Je m'assis prudemment, un peu surprise par son attitude plus détendue. Un silence s’installa entre nous, mais il n’était pas aussi inconfortable que je l’aurais pensé. Noah semblait pensif, et je me demandais ce qui pouvait bien le préoccuper. Mais je ne pensais pas que nous étions assez proche pour le lui demander.
- Je sais que ce n’est pas facile pour vous en ce moment, finit-il par dire. Ce changement brutal de direction, cette nouvelle dynamique… Je comprends que cela puisse être...déstabilisant.
Je le regarda, surprise par cette soudaine franchise. C’était la première fois qu’il reconnaissait ouvertement la difficulté de la situation.
- Oui, c’est… différent, répondis-je, ne sachant pas vraiment comment répondre, mais je m’efforce à m’adapter monsieur.
Noah acquiesça, comme s’il s’attendait à cette réponse.
- Je n’ai jamais été un patron facile. J’ai des attentes élevées, et je pousse les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes. Mais cela ne veut pas dire que je ne reconnais pas leurs efforts.
Était-ce une forme d’appréciation voilée ? Un compliment masqué ? Je ne savait pas trop quoi en penser, mais j'appréciais le geste, aussi petit soit-il.
- Merci, monsieur, dit-je finalement, un léger sourire aux lèvres. Je ferai de mon mieux pour répondre à vos attentes.
- Bien.
Il se leva, posant sa tasse vide sur la table.
- Reposez-vous bien Hernandez. Demain est un autre jour.
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Les jours suivants furent très mouvementés. Cependant, je commençais à m'habituer aux exigences rigoureuses de Noah et à naviguer dans cette mer agitée qu'était mon travail.
Ce matin-là, j'arriva au bureau plus que déterminée. Je savais que la journée s'annonçait difficile avec plusieurs réunions à préparer et une présentation importante à finaliser. Je me dirigea immédiatement vers mon bureau, me plongeant dans mes tâches sans perdre un instant.
Peu après mon arrivée, Noah entra dans mon bureau sans prévenir. Il avait ce regard perçant que je connaissais bien, celui qui signifiait qu'il avait quelque chose d'important à dire ou à demander.
- Je veux que vous travaillez sur ce projet pour la réunion de cet après-midi, dit-il en posant un dossier volumineux sur mon bureau.
- Bien sûr, monsieur. Je m'en occupe tout de suite, dis-je sans broncher.
Noah me regarda un instant, comme s'il évaluait ma capacité à gérer la tâche.
- Assurez-vous de ne pas vous laissez distraire. Je compte sur vous pour que ce soit impeccable.
- Bien sûr, monsieur, répondis-je avec assurance, même si une part de moi se sentait légèrement sous pression.
Il quitta la pièce aussi rapidement qu'il était entré, me laissant seule avec le dossier imposant. Je pris une profonde inspiration, me concentrant sur la tâche à accomplir parce que mon cher patron ne tolérait pas la moindre erreur.
Les heures passèrent à une vitesse fulgurante. J'étais absorbée par mon travail, passant en revue les chiffres, analysant les données, et structurant mon rapport avec une précision méticuleuse.
À plusieurs reprises, je me surpris à jeter un coup d'œil à la porte, m'attendant presque à ce que Noah fasse une apparition impromptue pour vérifier mon avancée.
Finalement, à quelques heures de la réunion, Je sentis que mon rapport prenait forme. Je relus plusieurs fois pour s'assurer que tout était en ordre, corrigeant les moindres détails qui pourraient poser problème.
Étant un peu fatiguée, je m’accorda une petite pause, me levant pour aller me servir un café dans la salle de repos.
En revenant à mon bureau, Je me remis immédiatement au travail, peaufina les derniers détails, et prépara les documents pour la réunion. Je n’avais plus beaucoup de temps avant que Noah ne vienne chercher son rapport. Je jeta un dernier regard critique à mon travail, satisfaite de ce que j'avais accompli.
À l’approche de l’heure de la réunion, Je sentis mon estomac se nouer. Je savais que cette présentation était cruciale, non seulement pour l’entreprise, mais aussi pour ma propre réputation.
Comme prévu, Noah arriva à mon bureau, toujours aussi impassible. Il tendit la main, attendant que je lui remette le rapport. Je le lui donna sans un mot, tentant de cacher la légère nervosité qui m’habitait.
Il feuilleta rapidement le document, ses yeux parcourant les pages avec une rapidité déconcertante. Je retint mon souffle, guettant la moindre réaction de sa part. Après quelques minutes, il leva les yeux vers moi.
- C’est bien, dit-il simplement. C’est exactement ce que je voulais.
Je sentis une vague de soulagement m’envahir, mais je me retint de montrer trop d’émotion.
- Merci, monsieur. Je suis contente que cela réponde à vos attentes.
Il acquiesça, toujours aussi sérieux.
- Continuez comme ça, Hernandez.
Puis, sans un mot de plus, il quitta mon bureau pour se rendre à la réunion.
Je me laissa tomber sur ma chaise, réalisant à quel point j'avais retenu ma respiration tout ce temps. J'avais réussi à impressionner Noah, et cela me remplissait de fierté. Mais je savais aussi que ce n’était qu’une petite victoire dans une guerre qui était loin d’être terminée.
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L’après-midi se déroula sans encombre. Je continua de travailler sur d’autres dossiers, me concentrant sur mes tâches quotidiennes.
Mais je ne pouvais m’empêcher de penser à Noah et à la manière dont il avait changé depuis son arrivée. Il n’était plus aussi glacial qu’au début, même si ses exigences restaient élevées.
Plus tard dans la journée, alors que je finalisais quelques documents, j'entendit frapper à la porte. C’était Noah, qui revenait de la réunion. Il entra sans attendre de réponse, comme à son habitude.
- La réunion s’est bien passée, annonça-t-il en s’asseyant en face de moi.Ton rapport a été apprécié par tout le monde.
Je sentis une bouffée de fierté m’envahir.
- Je suis contente de l’apprendre, monsieur.
Il me regarda avec une intensité que je ne comprenait pas.
- Tu fais du bon travail, Hernandez.
Cette reconnaissance inattendue me toucha plus que je ne voulais l’admettre.
- Merci, monsieur. Je m’efforce de faire de mon mieux.
Noah acquiesça, mais resta silencieux pendant un moment. Je sentais qu’il avait quelque chose d’autre à dire, mais il semblait hésiter. Finalement, il se leva et se dirigea vers la porte.
Je le regarda partir, me demandant si j'avais réellement percé une brèche dans la carapace de mon patron. Mais avant que je ne puisse analyser davantage mes pensées, je fus interrompue par un appel sur mon téléphone. C’était Léa qui avait besoin d’aide pour un dossier.
Léa était l’une de mes collègues et amie proche qui m'a beaucoup aidé dans mes débuts dans l'entreprise. Elle et moi avions l’habitude de se voir après le travail, mais avec tout ce qui se passait dernièrement, j'avais négligé ces moments.
Malgré mon emploi du temps chargé, je me rendis immédiatement à son bureau. Je pris le temps d'écouter attentivement les problèmes qu'elle avait rencontrés.
Ensemble, nous avons passer en revue le dossier pour trouver des solutions.
Après une vingtaine de minutes, nous y sommes enfin parvenu.
- Merci beaucoup Madison, tu viens de me sauver la vie là. J'étais complètement perdue, je ne savais plus par où commencer. Mais grâce à ton aide, on a pu tout remettre en ordre.
- Je suis contente d'avoir pu t'aider.
- Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi. Pour te remercier, ça te dirait d'aller prendre un verre un de ces jours ?
- Oh, merci Léa, c'est vrai que ça fait longtemps qu'on n'est plus sorties comme ça.
- C'est clair. Surtout depuis que tu travailles pour le nouveau patron. Il ne te mène pas trop la vie dure j'espère.
- Je m'en sortirai. Pour te dire la vérité, ce n'est pas aussi mal que je pensais.
- Si tu le dis. Bon je ne te retiens pas plus. Je suis sûre que tu as encore plein de travail, n'est ce pas ?
- Oui tu as raison, à plus tard.
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La soirée arriva rapidement, et je me retrouva à finir mes tâches bien après l’heure normale de fermeture. Noah avait déjà quitté le bureau, et la plupart de mes collègues aussi. Le silence du bureau vide m'apportait un sentiment de paix, un contraste saisissant avec la tension de la journée.
Alors que je m’apprêtais à partir, Je remarqua une enveloppe sur mon bureau. J'hésita un instant, puis décida de l’ouvrir pour voir de quoi il s’agissait.
À ma grande surprise, je découvris que c’était une lettre qui semblait être destinée à Noah de la part de son...père.