Les entretiens de mon cher Arthur m’amenèrent à de telles réflexions que je parvins à déduire logiquement de tous mes souvenirs les motifs de la conduite d’Edmée. Je la trouvai grande et généreuse, surtout dans les choses qui, mal vues et mal appréciées, m’avaient le plus blessé. Je ne l’en aimai pas davantage, c’était impossible ; mais j’arrivai à comprendre pourquoi je l’aimais invinciblement, malgré tout ce qu’elle m’avait fait souffrir. Cette flamme sainte brûla dans mon âme, sans pâlir un seul instant, durant les six années de notre séparation. Malgré l’excès de vie qui débordait mon être, malgré les excitations d’une nature extérieure pleine de volupté, malgré les mauvais exemples et les nombreuses occasions qui sollicitent la faiblesse humaine dans la liberté de la vie errante et mi

