Je me pose dans le salon et reprends mes petites recherches sur les éventuels locaux disponibles. Cela fait trois jours que je cherche en continu, mais je ne trouve rien. Mais rien n'est perdus donc je persiste. Alessio rentre dans la pièce et ce poste devant moi, les mains dans les poches sans rien dire. Je lève les yeux de mon ordinateur et les braquent dans les siens.
Son visage ne laisse rien filtrer, aucune expression ce qui me déstabilise au plus au point. Je lève la tête encore plus haute.
-Oui?
-J'ai une surprise pour toi.
-Ah bon?
Il me sourit malicieusement. Qu'est-ce qu'il a qui pourrait me faire plaisir ?
-Et où est-elle ?
-Suis-moi, si tu veux la voir.
Alessio se tourne et sort de la pièce avec nonchalance. Je ne veux pas y aller, et lui montrer que je suis intrigué par cette surprise, mais en même temps, j'en ai tellement envie ! Après tout, je ne m'engage en rien, en allant voir ce qu'est ma surprise.
Je finis par prendre ma décision et de le suivre. Dès qu'il me voit arrive, il sourit.
-Habille toi, on y va.
-D'accord.
Je quitte mes pantoufles pour mettre mes talons et un petit gilet pour être sûr que je n’attrape pas froid, mais avec ce temps-là, ça m'étonnerait. Alessio ouvre la porte et m'enjoins à passer devant lui ce que je fais. Trois voitures sont déjà garé quand nous sortons de la villa. Alessio me dirige vers celle du milieu et m'y fais entrer. Livia passe la pas de la porte, mais ne sort pas complètement de la maison.
-Est-ce que vous serez là pour le dîner ? Demande-t-elle.
-Non, nous dînerons en ville.
-D'accord, faite attention a vous.
Alessio lui sourit puis il entre à son tour dans la voiture.
-C'est loin?
-Non, c'est en ville.
-D'accord et je peux avoir un indice ?
Il se tourne vers moi et me sourit.
-Tu verras sur les lieux.
-Est-ce que tu sais que je n'aime pas les surprises ?
-Non mais j'en prends note pour t'en refaire.
Je soupire, mais n'argumente pas, car j'ai bien l'impression que je n'aurais le dernier le mot avec lui. La route ne se fait pas longue à mon plus grand soulagement.
-Tu peux sortir.
Je fronce les sourcils et ouvre la porte de la voiture. Mes yeux naviguent de partout pour comprendre où nous sommes. Il y a des magasins de partout, des gens qui se promènent.
-Viens.
Alessio passe un bras autour de ma taille et me conduis vers un magasin entretenu. La façade est toute rose, il y a une entrée avec deux grandes portes. Je m'avance un peu plus et je vais pour ouvrir la porte, mais me retiens au dernier moment. Le souffle d'Alessio sur ma peau me fait frissonner.
-Ouvre et regarde si cette boutique te plaît.
Je hoche la tête, mais ne dit rien, moi qui en général a toujours u truc à dire, là je suis sans voix. Du moins avec lui, je suis souvent sans voix.
Comme je ne bouge toujours pas, Alessio me prend ma main droite et la dépose sur la pognée de la porte et la presse doucement ma main pour ouvrir la porte. Quand je pénètre la boutique, je sens directement l'odeur des produits ménagés. Des meubles sont disposés de part et d'autre de la première pièce, les murs sont peints en un blanc pur. Je poursuis ma petite découverte vers la deuxième salle, elle est vaste, mais classique. Après avoir fait le tour de toute la boutique, je me dirige vers Alessio. Il n'a pas dit un mot, juste suivie chaque foutu pas que je faisais.
-À qui appartient cet endroit ?
-À personne, du moins si tu le veux, il peut être à toi.
Je le regarde sans rien dire, en cherchant dans ses yeux la chose qui m'expliquera s'il me fait une blague, mais rien de cela ne vient.
-Vraiment? Mais je cherche un local depuis plusieurs jours et je ne l'ai pas vue en vente ?
-C'est normal. Il te plaît alors ?
-Comment l'as tu eus?
-Un ami me l'a cédé, pourquoi ?
-Tu ne l'as pas pris de force ou voler?
Il se met à rire de plein cœur, qu'est-ce que j'ai bien dit de drôle ?
-Quoi?
-Tu sais comment ça marche les affaires, non ?
-Oui.
-Bon alors tu vas vite comprendre. Tous ces commerçants payent pour que je les protège, mais quand il ne paye plus, advienne que pourra. Et malheureusement pour eux, ils ont fait faillite donc j'ai repris le commerce.
-De manière légale ?
-On peut dire ça. Tu le veux alors?
-Oui, mais il sera à mon nom ?
-Bien sur.
-Et je devrais te payer ?
Il me sourit d'un air effronté avant de me dire:
-J'accepte toute sorte de paiement, Bellissima. Si tu veux qu'il y ait plus entre nous, pas besoin de prendre une excuse.
J'ouvre grand la bouche.
-Mais non...
-T'inquiètes j'attendrais ton grand vouloir.
Mais en plus il est sérieux ! Hors de question que je couche avec lui-même si j'avoue qu'il est vachement attirant avec ses beaux yeux et son corps d'adonis... Giulia, reprend tes esprits!!!
-Je veux bien la boutique, mais j'insiste pour te la payer, avec de l'argent.
Sa mâchoire se contracte et il fronce les sourcils.
-Hors de question, que tu me donnes de l'argent pour ça !
-J'y tiens! Et j'ai de l'argent.
-Je l'ai payé pour une bouchée de pain et tu voudrais me payer ? Tu es ma femme et partir de là, tu n'as pas besoin de payer.
-Alors là, c'est hors de question que je ne paye rien. Ce sera ma boutique donc j'insiste pour payer mes charges et tout ce qui va avec.
Il serre de nouveau la mâchoire et regarde au loin comme s'il réfléchissait à une solution.
-J'ai une proposition à te faire.
-Je suis tout ouïe.
-Dans un premier temps tu vas acheter tout ce que tu as besoin pour ta boutique puis tu l'ouvreras et nous verrons de ce pas comment elle marche. Et de cela, nous trouverons un commun accord pour l'argent que tu voudras me verser. C'est bon pour toi ?
À part cette proposition, je ne vois pas comment nous pourrions procéder autrement.
-D'accord.
-Parfait, bon maintenant que tout est bon, allons manger. Demain, l'avocat apportera les papiers pour que tu puisses signer et commencer les travaux.
-D'accord, merci encore.
-Ce n'est rien puis ça a l'air de te tenir à cœur.
-Oui beaucoup.
Nous sortons de la boutique, je vais pour rejoindre la voiture, mais Alessio passe son bras autour de moi.
-Le restaurent n'est pas loin, nous y allons à pied.
-D'accord.
La marche se fait vite, il avait raison le restaurant se trouve vraiment à deux pas du magasin. Nous y entrons et nous sommes tout de suite accueillis par une femme. Elle sourit un peu trop à mon goût pour juste un bonjour, mais bon. Elle nous conduit à une table puis s'en va.
Le dîner risque d'être mouvementé si cette connasse continue son petit manège.