Les journées suivantes au bureau furent débordantes. Et j'avais compris que mon cher patron ne me faciliterait pas la tâche. Noah était exigeant, implacable même, et ne manquait jamais une occasion de pointer les moindres défauts dans mon travail. Pourtant, je ne me laissais pas abattre. J'avait décidé de transformer chaque critique en un apprentissage et de prendre ses remarques comme des défis à relever.
Ce matin-là, j'arriva au bureau encore plus tôt que d'habitude, bien décidée à prendre de l'avance sur mes tâches. La lumière tamisée de l'aube inondait les couloirs déserts de l'entreprise, donnant à l'endroit une atmosphère sereine. J'appréciais ces moments de calme avant la tempête quotidienne, où je pouvais organiser mes pensées et planifier ma journée.
Mais qu'est ce que je découvre en ouvrant la porte de mon bureau? Une magnifique pile de dossiers, accompagnée d'une note : *"À traiter en priorité. Réunion à 10h."*
Je soupira intérieurement.Moi qui croyait avoir de l'avance sur ce type aujourd'hui.
Noah ne semblait jamais prendre de pause. Il travaillait tard, envoyait des e-mails à des heures indues, et semblait toujours avoir quelque chose à demander.
Je m’installa à mon bureau, alluma mon ordinateur, et commença à me plonger dans les dossiers. Chacun d’eux contenait des informations complexes et demandait une analyse minutieuse. Je devais préparer des synthèses claires et concises pour la réunion de 10h. Et je savais que ce type attendait de moi, un travail impeccable.
Le temps s’égrenait à une vitesse alarmante. J'étais absorbée par sa tâche, mais un sentiment de stress grandissait en moi. Ce n'était pas le genre d’homme à accepter des excuses, même si je ne terminais pas à temps. À 9h45, j'avait presque fini, mais il me restait encore quelques détails à régler.
Je décida de prendre un moment pour souffler. Je ferma les yeux et prit une grande inspiration. En rouvrant les yeux, je me remit au travail avec une concentration renouvelée.
À 9h55, je termina enfin le rapport. Je relus rapidement mes notes pour m’assurer que tout était en ordre. Puis, je me dirigea vers la salle de réunion, le cœur battant un peu plus vite que d’habitude.
Noah était déjà là, installé à la tête de la table. Il leva à peine les yeux lorsque j'entra, mais je pouvais sentir son regard perçant m’évaluer. D’autres membres de l’équipe arrivaient à leur tour, chacun prenant place autour de la table. Une fois tout le monde installé, Noah se leva pour ouvrir la réunion.
- Bonjour à tous, commença-t-il d’un ton sec. Aujourd’hui, nous avons plusieurs points à aborder, et j’attends de chacun de vous des propositions concrètes et des analyses approfondies.
Il tourna ensuite son regard vers moi, m’invitant d’un geste à commencer la présentation. Je me leva, le dossier en main, et me dirigea vers le tableau blanc. Mon cœur battait à tout rompre, mais je m’efforça de garder une voix calme et posée.
- Bonjour à tous, j’ai préparé une synthèse des dossiers que nous allons aborder aujourd’hui.
J'ouvris le dossier et commença à exposer les points principaux, mes notes claires et concises guidant mon discours.
Les premières minutes se passèrent relativement bien. Je me sentait de plus en plus à l’aise, répondant aux questions avec assurance. Mais, à mi-parcours, je sentis le regard insistant de Noah peser sur moi. Il semblait scruter chacun de mes mots, chaque geste que je faisais. Cette pression ajoutée commença à me déstabiliser.
À un moment donné, alors que j'expliquait une donnée complexe, je trébucha sur un mot et perdis le fil de mes pensées. Je m’arrêta un instant, cherchant mes notes du regard pour me recentrer, mais le silence pesant qui suivit fut suffocant.
- Euh... comme je disais....
Je tentais de reprendre, mais ma voix manquait de l’assurance qu’elle avait quelques instants plus tôt.
Noah intervint alors, d’une voix calme mais ferme.
- Ce que Mlle Hernandez voulait dire, c’est que ces chiffres montrent une tendance à la hausse, ce qui pourrait influencer nos décisions futures. N’est-ce pas ?
J'acquiesça rapidement, reconnaissante pour l’intervention, mais aussi piquée par le fait qu’il ait dû me reprendre devant tout le monde. Je poursuivis ensuite la présentation, m’efforçant de retrouver ma contenance, bien que je sente toujours les yeux de Noah sur moi, tel un aigle guettant sa proie.
La réunion se termina sans autre incident majeur. Alors que les autres membres de l’équipe quittaient la salle, je restais en arrière pour ramasser les dossiers. Mon cher patron, qui ne semblait jamais pressé, se leva enfin et se dirigea vers la sortie. Mais avant qu'il ne quitte la salle, je l'interrompis.
- Attendez monsieur, vous m'avez sauvé lors de la réunion et je vous en suis très reconnaissante. Que puis-je faire pour vous prouver ma gratitude ?
Il semblait premièrement surpris puis amusé de mes propos.
- Eh bien Mlle Hernandez, je croyais que vous me détestiez.
- Pardon ? répondis-je confuse.
- Vous m'avait traité de vieux renard n'est ce pas ?
C'est là que ce mauvais souvenirs m'est revenu à l'esprit.
- Je...je suis terriblement désolée monsieur, ça ne se reproduira plus, dis-je toute nerveuse.
- Un conseil, Madison, dit-il d’un ton qui se voulait presque bienveillant, ne laissez jamais une erreur vous déstabiliser. Les erreurs arrivent, mais ce qui compte, c’est la manière dont vous vous reprenez.
- Entendu monsieur.
- Et si vous voulez me montrer votre gratitude, essayer de ne plus m'insulter dans d'autres langues, dit-il presqu'en rigolant.
J'ôcha frénétiquement la tête et il sortit de la salle. Après avoir ranger tous les dossiers, je fis de même.
Mais je me demandais pourquoi Noah était-il si exigeant parfois ? Était-ce simplement son caractère ou y avait-il quelque chose de plus profond derrière cette façade de dureté ?
De retour à mon bureau, Je me plongea dans mes tâches habituelles, mais mon esprit restait agité. Je ne pouvais m’empêcher de repenser à la conversation que j'ai eu avec le '' Noah plus amical''. Je me demandait ce qu'il pensait réellement, et pourquoi il était si dur.
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L’après-midi passa en un éclair, entre les appels, les e-mails, et les demandes de Noah. Chaque interaction avec lui était un rappel constant de la pression qu’il exerçait. Pourtant, malgré son attitude froide, je commençais à percevoir des nuances dans son comportement. Il n’était pas seulement le méchant patron exigeant ; il semblait aussi avoir des choses qu'il aimait. Je l'ai même surpris en train de rigoler devant des vidéos de chatons mignons. Mais bien évidemment, il nia tout en bloc et me sortit un '' Vous devez être à cours de travail puisque vous avez du temps à dire des futilités. Numérotez les pages de ces 5 documents pour demain matin.''
Quel patron bienveillant n'est ce pas ?
Alors que la journée touchait à sa fin, Je decida de prendre une petite pause.
Je me dirigea vers la salle de repos, espérant y trouver un peu de calme. À ma grande surprise, j'y trouva Noah, assis sur un canapé, un café à la main. Il semblait s'être assoupie, son visage habituellement fermé affichant une expression plus douce, presque mélancolique.
J'hésita un instant, ne sachant pas si je devais le déranger ou juste partir. Mais avant que je ne puisse faire demi-tour, il ouvrit les yeux et croisa mon regard.
- Mlle Hernandez,dit-il d’une voix moins formelle que d’habitude, vous êtes encore là ?
-Oui, monsieur, je voulais juste prendre une petite pause avant de finir mes Désolée de vous avoir dérangé, je ne pensais pas vous venez ici.
- Ce n'est rien. Asseyez-vous, me dit-il en m'indiquant le canapé en face de lui, prendre une pause ne fait de mal à personne.