2

1293 Words
  | APRÈS LE REPAS | - MÉDINE: Comment ça t'es arrivé? -: Pour l'instant ... j'ai pas trop envie d'en parler. - MÉDINE: Je vois. -: Elles sont où, les filles? - MÉDINE: À Marseille avec Zina. Ça me fait au moins deux semaines de vacances. -: Tout le monde à cramé que tu t'ennuyais tout seul, chez toi. - MÉDINE:  rire  Quelques fois, oui. Mais ça va, j'arrive à m'occuper sans elles. -: Elle est rentrée au CP, Jamila? - MÉDINE: Ouais, j'te dis même pas comment elle a chialé. -:  rire  Ça me rappelle quand Asmar est entré à l'école primaire, au moment où Hakan est né. - ASMAR: Quoi, Asmar? Je sais que je suis beau mais voilà quoi. - MÉDINE: Avant toi, ya moi. - ASMAR: Quelle, wesh? Tu ressembles à un têtard, tu parles avec moi? - MÉDINE: Moi, un têtard? - ASMAR: Ouais, toi. - MÉDINE: Mais allez. Tu suçais encore ton pouce ya dix minutes. Frappe ta tante à coup de jambon, zin. - HAKAN:  rire  Il m'a tué! - ADNAN: Vous faites tous les ouf alors que vous êtes moi de potable dans cette chambre. -: Vous savez que la vérité sort de la bouche des enfants? - HAKAN: Ouais et? -: Bah, demandez à Azzedine. Ces gamins, ils choppent mon fils et lui parlent tous en même temps. J'étais KO, ils sont contre. Mais comment ça fait plaisir de revenir à la maison. Tout date ici, de la chambre que je partage avec Asmar à la cuisine de ma mère. J'suis ferhane d'être là, sérieusement. - HAKAN: Mais laissez-le, il va commencer à dire que son père c'est le plus beau. - AZZEDINE : N'importe quoi, c'est moi le plus beau gosse de la Terre. J'vous met tous à l'amande. En commençant par Asmar, avec ses pieds qui puent. - ASMAR : Hocine, sur le Coran électronique, tiens ton fils tranquille, je vais le baffer sale. - : D'où ? Tu touches pas à mon fils. Vas frapper Mounir, frère. - ADNAN : Commenez pas à mettre mes enfants dans vos embrouilles de collégiens, les gars. - ASMAR : Mounir il fait pas l'malin comme ton gosse, w'Allah. - : Mais il t'arrive quoi. C'est une frappe, c'est une frappe, c'est la nature. Commence pas à le jalouser, tu fais pitié. - ASMAR : rire T'es allé loiiiiiiiiin. - : T'es grave fort pour retourner la situation, toi. - ASMAR : Mais... - MAMA : ASMARRR ! Viens faire la vaisselle. Tu crois tu vas manger et c'est moi je vais laver ? - ASMAR : Asy, là ! Toujours c'est moi j'dois faire ça. En plus, y a le lave-vaisselle. J'suis trop beau pour faire ça. - MÉDINE : Hein, la p'tite femme de ménage ? - ASMAR : Mama, Médine il m'embête ! - MAMA : Mpi teye, Médine il est marié et a des enfants, lui au moins ! On se fout de sa gueule, miskine il a pris encore plus le seum. Mais c'est trop kiffant de le faire chier, il croit trop c'est un prince. - ASMAR : On dirait j'suis l'seul à pas avoir de femme. Tu dis rien à Hakan et Hedi, hein ? - MAMA : Ils ont 18 et 14 ans, sale imbécile. Descend ou je jette ton portable qui est tout proche de ma main. - ASMAR : Non, me fait pas ça, Mama ! Y a grave des meufs qui se sont abonnées à moi, sur Insta et j'ai zappé mon mot de passe ! Il descend en courant et on les entend s'embrouiller en bas. On était pliés, c'est un sketch, les deux. Toujours ils se disputent, ils font délirer, w'Allah. En même temps, c'est vrai qu'elle demande toujours à Asmar de faire la vaisselle. - : Ah là là...Du coup, c'est quoi l'organisation des chambres, maintenant ? - MÉDINE : Hakan a pris la chambre que je partageais avec Adnan, comme on est partis. Asmar a gardé solo la chambre qu'il partageait avec toi et Hedi est solo dans celle qu'il avait avec Hakan. -  : Tout l'monde a une chambre du coup, c'est hella. - HAKAN : Comment j'suis content de plus dormir avec Hedi. - : Pourquoi ? - HAKAN : J'sais pas, la nuit il parle solo. Il raconte toute sa jeunesse, le gars. Abusé ! - : rire T'es un gamin. - MÉDINE : C'est qui ta meuf, Hakan ? - HAKAN : J'ai pas d'meuf, ma femme c'est ma play. - MÉDINE : M'prend pas pour un c*n, j'la sortais aussi c'te disquette à ton âge. - ADNAN : Il disait qu'il allait jouer chez Ilyas alors qu'il captait Zina en soum-soum. - MÉDINE : Asy, j'étais un gamin encore. - : Il t'a accusé quand Baba il l'a cramé. - ADNAN : Grave, ce vendu. - MÉDINE : Moi, vendu ? Respecte-moi, j'suis ton aîné, sale c*n. - ADNAN : Il fait l'malin parce qu'il va bientôt avoir 40 piges. T'es juste vieux, mon gars. - MÉDINE : Qu'est-ce que tu ouvres ta bouche, t'en as 32 ? - ADNAN : Justement, c'est l'âge parfait. - MÉDINE : Bref. - ADNAN : Complexe pas, frère. C'est normal de passer par là, c'est la vie. - MÉDINE : regard noir J'vais t'monter, ferme ta gueule. - AZZEDINE : T'as dit des gros mots, je vais dire à Mamie. - MÉDINE : Bouge de là, j'te fume. - : Eh, eh, eh...Mettez pas mon fils dans vos embrouilles. - MÉDINE : Il va avoir des soucis lui, il aime trop balance. - : rire  C'est un gamin, encore.  Je regarde ma montre, c'est tard. - : Bon, nous on va rentrer, hein. - ADNAN : Déjà ? - : Ouais, demain il a cours. - ADNAN : Ah bon, il est pas en vacances, Hedi ? - HAKAN : Il est pas obligé d'y aller, j'crois. - ADNAN : Heinnnn... Du coup, ils m'aident à descendre avec mon fauteuil. C'était vraiment malaisant, truc de ouf. On se retrouve en bas, on m'assois dans mon fauteuil et je me dirige vers la cuisine. Je la vois dos à moi, mon coeur s'emballe. Elle se retourne vers moi, s'attendant peut-être à me voir sans mon fauteuil. Comme si c'était un rêve. Son regard s'assombrit à mesure que ses yeux descendent jusqu'à se poser sur moi. La dernière fois que j'ai pris des vacances, j'étais plus grand qu'elle, à 25 ans. Et là, à 28 ans, j'ai l'impression d'être redevenu le petit enfant à qui elle ordonnait d'aller s'habiller pour ne pas être en retard. Le même qu'elle prenait dans ses bras en retenant ses larmes, quand il s'était blessé à l'école.  C'est ce qu'elle est train de faire à l'instant même. - MAMA : Comment tu as fait ? C'est à cause du métier de sauvage que tu fais, c'est ça ? Comment ça se fait que tu m'aies rien dit ? - : Parce que...Ça me rappelle de mauvais souvenirs d'en parler. - MAMA : Mais...Je suis ta mère. Regarde-moi. C'est moi qui t'as porté dans mon ventre pendant neuf mois. Alors...Pourquoi tu me dis rien ? - : ... - ASMAR : Mama, je... Il se coupe dans sa phrase et fais la navette entre notre mère et moi. Je détourne les yeux. - ASMAR : Mama, pourquoi tu pleures ? Il s'approche d'elle et la prend dans ses bras. Elle sanglote fort. Ma tête se met à tourner, je fronce les sourcils et sors de la cuisine avec mon fauteuil. Je quitte la maison en la laissant pleurer à cause de moi. Dans les bras d'Asmar alors que ça aurait dû être moi, à un endroit. 
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD