Dès sa nomination, la nouvelle supérieure avait mis en pratique des innovations thérapeutiques jusque-là jugées trop sophistiquées ou coûteuses par les anciennes responsables de la maternité. Depuis des années, affolée par le nombre de bébés qui ne survivaient pas à la naissance, celle-ci s’était penchée sur d’anciens manuels poussiéreux de médecine dénichés dans la bibliothèque, cherchant les raisons de cette hécatombe. Une fois les rênes en main, elle avait rapidement formé ses jeunes consœurs, exigeant d’elles une propreté absolue. Entre autres, elle avait martelé la nécessité de se laver constamment les mains et ordonné la stérilisation de tout objet entrant en contact avec le corps des futures mères. Elle avait décidé qu’il fallait plus de poêles à bois et à charbon dans les salles en

