En regardant sur ma droite, je vis ma défunte sœur assise sur le lit me montrant un très grand sourire.
Comme vous pouvez certainement l'imaginer, je quittais cette chambre à vitesse grand V. Mais ça, c'est vous qui le pensez. En ce qui me concerne, j'étais resté, je n'avais ressenti aucune peur. Au contraire, j'étais tellement content de la voir.
Elle n'avait pas du tout grandi. Elle était restée telle qu'elle était avant sa mort. Je la regarde puis elle me dit :
- Je suis tellement contente que tu sois de retour à la maison Will.
J'étais encore bouche bée. Je la contemplais comme une pierre précieuse. Puis, je lui dis :
- WILLIAM : Evé tu es vraiment là ?
Evé est le diminutif de son prénom Évelyne.
Comme réponse à ma question, elle me pince le nez comme à son habitude de son vivant quand on était jeune pour me taquiner. Je ressens cette pincette qui me fait d'ailleurs mal comme souvent.
- ÉVELYNE : Je suis vraiment là mon grand. Ça fait tellement longtemps que tu es parti.
- WILLIAM : Orrrrh ma sœur... Si seulement tu pouvais savoir... Je suis malheureux. Je n'ai pas tenu la promesse que je me suis fait sur ta mort.
Couvre son visage avec ses mains.
- EVELYNE : Je sais tout William. Je suis allée te voir chez toi. Mais je n'ai pas pu rester longtemps.
- WILLIAM : Je savais bien que je t'avais entendu m'appeler.
- ÉVELYNE : Mais il ne faut plus que tu rentres là bas. Il y a quelques choses de mauvais dans ta chambre là... C'est ce qui m'a chassé quand je suis arrivée.
- WILLIAM : Ne t'inquiète même pas pour ça. Je suis rentré, et je ne compte plus y aller.
- EVELYNE : Mais pourquoi ?
- WILLIAM : Tu te souviens que papa m'avait toujours chanté que je vais apprendre la mécanique... Il a ouvert un garage. Je compte rester ici avec lui et essayer de suivre le chemin qu'il avait tracé pour moi.
- EVELYNE : Donc on aura plus docteur dans la famille ci.
- WILLIAM : Oui...
- EVELYNE : D'accord... Alors, il faut que je te dise un truc sur ma mort.
Cette phrase m'avait comme foudroyé. En un instant des tonnes de questions se sont remplies dans ma tête. Me tournant vers elle, je lui demande :
- WILLIAM : Que... Que quoi Evé ? Tu étais malade non. Comment ça il y a truc que tu dois me dire sur ta mort ? C'est quoi ça ?
Puis sans que je comprenne pourquoi sur le coup, elle se met à m'appeler.
- ÉVELYNE : Will ?
- WILLIAM : Oui qu'est-ce qu'il y a ? Dis moi !
- EVELYNE : William ?
- WILLIAM : Qu'elle est ce truc ?
- EVELYNE ; Will ? Effa ? Réveil toi !
J'ouvre les yeux, et je me rends compte que je suis allongé sur le lit. Ma mère venait de me réveiller.
- MAMA : Tu dors comment ? Pars te laver.
Ce n'était juste qu'un rêve. Un simple rêve. Mais quelque chose me disait que ce n'en était pas complètement un.
Je me levai après que ma mère est partie. Je prends rapidement mon bain et je viens trouver sur la table qu'elle m'a déjà servie.
Après avoir fini le repas servi par ma mère, je débarrasse moi-même la table. Puis je vais faire un tour à la tombe de ma petite sœur. Ma mère en prenait très grand soin. Sa pierre tombale ainsi que les alentours était très propre. Du moins c'est ce que je croyais.
Après être resté là, tenu debout face à sa tombe, ma mère vint me trouver.
- MAMA : Ta sœur te manque hein
- WILLIAM : Tellement ma'a... Même après toutes ces années, j'ai toujours du mal à croire qu'elle soit ainsi morte... Comme ça, du jour au lendemain.
- MAMA : Que veux-tu ? Il n'y a rien de plus imprévisible que la mort. Toi qui voulais faire médecine, tu dois le savoir encore plus que nous.
- WILLIAM : Je le sais ma'a. Mais en tant que médecin, moi, je voulais éviter ça d'autres personnes. J'aurais été plus à l'écoute de mes patients. Mais qu'à cela ne tienne, la mort d’Évelyne me cale encore au cou.
- MAMA : Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Tu étais là quand le docteur nous avait dit que son cœur était déjà très affaibli.
- WILLIAM : Je sais bien mama. Mais avec ce que j'ai appris à l'école, j'ai quelque doute à ce propos. Quelque chose d'autre a dû se passer
- MAMA : Hein ?
Après mes mots qui étaient en quelque sorte un monologue. Une pensée à voix haute, je vis le regard curieux de ma mère et triste à la fois. Je fus alors obligé de détourner la conversation.
- WILLIAM : Je remarque que tu entretiens vraiment très bien les lieux mama. C'est tellement propre ici qu'on pourrait y vivre.
- MAMA : Ah ! Oui ! Merci mon fils. Mais ce n'est pas moi.
- WILLIAM : Ah bon !? C'est qui alors ? Papa ?
- MAMA : Non plus.
- WILLIAM : Quoi, vous le faites tous ensemble ?
- MAMA : En fait, Effa, personne ici n'entretient la tombe de ta sœur.
- WILLIAM : Comment ça !? Qui alors se charge de venir nettoyer ça comme ça ?
- MAMA : On ne sait pas. Pour tout te dire, la veille du jour où tu étais parti là. Je me souviens, tu avais pris toute la journée pour très bien nettoyer ici pour que ce soit comme c'est là actuellement.
- WILLIAM : ...
- MAMA : Depuis ce jour... Il n'y a plus jamais eu de saleté ici. Jusqu'à hier avant que je ne t'appelle là. J'ai remarqué quelques traces de boue sur sa tombe que j'ai nettoyée.
- WILLIAM : Je ne comprends pas. Tu dis que l'herbe n'a plus poussé ici et que sa pierre tombale ne s'est plus jamais salie jusqu'à hier.
Vous convenez avec moi que cela paraisse complètement absurde. Cela faisait un peu plus de 7 ans que j'étais parti. Mais quand je lui avais présenté ainsi sa réponse fût :
- MAMA : Je sais bien. Et crois-moi ça nous a pendant un long moment effrayé. Mais puisque rien d'autre d'anormal ne se passait, nous avons fini par admettre que c'était Évelyne qui se chargeait elle-même de nettoyer cet endroit, Toi même, tu sais comment elle aimait la propreté.
- WILLIAM : Bien sûr mama (ricane). Donc, vous la voyez souvent ?
- MAMA : Non... Malheureusement. J'aurais aimé la voir, même si c'est une fois seulement. Eeeeh Evé (pleure).
Pour rendre ma mère moins triste, je l'entraînais jusqu'à la maison. Où nous sommes restés à bavarder jusqu'à la soirée où le reste des habitants de la maison rentraient.
- William ? WILLIAM EST RENTRÉ (Cris de joie)
Ils étaient au nombre trois et tous se précipitaient dans mes bras pour me faire des câlins. Ils avaient tous très bien grandis. Et même la petite que j'avais Annette que j'avais laissé à 9 ans, avait le corps taillé comme une femme. Et elle ressemblait tellement à Évelyne quelque trait en moins. Après ces joyeuses retrouvailles, la question qui ne manque jamais fut
- Tu nous as gardé quoi ?
- WILLIAM : Annette, va dans la chambre là prendre mon sac, c'est bleu. Tu te charges de distribuer aux autres.
Annette était encore dans la chambre en train de chercher le sac. D'ailleurs elle m'avait crié quelques secondes plus tard.
- ANNETTE : Je ne vois même pas le sac... Tu as mis ça où ?
À peine, je lui avais répondu :
- Regardé dans l'armoire, c'est en haut.
Que mon père fit son entrée. C'est à ce moment que pour la première fois de ma vie, j’eus peur de mon propre père.