4.Un coup de fusil de Georget Le matin, à l’aube, la corvée quotidienne transportait le café aux tranchées de première ligne, en suivant les kilomètres de boyaux qui, par la plaine, les reliaient à l’arrière. Au moment où la corvée s’y engageait, Georget, c****e retroussée, guêtres aux mollets, képi sur l’oreille, un cache-nez autour du cou parce que, ce matin-là, une bise coupante soufflait du nord, apparut dans le groupe délibérément. — Mon petit, fit un poilu, faut te barrer… tu sais bien… — Je vous en prie… laissez-moi partir avec vous… — Puisqu’on ne veut pas te garder là-bas, à quoi bon ? — Eh bien, ils me renverront… on verra… mais vous autres, pourquoi m’empêcher de vous accompagner ? Est ce que je ne suis pas l’enfant de votre régiment ? Je peux vous être utile et vous pouvez

