Le lendemain, je me réveillai. J’étais bien plus calme que la veille. Le fait était fait, c’était mon lourd destin. La femme de chambre vint faire son ménage. La pièce était remplit d’une odeur pas très plaisante. Là, je compris que le sang était un liquide sacré, un liquide qui s’imposait et ne pouvait par conséquent rester incognito.
Rosine passa me donner mon bain, essaya de me réconforter et me fit même des blagues. A la fin, je me vêtis, refusant de me faire maquiller. Ce n’était pas un jour si heureux. Par suite je descendis car Mickael l’avait exigé, il essaya de me taquiner un moment, bon il finit tout de même par m’arracher un sourire avant de m’annoncer que le médecin devait me faire quelques examens. Cette fois, ce n’était pas le médecin de la maison. Une heure plus tard après son départ, celui-ci nous annonça que la fausse couche avait été causée par un produit que j’ai dû consommer. C’était tellement claire, mais je me demande juste pourquoi avait-il tué mon enfant et pourquoi avoir attendu aussi longtemps. Il m’a laissé espérer, rêver, planifier toutes mes journées avec ce deuxième moi avant de me le retirer des entrailles.
- Bon, c’est clair maintenant. Quel sort voudrais-tu lui affliger ?
- Aucun, du moins pas pour le moment. On nourrit bien sa poule avant de l’égorger.
- Je ne te comprends pas trop, mais bon j’ai la grosse envie de manger avec lui, ça te tente ?
Là, il avait son sourire maléfique, ça ne sentait rien de bon. Comme souhaité, il invita, ce médecin a la maison. Il savait qu’il n’avait pas le droit au refus, donc une vingtaine de minutes plus tard il était là. On était tous autour de la table, l’atmosphère était assez tendue.
- Vous savez docteur, je vous aime bien. Les médecins sont extra je pense. Ils peuvent concocter de très bons nectars et aussi de très bons poisons. En fait, ce sont des magiciens, vous ne pensez pas ?
Le médecin n’arrivait pas vraiment à parler. Pendant ce temps, Mickael continuait avec les phrases en parabole. Il savait titiller, pas petit, je n’aurai pas aimé être à la place de ce médecin. Ne pouvant plus supporter, essayant de boire de l’eau, le médecin s’étouffa. Mickael bien évidemment fit mine de s’inquiéter et décida de le laisser comme ça. Surtout que j’avais dit que j’en ferai mon affaire après. Finalement, il rentra chez lui blanc comme la craie. C’est sûr que pour lui il avait frôlé la mort sans le savoir.