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Contes et légendes de Madagascar

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Un florilège de mythes, de contes et de légendes permet de pénétrer dans l'imaginaire de Madagascar

L'imagination de ces peuples insulaires ne cesse de surprendre : tout l'univers, racontent-ils, tire son origine d'un immense monstre aquatique nommé Itrimobé dont le corps se transforma progressivement en terre, montagne, rivières, animaux et hommes. C'est pour cette raison que tout l'univers est un immense laboratoire des métamorphoses. La foudre, amoureuse d'un beau garçon, descend sur terre et fait semblant de se comporter en jeune fille prude, hélas, sa gourmandise la trahit, et elle se voit répudiée. Et en voici une autre, celle d'une jeune fille d'une beauté époustouflante que tout le monde voulait épouser. Celle-là se révèle trop exigeante : elle met à l'épreuve les prétendants pour mieux les accuser de vouloir épouser une bonne cuisinière et ne pas l'apprécier pour ce qu'elle est. En punition elle se voit transformée en punaise, dont l'odeur n'est pas considérée abjecte par les Malgaches, mais au contraire, fort agréable, car elle évoque ce personnage resté célèbre pour sa magnificence. D'autres animaux, comme le caïman, sont également entourés d'un vrai culte au Madagascar, car longtemps il était vénéré comme un ancêtre totémique de quelques tribus et aujourd'hui encore, on continue à croire que les humains peuvent se transformer en caïmans après leur mort s'ils le souhaitent, ainsi que se marier avec les représentants de cette charmante espèce.

À PROPOS DE LA COLLECTION

« Aux origines du monde » (à partir de 12 ans) permet de découvrir des contes et légendes variés qui permettent de comprendre comment chaque culture explique la création du monde et les phénomènes les plus quotidiens. L’objectif de cette collection est de faire découvrir au plus grand nombre des contes traditionnels du monde entier, inédits ou peu connus en France. Et par le biais du conte, s’amuser, frissonner, s’évader… mais aussi apprendre, approcher de nouvelles cultures, s’émerveiller de la sagesse (ou de la malice !) populaire.

DANS LA MÊME COLLECTION

• Contes et légendes de France

• Contes et légendes de la Chine

• Contes et légendes du Burkina-Faso

• Contes et légendes d'Allemagne, de Suisse et d'Autriche

• Contes et récits des Mayas

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Avant-propos
Avant-proposLe folklore traditionnel de Madagascar, extrêmement riche, a été découvert à la fin du XIXe siècle. Nous avons choisi de publier les récits étiologiques recueillis et édités par les administrateurs français (Charles Renel, Gabriel Ferrand, Camille Le Barbier, André Dandouau, Raymond Decary) et les missionnaires norvégiens Emil Birkeli ou Otto Christian Dahl. Dix-huit peuples constituent la population de Madagascar. Les contes que nous avons sélectionnés ont été recueillis essentiellement auprès des Sakalava (« ceux de longues vallées »), qui occupent toute la côte ouest de l’île, Tsimihety (« ceux qui ne se coupent pas les cheveux »), leurs voisins du nord, Betsimisaraka (« ceux qui sont solidaires »), qui vivent sur la côte nord-est, Betsileo (« les nombreux invincibles »), les habitants du centre, et les Bara, qui peuplent le sud de l’île. Les peuples de la Grande île ont une vision spécifique de l’univers : ils distinguent le monde supérieur où siège le Dieu-Zanahary et le monde d’ici-bas, habité à la fois par les humains et les génies de la nature, ancêtres des premiers hommes. Ces esprits sont à même de donner des enseignements aux devins (ombiasy) qui savent les ménager. Ils sont liés par de relations très particulières à certains animaux, comme les lémuriens, les dauphins et même les requins, qui, nous racontent les contes, ont autrefois rendu des services précieux aux ancêtres. Le souvenir de ces événements originels transmis de génération en génération frappe d’interdit la consommation de leur chair. Mais la réciproque est tout aussi vraie : les Malgaches sont convaincus que les actes d’amitié commis à l’encontre des animaux dans un passé mythique les rendent inoffensifs dans le présent. Mais les frontières entre les animaux et les humains peuvent être encore plus perméables : ainsi, pour les Bara les caïmans ne sont que les personnes métamorphosées juste après leur décès. Il est évident qu’on leur doit les honneurs comme à n’importe quels autres ancêtres. Les Malgaches tenaient traditionnellement en estime les contes. Il arrivait que les rois sakalava appellent leurs sujets à écouter les conteurs renommé pendant des journées entières. Ces séances se transformaient en spectacles, car les narrateurs changeait leurs voix pour indiquer les différents personnages, et parfois accompagnaient leurs récits de chants. Comme ces contes se rapprochent beaucoup de mythes, les conteurs utilisaient parfois des mots spécifiques qui ne faisaient pas parti du langage courant. En sakalava le mot utilisé pour « conte » ou « légende » est tapasiry, composé de deux mots empruntés : tafsiri « explication, interprétation » et tapatoño « à demi-prononcé », une sorte de joute poétique. Et aujourd’hui encore, ces récits explicatifs, considérés comme le patrimoine le plus précieux, font partie de la transmission culturelle entre les générations. Univers

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