J.-H ROSNY AÎNÉ
J.-H ROSNY AÎNÉ
Joseph Henri Honoré Boex (1856-1940), plus connu sous le nom de J.-H Rosny Aîné, est unanimement considéré comme l’un des précurseurs de la science fiction moderne. Son oeuvre influença d’ailleurs nombre d’auteurs tels que Arthur Conan Doyle et HG Wells chez qui on retrouve notamment le thème de la lutte de l’humanité contre de nouvelles races, thème fréquemment exploité dans les oeuvres de Rosny.
Avec La Guerre du Feu, J.-H Rosny Aîné va surtout entre 1909 et 1911 populariser sous la forme initiale d’un feuilleton un genre alors peu connu : la Fiction Préhistorique. Cet ouvrage, maintes fois ré-édité et ré-adapté – au cinéma notamment en 1981 avec le célèbre film de Jean-Jacques Annaud – , apparaît même dans le domaine francophone comme une référence centrale en la matière. Il est d’ailleurs intéressant de noter que son retentissement fut tel qu’il contribua très largement à façonner la représentation collective que nous avons encore aujourd’hui de l’homme préhistorique. Cette représentation, qui mériterait d’être rectifiée sur le plan scientifique, fut inspirée à l’auteur par sa fréquentation des travaux de Charles Darwin. La vision de l’homme préhistorique développée par Rosny peut ainsi être qualifiée de darwiniste. On y retrouve en effet l’idée, très peu nuancée dans l’ouvrage, selon laquelle la survie de l’espèce est avant tout une question de lutte et que seuls les plus forts méritent la vie. On y retrouve également l’image d’un homme-singe dont une partie des moeurs et des instincts sont communs à l’homme et à l’animal.
Mais au-delà de ces quelques imperfections sur le plan scientifique, nous retiendrons surtout de cet ouvrage des qualités littéraires indéniables, avec un récit extrêmement bien ficelé qui plonge le lecteur au coeur de l’action et dans une atmosphère singulière qui a fait le succès de l’oeuvre. Reste également une idée centrale qui mérite à notre sens d’être retenue : l’idée selon laquelle la survie de l’espèce – qui passe ici par le fait de retrouver le feu, de conquérir la flamme – implique la nécessité de se tourner vers l’extérieur, de sortir de son territoire, de son clan, pour aller à la rencontre de l’Autre, au risque il est vrai de devoir parfois se battre avec lui.
FVE