Chapitre 8 J’avais ouvert la fenêtre de mon cabinet pour tenter d’éliminer l’odeur de tabac qui empestait. L’automne était là, bientôt l’hiver. À l’extérieur, les feuilles brunâtres du magnolia pendouillaient comme des vieilles peaux de banane. De temps à autre, l’une d’entre elles se détachait et faisait un petit bruit mat en tombant sur le carrelage de la terrasse. Au silence des perruches, qui avaient émigré Dieu sait où, succédaient les croassements sinistres d’une escadrille de corneilles qui fouillaient les poubelles dans les arrière-cours des maisons voisines et avaient organisé une bataille rangée contre des pies. Les jardins étaient couverts de feuilles mortes. Le bruit du seau de madame Botte, qui se déplaçait marche après marche dans l’escalier de l’immeuble, m’indiquait qu’ell

