CHAPITRE 4 : Jackson

1668 Words
Ce matin, on commence la journée en allant visiter l’appartement des victimes afin d’en apprendre davantage sur elles. On arrive à un immeuble sécurisé avec un gardien en bas qui nous indique qu'elles vivaient au 6è étage. L'appartement est baigné de lumière naturelle, avec des fenêtres du sol au plafond et des plafonds voûtés qui lui donnent une impression de grandeur et d'élégance. Chaque pièce semble raconter une histoire, une mosaïque de vies entremêlées. L'intérieur, avec sa cheminée et sa cuisine haut de gamme, est impressionnant. Il y a également une grande terrasse avec vue sur Paris. Jackson (Regardant autour de lui) : Cet appartement est incroyable. Il doit coûter une petite fortune. Fisher (Hochant la tête) : Oui, je me demande comment elles pouvaient se le permettre. En parcourant les pièces, je ne peux m'empêcher de me demander comment deux femmes aussi différentes avaient fini par partager cet espace. Michelle avait l’air très extravertie, aimant sortir et faire la fête. Son dressing est immense et vraiment très coloré, avec un coin plein de produits de beauté de marques haut de gamme. C’est le genre de femme qui aurait plus à Fisher s’il n’était pas déjà marié et sur le point d’avoir un bébé. De l’autre côté, Chloé avait un goût plus sobre et classique, des photographies de ses voyages autour du monde affichées au mur et une grande bibliothèque remplie de livres rares et anciens. Jackson (Murmurant pour lui-même) : Avec tout ce luxe, je me demande vraiment comment elles finançaient tout ça... Fisher : On devrait peut-être jeter un œil à leurs finances. Juste pour être sûrs qu’il n’y a rien de louche. Jackson : Bonne idée. On vérifiera leurs comptes bancaires en rentrant au bureau. On continue de regarder dans le salon. Un ordinateur est ouvert au niveau du comptoir de la cuisine. Je fais juste bouger la souris pour voir s’il est allumé, et il sort de sa veille. La page de l’entreprise « Sanchez Industries » s’affiche. Je note dans mon calepin. On ira voir là-bas après la visite de l’appartement. Il me semble que l’entreprise n’est pas très loin d’ici. On finit par se rendre chez « Sanchez Industries ». À l’accueil, nous expliquons que nous sommes de la police et que nous souhaiterions parler à un responsable. L’assistante de Mr Sanchez nous informe qu’il est parti en voyage d’affaire pour deux semaines, mais qu’elle a reçu l’autorisation de son patron pour répondre à nos questions. Elle nous confirme que Chloé Dubois était bien là la veille pour un entretien d’embauche. Malheureusement bien qu’elle ait fait très bonne impression, elle n’avait pas été retenue pour le poste. Mr Sanchez avait préféré un homme pour le poste en question. Quand nous revenons au poste, nous découvrons le rapport du légiste sur le bureau. Les relevés d'ADN n'ont pas permis de détecter l’implication d’autre individu. La victime Michelle Martin était sous l’affluence de l’alcool. On peut donc supposer que la seconde victime Chloé Dubois l’était aussi. Les traces de pneus appartiennent à un véhicule de type Citroën Jumpy. Les balles correspondent à un calibre 9mm souvent utilisé avec les pistolets type Beretta. Fisher regarde dans le registre des armes à feu pour connaître le nombre exact de personnes possédant ce revolver, et si quelqu’un aurait déclaré une perte ou un vol. De mon côté, je regarde pour le véhicule. J’en profite pour regarder si des agressions et enlèvement auraient eu lieu avec le même mode opératoire. Je constate qu’à plusieurs reprises des hommes conduisant une camionnette auraient enlevé plusieurs femmes et enfants. Sur les précédents enlèvements, des empreintes avaient été retrouvées. Elles appartenaient à des hommes roumains et espagnols, recherchées par la police. En analysant leurs relevés bancaires, nous découvrons que Michelle gagnait bien sa vie en tant que commerciale dans une chaîne de parfumerie de luxe. Ses dépenses correspondent à son mode de vie. Chloé, en revanche, semblait vivre de manière plus modeste, ses finances étant principalement consacrées à ses voyages et à ses livres. Rien ne paraît suspect, mais une chose attire notre attention : des transferts réguliers d’argent vers un compte inconnu. Fisher : On doit identifier le destinataire de ces transferts. Peut-être que ça nous mènera à quelque chose. Nous lançons une enquête sur ce compte mystérieux. En vérifiant, nous découvrons que le compte appartient à une organisation caritative que Chloé soutenait en secret. Une fausse piste, mais au moins, nous savons maintenant que Chloé avait un grand cœur. Nous devons continuer à chercher ailleurs. En revisitant les vidéos de surveillance du club, nous remarquons un détail que nous avions manqué : l’homme qui a braqué l’arme sur Michelle et Chloé portait un tatouage distinctif en forme de serpent sur son bras. Jackson : Ce tatouage. On doit le retrouver dans notre base de données. Ça pourrait nous donner une piste. Fisher : Oui, et je connais quelqu’un au service des identifications qui peut nous aider. De retour au poste, nous transférons une capture d'écran claire du tatouage à l'expert en tatouages au service des identifications. Celui-ci utilise un logiciel spécialisé pour comparer le tatouage à des milliers d'autres enregistrés dans notre base de données. Expert (analysant les images) : Les tatouages distinctifs comme celui-ci sont souvent liés à des groupes criminels spécifiques. On peut rechercher par motifs, localisation sur le corps et associations connues. Pendant que l'expert travaille, je me plonge dans les dossiers des disparitions précédentes. Chaque cas est un rappel cruel de la brutalité de ce réseau. Les photos des victimes, leurs histoires, tout me pousse à agir plus vite. Quelques heures plus tard, l'expert nous appelle dans son bureau. Expert : J’ai trouvé une correspondance. Le tatouage appartient à un certain Ivan Dragovic, un criminel notoire lié à des réseaux de trafic d’êtres humains. Il est roumain et a été aperçu pour la dernière fois en France il y a quelques mois. Fisher : C’est notre homme. On doit le localiser et trouver où ils retiennent Chloé et les autres captifs. Notre équipe se met en alerte. Nous organisons une opération pour localiser Ivan Dragovic. Chaque seconde compte. Nous mobilisons toutes nos ressources, interrogeant des informateurs et suivant chaque piste possible. En début d'après-midi, la famille de Michelle arrive au commissariat. On les installe dans une pièce. Ils n’ont pu venir que deux jours après les évènements, car ils étaient en voyage. Fisher : Depuis combien de temps Michelle et Chloé vivaient ensemble ? Mme Martin : Oh, ça doit faire une dizaine d'années. Chloé avait mis une annonce à l'époque. La voix de Mme Martin tremble, ses yeux brillants de larmes. M. Martin serre sa main, essayant de lui donner du réconfort. Fisher : Elles étaient proches ? Mme Martin (essuyant une larme) : Très. Après la mort des parents de Chloé, elles sont devenues inséparables. Jackson : Chloé a-t-elle quelqu'un à prévenir en cas de problème ? Mme Martin : Non, personne. Depuis la mort de ses parents, c'est Michelle qui veillait sur elle. Elles passaient beaucoup de temps ensemble. Michelle l'aidait à surmonter le deuil. Elles sont devenues comme des sœurs. Fisher : Vous les aidiez financièrement pour l'appartement ? M. Martin (avec une voix rauque) : Non, elles refusaient toujours notre aide. Elles tenaient à se débrouiller seules. Elles travaillaient dur pour tout payer. Fisher : Parlez-nous un peu de Michelle. Elle faisait quoi dans la vie ? Mme Martin (sanglotant) : Elle était commerciale, dans une chaîne de parfumerie de luxe. Elle adorait son boulot. Jackson : Et Chloé ? Mme Martin (voix brisée) : Elle cherchait un poste d’assistante de direction. Elle avait un entretien chez « Sanchez Industries ». Fisher : Effectivement. Nous les avons rencontrés. Les relevés du laboratoire montraient que votre fille avait consommé de l’alcool ce soir-là. Nous supposons que c’est le cas également de Chloé. Savez-vous si ça leur arrivait souvent ? Monsieur Martin (serrant les poings) : Michelle a toujours aimé faire la fête. Elle poussait Chloé à sortir avec elle pour ne pas être seule et pour qu’elle ne se renferme sur elle. Jackson : Leur connaissez-vous des gens qui leur veulent du mal ? Monsieur Martin (avec des larmes aux yeux) : J’ai du mal à croire que quelqu’un voudrait leur faire du mal. Toutes les deux avaient un cœur en or, toujours à venir en aide à ceux qui en avaient besoin. Fisher : Merci d'être venus. On vous contactera si on a besoin de plus d'informations. Mme Martin (pleurant) : S'il vous plaît, quand vous retrouverez Chloé, dites-le-nous. Elle n'a plus personne... Jackson : Bien sûr, madame. On vous tiendra informés. L'entretien terminé, je sens le poids de la journée s'accumuler. Avec le dossier des victimes sous le bras, je me prépare à affronter une autre nuit solitaire, mon esprit hanté par les questions sans réponse et les visages des disparues. Il y a un monde fou tout le long de la route du retour. J’arrive au bout d’une heure alors que normalement il me faut que vingt minutes. Je pose ma veste sur le porte-manteau et j’ôte mes chaussures. Je pose ma sacoche près du canapé. J’ouvre les fenêtres en grand. Je vais dans la cuisine me servir un verre de vin et je me prépare à manger. Après avoir fini de cuisiner, je vais m’installer dans le canapé pour manger et j’allume la télé. Je sors les documents de ma sacoche et les feuillette en mangeant. Plus je lis le dossier, plus je suis intrigué par Chloé. Pourquoi l’ont-ils choisi elle ? Pourquoi ne les ont-ils pas emmenées toutes les deux ? Qu’est-ce qu’elle a de spécial ? Je frotte sa photo du bout du pouce. Elle a l’air si douce et innocente. Qui lui voudrait du mal ? Avec la mort de son amie, elle n’a plus personne. Sans trop savoir pourquoi, je sens au fond de moi que je dois être là pour elle, pour qu’elle ne soit pas seule. Je dois me battre pour elle.
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