la rue. Des voitures passaient. Cela faisait un quart d'heure que je rêvassais devant la fenêtre quand on frappa à la porte. Moi : Oui ! Entrez ! - La vue est beaucoup plus belle dans ma chambre. On voit la mer. C'était Nafi qui venait de parler. Je me retournai et lui souris. C'est vrai que l'appartement n'était pas très éloigné de la mer. Nafi : Alors comment trouves-tu ton lit ? Moi en m'asseyant sur le lit : Il est douillet. Ça fait longtemps que je n'ai pas dormi comme ça.  Nafi en s'asseyant à son tour : Justement en parlant de dormir, moi, je ne dors pas depuis que tu m'as dite que tu venais à Dakar. Je te connais Aïcha, je sais que venir ici a toujours été pour toi quelque chose de douloureux à envisager à cause de ton père. Qu’est-ce qui t'a fait venir aussi hâtivement ? Je me sentis bouleversée et ne pus empêcher mes larmes de couler. Moi : Oh, Nafi ! Si tu savais tout ce qui m'est arrivée.   ***************   Pdv Nafi   Moi : Mais Aïcha, pourquoi tu ne m’as rien dite ? Tu as vécu tout cela pendant deux ans et tu ne m’as rien dite. Aïcha : J'avais honte et j'avais peur.  Moi : On aurait pu éviter tout ce drame. J'ai tellement mal pour toi. Cette histoire aurait dû se régler devant un tribunal avant que les choses dégénèrent. Aïcha : Je sais. Moi : Là, s’il te trouve, je n’imagine même pas ce que ça va se passer. J'ai dû mal à croire que toi, tu as été une femme battue. Tu n'aurais pas dû rester avec cet homme. Aïcha : Je l'aimai, Nafi. Je croyais qu'il allait changer. Quand je l'ai connu, il était merveilleux, galant, romantique. Je n'ai jamais soupçonné qu'il était aussi v*****t. Moi : Tu aurais dû porter plainte, quand tu avais des marques visibles. Là, tu n'as aucun moyen de prouver sa dangerosité. S'il te retrouve, il va te faire ta fête. Aïcha : C'est pourquoi je n'ai pas dit à ma mère où j'allais. C'était la seule façon de la protéger et de me protéger. Je ne peux même pas appeler ma mère.  Moi : oh, j’ai tellement mal pour toi.  Je me mis à pleurer et la pris dans mes bras. Je sortis de la chambre 20mn plus tard encore meurtrie par la narration de mon amie. Jamais je n'aurai imaginé tout ce qu'elle a vécu dernièrement. C'est vrai qu'elle était souvent bizarre au téléphone et je ne comprenais pas pourquoi je n'arrivais jamais à la joindre le soir et pourquoi elle trouvait de fausses excuses pour ne pas me le présenter. Je me rendis dans ma chambre et laissai encore couler quelques larmes dans mon lit. C'est là que mon mari me trouva 10mn plus tard. Abdou en fermant la porte derrière lui : Chérie, je suis de retour. Il s'assit sur le lit. J’avais la tête cachée dans un oreiller. Abdou : Qu'est-ce qu'il y a, chérie ? Pourquoi tu ne me réponds pas ? Regarde-moi.  Je me retournai face à lui. Abdou: Mais tu as pleuré! Qu'est-ce qui se passe? Moi : Ne t’inquiète pas. Ce n’est rien de grave. Abdou : Je te trouve enfermée dans notre chambre en pleurs et tu veux que je ne m'inquiète pas ? On se dit toujours tout, alors parles-moi de ce qui te fait pleurer. Moi : J'aimerais bien t'en parler, mais je ne peux pas. Abdou : Ça concerne Aïcha, c’est ça ? Moi : Oui ! Elle a eu une très mauvaise année et tu sais que je l'aime beaucoup. Tout ce qui la touche me touche. Abdou : Alors tu avais raison de t'inquiéter. Son séjour n'est pas anodin. Moi : Non. Ce n’est pas anodin. Elle risque de rester plus longtemps que prévu. Abdou: Ah oui? T'inquiète, cela ne me gêne pas. Elle peut rester aussi longtemps qu'elle le veut. Moi : Merci ! Il faut qu'on l'aide aussi à trouver un travail. Abdou : Ah oui ? Elle n'est pas prête de partir demain à ce que je vois. Moi : A part sa mère et moi, elle n'a aucune autre attache. Et pour le moment, elle ne peut pas rester à Paris, c’est trop risqué. Abdou : Tu m'inquiète là ! Qu'est-ce qu'a fui Aïcha ? Moi : Je te le raconterai un jour. Pour le moment, Aïcha m'a faite promettre de ne rien dire. Abdou : Ok. Mais tu m'as dit que le père d'Aïcha est sénégalais. Sa famille paternelle pourrait lui venir en aide. Moi : La situation avec son père est compliquée. Elle n'a pas de ses nouvelles depuis toute petite. Elle ne sait rien de lui et de sa famille. Abdou : Ok. Je vois. C’est triste pour elle. Mais ne t'inquiète pas. Si tu veux l'aider, je te soutiendrai. Moi : Merci ! Je peux toujours compter sur toi. Alors que te voulait Moussa ? Abdou : Figures-toi qu'il veut envoyer maman à la Mecque, mais il veut que ça soit un cadeau collectif. Du coup, il m'a demandé si je voulais participer. J’ai dit oui évidemment. Je vais donner la moitié du prix du billet. Je pensais, moi aussi, à offrir cela à maman, c’est juste que Moussa m'a devancé. Moi : Elle va être aux anges. Abdou : Oui, je sais. Elle a toujours rêvé d'y aller. Mais dis-moi le repas est-il prêt ? Il est bientôt 14h et j'ai faim. Moi : Déjà ? On a mangé à 11h. Tu es vraiment gourmand. Il rit. Moi : Ok. Je vais aller voir si Satou a fini de préparer.                                
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