CHAPITRE 3 : Les sept péchés

971 Words
J’obéis, non sans crainte. J’entre dans une grande pièce où trône un lit à baldaquin en bois noir, un bureau devant une grande fenêtre et un canapé de cuir marron face à une vieille cheminé de pierre où brule un feu. La seule source de lumière dans cette pièce sombre et inhospitalière. J’avale difficilement ma salive quand il referme la porte derrière moi. — Assied toi ici, et tu te tais. Me dit-il, en pointant rapidement le canapé du doigt. Je m’assois avec prudence, lui enlève sa longue veste noire pour l’accrocher au porte-manteau à côté de la porte. Il s’assoit sur le bord du lit et frotte son visage avec ses mains comme s’il était désespéré. — Qu’est-ce que vous voulait de moi ? J’ose demander. Il soupire d’agacement puis me regarde avec mépris. — Je ne veux rien de toi. Me répond-il, sèchement. Je me remets à sangloter, je crains tellement cet endroit inconnu est ces personnes horribles. — Et mes amies ? Que va-t-il se passer pour elles ? Pourquoi on est ici ? Il se lève puis se serre un verre de whisky. — Ce monde est régi par des règles vois-tu, dit-il avant de boire une gorgée d’alcool puis poursuive. — Les sept péchés capitaux. Il se tourne vers moi et me dévisage. — En ce moment tes amies se trouvent avec deux de mes frères. Le grand blond, Mammon, représente l’avarice, la soif de richesses et de pouvoir. Le petit brun, Asmodée, lui incarne la luxure, le plaisir sexuel et la domination. Je te laisse donc imaginer ce qu’elles vont subir. Ajoute-t-il, d’un ton moqueur. Je baisse les yeux avec gêne. Je tremble toujours autant, alors que lui me fixe, le regard vide d’expressions. — Et vous ? Qui êtes-vous ? Lui demandè-je, une boule d'angoisse coincée dans la gorge. Il se retourne pour se placer dos à moi et commence à déboutonner les boutons sa chemise. — Je ne suis personne, soupira-t-il. Cela ne te regarde pas. Il retire sa chemise puis la jette au pied de son lit. Je me surprends à regarder son dos musclé et le tatouage qu’il porte tous le long de sa colonne vertébrale. De fines inscriptions, des symboles incompréhensibles pour moi. Il se tourne ensuite vers moi. Je détourne les yeux en rougissant, embarrassé par son corps fin et parfaitement sculpté. Il s’approche un peu. — Très bien, dis-je avec gêne. Pouvez-vous au moins me dire quel péché vous incarner ? Je crains la réponse à ma question, mais je me dis que cela ne peut pas être pire que la luxure ou l’avarice. Il soupire. Agacé par mes questions sans doute. — Je les représente tous. Dit-il d’un ton assuré. Je suis orgueilleux, gourmand, paresseux, avare, colérique, envieux et luxurieux. Maintenant tu la ferme. Je baisse la tête tristement. Cet homme est peut-être beau à en faire pâlir les femmes, mais sa description de lui-même me fais froid dans le dos. Pourtant, il ne me parait pas si méchant. Mais je ne comprends toujours pas. Suis-je vraiment en enfer ? — C’est impossible... Marmonné-je. L’enfer n’existe pas. Il me regarde avec colère. Il m’avait demandé de me taire et j’ai désobéi. Il me prend par le bras et me conduit jusqu’à la fenêtre, il l’ouvre et me pousse sur le balcon. Il se place derrière moi et m’attrape brutalement par la nuque pour me forcer à regarder devant. — Alors explique-moi ! Cracha-t-il, la voix remplie de colère. Que vois-tu si cela n’est pas l’enfer !? J’ai le souffle coupé. Devant moi, un gigantesque précipice entour l’énorme château de pierres, au loin un désert de sable noir parsemé de lave en fusion et de ravins escarpés. Le ciel est sombre et envahi de fumés et je peux entendre les cris des âmes torturés raisonner dans ma tête. Je suis sous le choc. Il me ramène brutalement dans sa chambre et me plaque au mur en me tenant fermement par la mâchoire pour me contraindre à le regarder en face. Ses yeux deviennent noirs, tel un démon. Oh mon Dieu ! Alors, ils existent vraiment. — Je suis Iblis ! Premier fils du diable ! Prince des enfers ! Seigneur des limbes ! Quand je dis quelque chose, tu m’obéis ! Il me hurle dessus, me crachant toute sa rage au visage. Je verse une larme, mon corps tremble devant ses yeux noirs et son visage déformé de haine. Mais au bout de quelques secondes, ses traits s’adoucissent, ses yeux reprennent leurs couleurs marron clair et il desserre doucement sa main de ma mâchoire. Il baisse la tête et recule d’un pas. Il reprend sa respiration, puis se calme doucement. Je reste tétanisé contre le mur. N’osant même plus le regarder dans les yeux, tellement la peur me paralyse. — Va t’asseoir ! Et ne dit plus un mot ! M’ordonne t’il fermement. Je me précipite sur le canapé pour mis asseoir, puis prends mes jambes et les ramènent vers moi pour les entourer de mes bras en plongeant ma tête dans mes genoux. Je me mets à pleurer sans trop faire de bruit. J’ai tellement peur. — Raaahhh ! Et Arrête de pleurer, dit-il avec agacement. Je ne te ferai rien, tu peux en être certaine. Obéi, et je ferai en sort de te garder en vie le plus longtemps possible. Je frissonne sur le canapé. Je sens une couverture se poser sur mes épaules. Je la ramène autour de moi, puis je redresse la tête pour regarder dans sa direction avec prudence. Il pose un genou sur le lit, puis se laisse retomber face la première dessus. Désormais allonger sur le ventre, il expire bruyamment. J’essaie moi aussi de me détendre, mais je sursaute de surprise quand on frappe à la porte. Toc toc toc !
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