XV La veille du départ de M. de La Marche, après l’envoi de la lettre de l’abbé, il s’était passé dans la Varenne un petit évènement qui me causa en Amérique une surprise agréable et plaisante, et qui d’ailleurs s’enchaîna d’une manière remarquable aux évènements les plus importants de ma vie, ainsi que vous le verrez plus tard. Quoique assez grièvement blessé à la malheureuse affaire de Savannah, j’étais activement occupé en Virginie, sous les ordres du général Green, à rassembler les débris de l’armée de Gates, qui était à mes yeux un héros bien supérieur à son rival heureux Washington. Nous venions d’apprendre le débarquement de l’escadre de M. de Ternay, et la tristesse qui nous avait gagnés à cette époque de revers et de détresse commençait à se dissiper devant l’espoir d’un secours

