CHAPITRE 1 : Chloé
Pour vous situer, je m’appelle Chloé et j’ai 28 ans. Je vis dans un appartement incroyable, niché au dernier étage d'un immeuble, offrant une vue panoramique sur tout Paris. Autant la journée, je déteste cette ville. Mais la nuit... La nuit, c’est absolument magnifique. La vue sur Paris est un spectacle éblouissant avec les lumières scintillantes et les échos lointains de la ville qui montent jusqu'à notre fenêtre ouverte, créant une atmosphère apaisante et presque magique.
J’habite avec Michelle. Nous vivons ensemble depuis quelques années maintenant. J’avais trouvé cet appartement quand je suis arrivée dans la grande ville. J’avais passé une annonce dans un journal et elle a été la première à répondre. Nous avons tout de suite accroché. Ce qui nous a plu à toutes les deux dans cet appartement, c'est son charme authentique et ses caractéristiques uniques. Le parquet en bois massif craque sous nos pas, ajoutant une touche de nostalgie et de chaleur. La grande terrasse, agrémentée de plantes vertes et de quelques chaises longues, est notre petit paradis. C'est l'endroit idéal pour savourer un café le matin en écoutant le réveil de la ville, ou pour déguster un verre de vin le soir en admirant les lumières scintillantes de la ville.
Avec le temps, on s’est rapprochée. Elle est devenue un peu ma famille.
Justement, pour qu’on puisse garder cet appartement "qui nous coûte un bras" comme aurait dit mes parents, aujourd’hui, j’ai un entretien d’embauche. Je suis tellement stressée. Je me suis faite licencier de mon dernier poste. Licenciement économique. Ils le disent à la télé, dans les journaux, c’est la crise partout en ce moment. Je passe environ deux heures à essayer de trouver la bonne tenue. Quand je sors de ma chambre, je croise Michelle.
Chloé : Michelle jette un coup d'œil à ma tenue.
Michelle : Chloé, sérieusement, ce tailleur est bien trop strict. Essaie cette robe jaune, elle te mettra en valeur.
Chloé (fronce les sourcils) : Tu crois vraiment que c’est ce qui va faire la différence ?
Michelle : Fais-moi confiance, tu es déjà brillante, il ne te manque qu’un peu de couleur pour le montrer.
Je soupire, consciente que céder à ses conseils me donnera quelques précieuses minutes de tranquillité avant l'entretien crucial. J’ai vraiment besoin de ce poste pour pouvoir continuer de payer ma part du loyer.
Finalement, j’arrive à l’accueil. Je donne mon nom. On me dit que les entretiens se déroulent au 10è étage et que je dois remplir une fiche de renseignement dans la salle d’attente. En arrivant, je constate qu’il y a quelques candidats qui attendent leur tour. Je jette un rapide coup d’œil sur eux. Ils ont l’air tous plus présentable que moi. Je n’aurais jamais dû écouter Michelle et enfiler cette tenue. Un homme arrive et me sort de mes pensées.
Homme : Mme Dubois. Veuillez me suivre.
Alors que je m'avance vers le bureau de Pierre Sanchez, mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il va exploser. Mes paumes sont moites et une légère tremblote agite mes doigts. Je prends une profonde inspiration, essayant de calmer le tourbillon d'émotions qui me submerge. Chaque pas résonne comme un coup de marteau dans ma tête. Est-ce que j'ai fait le bon choix de robe ? Mes mains sont moites. Je croise le regard de l'homme et tente de sourire. Nous traversons un long couloir quand il me dit que je peux entrer dans le bureau.
Le bureau de Pierre Sanchez est une pièce spacieuse et lumineuse, baignée de lumière naturelle grâce à d'immenses baies vitrées. Je ne voudrais pas être la personne chargée de leur nettoyage. Un grand bureau en métal, au design épuré et moderne, trône au centre de la pièce, couvert de dossiers parfaitement ordonnés et d’un ordinateur portable de dernière génération. Derrière lui, des étagères en verre et en acier inoxydable abritent des livres de gestion, des prix et distinctions, ainsi que quelques objets d’art contemporain, témoignant du goût raffiné de son propriétaire. Dans un coin, un petit salon avec des fauteuils en cuir noir et une table basse en verre invite à des discussions plus informelles. La décoration, minimaliste et chic, est complétée par des plantes soigneusement sélectionnées qui apportent une touche de verdure. Le tout est éclairé par une lumière douce et diffuse, créant une atmosphère à la fois professionnelle et accueillante. Les matériaux de haute qualité et les finitions impeccables témoignent de la puissance et de l’influence de la famille Sanchez dans le monde des affaires.
En face de moi, se trouve Pierre Sanchez. La famille Sanchez est très influente et possède beaucoup d’entreprises. Elle est reconnue dans le monde entier. Je crois savoir, que Monsieur Sanchez, n’aime pas être pris en photo. Bien que ce soit le dirigeant de Sanchez Industries, c’est un homme qui aime être discret. C’est pour ça qu’on trouve peu de renseignement sur lui sur internet. Étrangement, avec son statut, je l’imaginais plutôt grand et imposant. En fait, c’est tout le contraire. C’est un homme assez petit, d’une cinquantaine années environ, avec des lunettes rondes et aux cheveux grisonnants. Je ne pensais pas d’ailleurs que c’était lui qui faisait directement passer les entretiens. Il m’explique que c’est pour s’assurer d’avoir les meilleurs éléments au sein de son entreprise. Je ne me rappelle même pas ce qu’on se dit durant l’entretien tellement je suis stressée d’être en face du grand patron. Je vois juste que mes réponses ont l’air de le satisfaire, parfois même il esquisse des sourires. Au bout de vingt minutes, il me remercie et me dit que j’aurai des nouvelles de lui très vite.
Pendant que j’entre dans l’ascenseur, j’appelle Michelle pour lui dire qu’on se retrouve au McFly après son boulot. Après avoir raccroché, je m’excuse auprès de l’homme déjà présent dans l’intérieur. Je quitte l'immeuble avec un sentiment mitigé. Les rues de Paris sont un flou de lumières alors que je me dirige vers le McFly, espérant noyer mon stress dans un verre. C’est un club assez branché. Il n’y a pas un soir où il est vide. Par chance, ce soir, je trouve une place au comptoir. Le club est vibrant, les lumières clignotantes créent des motifs hypnotiques sur la piste de danse. Je commande une vodka, essayant de me détendre. La musique est si forte que je sens les basses résonner dans ma poitrine. En finissant mon verre, un homme s’assoit à côté de moi, ses yeux perçants m'examinant attentivement. Je le reconnais, c’est l’homme de l’ascenseur. Un frisson me parcourt l’échine.
Homme (un sourire énigmatique aux lèvres) : Permettez-moi de vous offrir un verre.
Je le remercie poliment, mais une partie de moi reste sur ses gardes. Michelle arrive, et l'homme s'éloigne brusquement, le visage fermé, comme contrarié par son interruption.
Michelle : Allez ce soir on boit et on fait la fête ! Aujourd’hui, j’ai eu une augmentation.
Après quelques verres, on décide de danser jusqu’au bout de la nuit. Ça fait tellement du bien de se détendre. Au cours de la soirée, je vois l’homme de l’ascenseur nous fixer parfois. J’explique à Michelle qu’il m’a offert un verre plus tôt dans la soirée, mais que c’est assez flippant de le voir traîner comme ça près de nous. Nous finissons par se décider à rentrer. Autant j’aime bien les lumières de la ville autant, je n’aime pas trop marcher dans les rues la nuit. Chaque bruit, chaque mouvement dans l'obscurité me met sur les nerfs.
Michelle (en riant) : Chloé, détends-toi.
Mes yeux scrutent l'obscurité, cherchant des signes de danger. Alors que nous sortons du club, l’homme de l’ascenseur se trouve un peu plus loin, adossé contre le mur. Il fume une cigarette. Quand il nous aperçoit, il se redresse, jette sa clope et se met en travers de notre route.
Homme : Je vous attendais justement.
Chloé : Désolée, mais on n’est pas intéressée.
Homme : Ce soir, vous n’irez nulle part.
Michelle : Si justement, on rentre chez nous, pousse-toi de notre chemin.
Homme (rit) : En fait je ne suis même pas intéressé par toi. Par contre, ton amie, c’est autre chose.
Chloé : Sauf que je te le redis, je ne suis pas intéressée. Maintenant hors de ma vue.
Michelle (se tient devant moi, déterminée) : On ne va nulle part avec toi, elle t'a dit.
L’homme éclate d'un rire glacial, plongeant sa main dans sa veste. En une fraction de seconde, il sort une arme à feu. Mon cœur manque un battement, le temps semble ralentir alors que je fixe le canon pointé sur nous. Le monde autour de moi se fige. Il pointe son pistolet sur Michelle en lui disant de me laisser partir avec lui. Michelle refuse. L’homme donne un coup dans le visage de Michelle avec le revers de sa main. Elle tombe à terre. Michelle est allongée sur le sol. Alors que j’essaye de l’aider à se relever, l’homme appuie sur la détente. Le bruit du coup de feu résonne dans mes oreilles, et je vois Michelle s’effondrer, son visage tordu de douleur. Avant que je puisse réagir, il tire à nouveau. Le sang coule, mes hurlements se mêlent au vacarme de la rue. Je sens une main brutale m'agripper, me tirant en arrière. Mon sac à main glisse de mon épaule, tombant lourdement au sol avec un bruit sourd. Sa main se referme sur mon bras comme une pince de fer, brûlant ma peau. La peur envahit chaque fibre de mon être, ma respiration se fait saccadée et des larmes de panique coulent sur mes joues brouillant ma vision. Une fourgonnette s’arrête brusquement, des hommes en sortent et m’empoignent. Mes cris se perdent dans le bruit des rues de Paris. La porte de la fourgonnette se referme avec fracas, plongeant tout dans l’obscurité.
Je suis prisonnière.