UN - AN - AUPARAVANT
PATTAYA - THAÏLANDE
- VOIX: Vous avez un nouveau message reçu hier, à 23h56, du 07-81-21 -...
- AZZEDINE: soupire Wesh, papa, c'est moi. J'tombe toujours sur ta messagerie. J'te souhaite bonne chance pour ton combat. Tu m'manques, rappelle-moi.
- VOIX: Fin du message. Tapez ...
Je soupire et jette mon téléphone sur le lit et passe ma main sur mon visage.
AUJOURD 'HUI
PARIS, FRANCE
Je baisse les yeux sur mon téléphone, un appel de mon père. J'ai pas pu y répondre, je suis dans le jet depuis c'matin. J'ai grave hâte de le revoir.
Finalement, cet accident tombe à pic. J'vais pouvoir revoir mon fils. J'en ai marre de tourner dans chaque pays et de ne jamais me poser avec lui pour qu'il me raconte sa vie.
Je regarde des photos que ma mère m'a envoyé durant toute cette année. On s'est pas vu une seule fois depuis l'année dernière.
Sur un passé de bonnes vacances tous les deux mais j'ai à nouveau dû l'abandonner. Ça me fait mal au coeur, mais w'Allah que c'est pour lui que je fais ça.
Il me manque de janvier à janvier, mais comment j'peux faire? Certes, il souffre de mon absence, oui. Commentez sur fait? J'arrête mes combats et dépend de mes parents?
Jamais. On fait comme on peut. Je le vois les étés et tout le reste de l'année, sur le fait des Face-Time.
- CHARLES: Monsieur, bonjour. Vous avez fait un bon voyage?
-: Ouais. Est-ce qu'on peut se dépêcher?
- CHARLES: Bien sûr, vous avez hâte de revoir Azzedine.
-: Exact.
Il me monte à la place de derrière et rencontre mon fauteuil dans le coffre. J'appuie ma tête sur la vitre teintée et ferme les yeux en attendant qu'on arrive à la maison de mes parents.
Charles conduit plutôt vite, tant mieux. J'commence à perdre patience de plus en plus. Heureusement pour moi, Charles a pris un raccourci. En plus, ça m'évite de m'exposer devant les médias. Ils sont toujours là, eux.
La maison de mon enfance se dessine devant mes yeux. Je vois de loin le grillage qui commence à s'ouvrir. Plus la voiture s'approche, plus je suis impatient. Finalement, à peine il se gare que j'ai déjà ouvert la portière. Et je me rends compte que je ne peux pas sortir tout seul.
J'attends donc que Charles stationne correctement la voiture. Je tourne la tête vers le perron de la maison et les apôtres mes frères qui me regardent tous avec curiosité. Ils se demandent sans doute pourquoi je ne descend pas.
Je baisse les yeux devant mon fauteuil et me laisse pousser par Charles. Je regarde mes pieds, je ne veux pas croiser les regards effrayés ou même choqués de ma famille.
Je devine que je suis devant eux car je vois leurs chaussures devant mes yeux. Je me sens mal à l'aise, comme si j'étais tombé dans une famille dont je ne connaissais aucun membre.
J'entends le plus vu de mes frères, Médine, s'éclaircir la voix.
- MÉDINE: Hocine? Entre, mon frère. Charles tu permets que je le pousse?
- CHARLES: Oui, bien sûr.
Médine se met derrière moi et pousse mon fauteuil à l'intérieur de la maison. Je sens la bonne odeur de Yassa que ma mère devait être en train de préparer. Je voulais aller la voir, mais je n'ai pas osé demandé à Médine.
Donc, il m'a conduit tout droit dans le salon. J'y trouve mon père sur son portable. Il lève la tête, alerté sûrement par les bruits des roues de mon fauteuil. Il me regarde les sourcils froncés et finit par se lever.
Mes joues ont commencé à s'enflammer. Je redoute le moment où je vais poser des questions sur le pourquoi du commentaire.
Heureusement pour moi, j'entends Hedi, mon plus jeune frère et Azzedine qui courent dans les escaliers. Je tourne les roues de mon fauteuil et à peine je suis retourné qu'il me saute dessus.
Je le serre dans mes bras et lui fait un bisou sur le front. Comment j'suis content d'le voir, j'en tremble.
- AZZEDINE: Tu m'as manqué!
-: chuchote Moi aussi, ibni. J'ai pensé à toi h24. Fais voir comment t'as poussé?
Il se dégage de moi et se tient fièrement devant moi. J'ébouriffe ses cheveux, un sourire aux lèvres.
-: T'as grandi, beau gosse. C'est la bouffe de Mama, ça?
- AZZEDINE: Hum ... Oui, et aussi le foot.
-: Tu fais du foot? J'viendrais voir un de tes matchs, alors.
- AZZEDINE: Promis?
-: Promis. T ....
-? : cri aigu Hocine, c'est quoi ça?!
On se tourne tous vers la voix qui avait crié et aperçois la silhouette de ma mère. Elle était en robe de maison et tablier avec son voile sur la tête. Elle tenait aussi une cuillère en bois dans sa main.
Elle désigne mon fauteuil. Je soupire et tourne les yeux. Je commence sérieusement à avoir marre qu'on me regarde comme ça.
- MÉDINE: Ma '... S'il vous plaît, on en reparlera plus tard.
- MAMA: Comment ça, on en reparlera plus tard? Mon fils est cloué sur un fauteuil et tu veux que j'en parle plus tard?!
- BABA: Sira ... S'il vous plaît. Sur discutera plus tard, il va se braquer sinon.
- MAMA: Je vais mettre la table.
Je pivote dans mon fauteuil et essaye de rentrer dans la discussion qu'ils arrivent. Ils parlaient politique, tout c'qui m'intéresse pas. D'ailleurs, j'commenais à partir de quand mon père m'appelle.
-: Ouais?
- BABA: Il t'a dit Azzedine?
-: fronce les sourcils Dit quoi?
- BABA: Qu'il avait battu à l'école.
-: surpris Ah bon?
- BABA: J'voulais pas te dire mais ... Il s'est battu ou disputé une dizaine de fois pendant cette année. Il devenait quelques fois incontrôlable.
-: sec Smehli, s'il vous a causé du tort. J'le mettrait en internat, il vous dérangera plus.
- BABA: fronce les sourcils Arrête tes conneries. J'dis juste ce qu'il s'est passé, pas la peine de t'emporter. D'ailleurs, essaye de savoir c'est quoi le problème.
-: soupire J'le sais déjà.
- BABA: Ah bon?
-: Ouais. C'est d'ma faute.
Qu'en pensez-vous de cette première partie?