Le réveil fut brutal pour Alexandra. Son corps portait encore les marques invisibles de la "discipline" de Claudine, une sensation de brûlure et de plénitude qui la laissait frissonnante. Elle regarda Claudine, qui préparait un café avec une précision métronomique, déjà parfaitement coiffée, le visage impénétrable.
Alexandra ressentait une peur sourde.
Claudine n'était plus seulement sa meilleure amie ; elle était devenue une force de la nature qui pouvait briser sa volonté d'un simple regard. Pourtant, cette peur était précisément ce qui la rendait accro. Le danger qu'exhalait Claudine était un aphrodisiaque bien plus puissant que tout ce qu'elle avait connu auparavant.
Mais au fond de son cœur, le visage de Marie ne s'effaçait pas. Elle aimait la façon dont Marie la faisait rire, la façon dont elle l'admirait sans condition. Le fardeau était immense : elle désirait l'autorité de l'une et la tendresse de l'autre.
Claudine, bien qu'elle ne l'avouât jamais, brûlait d'un désir tout aussi féroce. Sa colère servait de carburant à sa passion. Pour elle, chaque acte charnel était une manière de marquer Alexandra, de graver sa présence si profondément que personne d'autre ne pourrait jamais l'effacer. C'était une guerre de territoire déguisée en érotisme torride.
— Tu as l'air pensive, Alexandra, dit Claudine sans se retourner, sa voix trahissant une pointe d'ironie glacée. Est-ce que tes "examens" te manquent déjà ?
Alexandra sursauta, son téléphone vibrant dans sa poche. Un message de Marie, sans doute. Elle l'ignora, sentant le regard de Claudine peser sur elle comme un scalpel.
— Non, pas du tout, mentit Alexandra, s'approchant de Claudine. Je... j'aime être ici. Avec toi.
Claudine se tourna enfin, posant sa tasse avec une lenteur calculée. Elle s'approcha d'Alexandra, l'acculant contre le plan de travail de la cuisine. Elle ne l'embrassa pas ; elle se contenta de respirer son odeur, ses lèvres effleurant presque son oreille.
— Tant mieux. Parce que je n'ai pas fini de m’occuper de ton éducation. Tu as encore beaucoup à apprendre sur la loyauté... et sur le plaisir que je peux t'infliger.
Pendant les jours qui suivirent, Alexandra vécut dans un état de transe. Le jour, elle jouait la fille modèle pour ses parents et envoyait des messages secrets et enflammés à Marie pour entretenir leur flamme. La nuit, elle s'échappait chez Claudine pour s'abandonner à des séances de plaisir exotique et intense, où Claudine la poussait dans ses derniers retranchements, explorant des fantasmes que même les rêves de Claudine n'avaient pas osé détailler.
C'était une vie sur le fil du rasoir. Alexandra savait que si Claudine découvrait l'étendue de sa relation avec Marie, la "punition" ne serait plus seulement charnelle, elle serait définitive. Et si Marie comprenait qu'elle n'était qu'une étape dans l'obsession d'Alexandra pour une autre, son cœur serait brisé.
Le double jeu était devenu une drogue. Alexandra aimait le danger. Elle aimait être la proie de Claudine tout en étant la reine de Marie. Mais dans l'ombre, Claudine commençait à préparer sa prochaine manœuvre. Elle n'était pas dupe. Elle attendait le moment où Alexandra ferait le faux pas de trop.