VMorand roulait doucement, au hasard, sur les petites routes entre Kerabret, Santec et Kergadiou. Il était sept heures du matin. Le ciel restait brouillé d’eau et de nuages. Une lueur grise tenait lieu de jour : c’était l’amélioration annoncée par la météo. Une buée montait des prairies et des haies mouillées. Morand voulait se rendre compte par lui-même de l’ampleur du désastre agricole. Le Télégramme et Ouest-France titraient aujourd’hui tous deux sur l’impérieuse nécessité de déclarer l’état de catastrophe naturelle. Morand observait, humait. Lentement, il remonta vers Kerbrat, puis Poulmavic, vers Palud et passa devant la ferme des Guillevic. — Bonjour, Commissaire ! Morand eut du mal à reconnaître Ambreville dans l’homme qui le saluait, en bottes, pantalon et ciré jaunes de marin, b

