J’ai orienté l’objectif de mon holorecorder, lentement, évitant tout bruit importun qui puisse les sortir de leur rêverie solaire. Afin de respecter leur méditation profonde, d’éviter de briser le charme de cette vue statique, figée telle une nature morte offrant la pureté formelle d’un portrait non animé, juste photographique, à l’ancienne. Un holorecorder professionnel est silencieux. C’est sans doute le micromoteur du zoom, lors de mon recadrage improvisé, qui a éveillé l’attention du plus jeune. Il a cligné des yeux, dans la lumière irréelle et hachée qui se faufilait dans le labyrinthe d’arches, de lacets, de linges étendus, d’objets sans nom suspendus au dessus du sol. Et m’a regardé – découvert, devrais-je dire –, comme s’il émergeait de quelque songe extatique. Je ne savais quelle

