VIIIJamais Morand n’avait imaginé qu’il aurait eu un jour à déposer plainte. En près de quarante ans de carrière, les occasions ne lui avaient certes pas manqué. Mais il ne l’avait jamais fait jusqu’ici. Des insultes, il en avait été abreuvé plus qu’à son tour. S’il avait fallu qu’à chaque fois, il dépose plainte pour « outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », il y aurait passé tout son temps ! Et puis il considérait que n’insulte pas qui veut. Quant aux menaces, il savait que les plus sérieuses n’étaient pas celles que brandissaient de grandes gueules. Il y avait eu les coups reçus lors de bousculades, d’arrestation ou de face-à-face mouvementés. Mais quoi… c’étaient les risques du métier ! Cette fois, ces risques dépassaient les bornes. Catherine aurait pu être blessée

