XÀ 13 heures 38, Morand arriva quai Charles de Gaulle et retint un juron. C’était marée basse. Posés sur la vase, les bateaux donnaient de la gîte dans le vieux port. L’embarquement pour l’île de Batz s’effectuait donc au bout de l’estacade. Dix minutes pour parcourir cette jetée piétonnière en béton longue de près d’un kilomètre. Il n’y serait jamais à temps. Morand se gara juste devant, là où il était strictement interdit de stationner, prit son téléphone portable sur le siège avant droit et son arme dans la boîte à gants, les fourra dans son blouson, bondit hors de sa voiture, se mit à courir aussi vite qu’il le put, criant et gesticulant de toutes ses forces. À l’autre bout de l’estacade, “L’îlienne”, une des vedettes “Armein”, s’éloignait lentement du béton. Morand redoubla de vitess

