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MON SEXOLOGUE

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— Camille, j'adore mon mari. C'est l'homme de ma vie, celui que je choisirais encore les yeux fermés.— Alors, pourquoi tu fais cette tête ?Éléonore soupira.— Parce que la nuit, je m'ennuie. Son fruit défendu n'est pas aussi sucré que je l'imaginais !— Tu es en train de me dire qu'Alexandre ne sait pas satisfaire sa femme ?— Chut ! Je l'aime, bon sang ! Je veux juste retrouver le plaisir d'être sa femme…Mariée depuis cinq ans à Alexandre Vasseur, un homme séduisant et ambitieux, Éléonore l'aime profondément. Pourtant, derrière les portes de leur chambre, ses frustrations grandissent et son mariage perd peu à peu sa magie.Sur les conseils de son amie, elle consulte Gabriel Delcourt, un sexologue de trente-neuf ans, séduisant, autoritaire et troublant.Dès leur première rencontre, ses questions bouleversent ses certitudes. Au fil des séances, Éléonore découvre ses désirs, affronte ses frustrations et se retrouve confrontée à une attirance qu'elle n'avait jamais prévue.Mais Gabriel est son sexologue. Et elle est une femme mariée.Elle voulait sauver son mariage. Elle était loin d'imaginer que son sexologue ferait voler toute sa vie en éclats.

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Chapitre 1
POV Éléonore Je n'avais jamais imaginé qu'un jour, je pourrais me sentir seule dans un lit partagé. Pourtant, ce soir-là, tandis que je regardais Alexandre retirer sa montre devant le miroir de notre chambre, j'avais l'impression d'être une étrangère dans ma propre maison. Il était presque vingt-trois heures. J'avais passé une bonne partie de la soirée à préparer le dîner qu'il aimait, puis j'avais attendu son retour en consultant mon téléphone toutes les cinq minutes. Lorsqu'il avait enfin franchi la porte, il m'avait embrassée sur le front, m'avait demandé si j'avais passé une bonne journée et s'était installé devant son ordinateur pour terminer un dossier. Il n'avait même pas remarqué ma nouvelle robe. Une robe noire, près du corps, que j'avais achetée trois jours plus tôt en pensant à lui. Je m'étais convaincue qu'il était simplement fatigué. Alexandre travaillait beaucoup. Je le savais depuis notre rencontre. C'était d'ailleurs l'une des choses que j'avais admirées chez lui : son ambition, sa détermination, cette manière qu'il avait de poursuivre ses objectifs sans jamais se laisser distraire. Mais depuis quelques mois, j'avais le sentiment d'être devenue l'une de ces distractions qu'il s'efforçait justement d'éviter. — Tu viens te coucher ? me demanda-t-il en déposant sa montre sur la commode. Je refermai le livre que je tenais entre mes mains. — Oui. Il se glissa sous les draps, prit son téléphone et commença à faire défiler des messages. Je restai assise quelques secondes au bord du lit avant de me rapprocher de lui. — Alexandre ? — Hum ? — Tu te souviens de notre anniversaire de mariage ? Il leva brièvement les yeux vers moi. — Bien sûr. Pourquoi ? — C'est dans deux semaines. — Je sais, Éléonore. — J'aimerais qu'on fasse quelque chose ensemble. Rien que tous les deux. On pourrait partir le week-end, réserver un hôtel, dîner quelque part… — On verra. Je baissai les yeux. Toujours cette réponse. On verra. Deux mots qui repoussaient chaque fois mes espoirs à un lendemain incertain. — Tu dis toujours ça. Il soupira avant de poser son téléphone sur sa poitrine. — Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? J'ai beaucoup de travail en ce moment. — Je ne te demande pas de quitter ton travail. Je te demande de passer un peu de temps avec ta femme. — Je suis là, non ? Je tournai la tête vers lui. — Physiquement, oui. Son expression changea. — Qu'est-ce que ça signifie ? J'aurais voulu lui répondre calmement. Lui expliquer que je ne réclamais ni des cadeaux coûteux ni des déclarations spectaculaires. Je voulais simplement retrouver l'homme qui me cherchait du regard dans une pièce, celui qui m'embrassait sans consulter l'heure, celui qui me demandait comment s'était passée ma journée et attendait réellement la réponse. À la place, je laissai échapper la question qui me brûlait les lèvres depuis des semaines. — Est-ce que tu me désires encore ? Le silence qui suivit me fit regretter de l'avoir posée. Alexandre se redressa légèrement. — Quoi ? — Tu m'as entendue. Il passa une main sur son visage, visiblement agacé. — Où veux-tu en venir, exactement ? — Nulle part. Je veux simplement savoir si je te plais encore. Il me regarda comme si je venais de lui poser une question absurde. — Éléonore, tu es ma femme. — Ce n'est pas une réponse. — Qu'est-ce que tu attends de moi ? Que je te fasse un discours chaque soir pour te rappeler que tu es belle ? Je sentis mes joues chauffer. — Non. J'aimerais seulement que tu me regardes parfois comme si tu le pensais. Il détourna les yeux. Ce geste me blessa davantage que ses paroles. Je me rapprochai encore un peu, posai une main sur son bras et cherchai son regard. — Cela fait presque trois mois, Alexandre. Il retira doucement son bras. — Je suis fatigué. — Tu es toujours fatigué. — Parce que je travaille pour nous ! Sa voix avait claqué dans la chambre. Je me tus. Il se leva, ramassa son téléphone et fit quelques pas avant de se retourner vers moi. — Nous ne manquons de rien. Nous avons une belle maison, une situation confortable. Je fais tout ce que je peux pour assurer notre avenir. Et malgré ça, tu trouves encore le moyen de créer un problème. Je le regardai, incapable de croire ce que j'entendais. — Tu crois vraiment que l'argent peut remplacer tout le reste ? — Je n'ai pas dit ça. — C'est pourtant ce que tu me fais comprendre. Il secoua la tête. — Tu sais quoi ? Je ne veux pas me disputer ce soir. Il éteignit la lumière de son côté et se coucha en me tournant le dos. Je restai immobile. Pendant quelques secondes, j'espérai qu'il se retournerait. Qu'il me prendrait dans ses bras, même maladroitement. Qu'il me dirait qu'il était désolé, qu'il traversait une période difficile et que nous trouverions une solution ensemble. Mais rien ne vint. Je finis par me lever pour rejoindre la salle de bains. Devant le miroir, je contemplai mon reflet. Ma robe noire épousait encore ma silhouette. Mes cheveux tombaient sur mes épaules et mon rouge à lèvres avait presque disparu. Je n'étais pas devenue laide en trois mois. Je n'avais pas soudainement perdu tout ce qui avait attiré Alexandre cinq ans plus tôt. Alors pourquoi avais-je l'impression de devoir mendier l'attention de mon propre mari ? Je retirai ma robe, enfilai un peignoir et m'assis sur le bord de la baignoire. J'avais honte. Honte d'avoir essayé de séduire l'homme que j'avais épousé. Honte d'avoir attendu un geste tendre comme une faveur. Honte, surtout, de constater que son indifférence commençait à modifier la façon dont je me percevais. Mon téléphone vibra. Un message de Camille. « Alors, ma belle, comment va ton mariage de rêve ? » Je fixai l'écran avant de répondre. « Ça va. Je suis juste fatiguée. » Elle répondit presque immédiatement. « Tu mens très mal. Appelle-moi demain. » Je laissai échapper un petit rire triste. Camille me connaissait trop bien. Je reposai mon téléphone, puis retournai dans la chambre. Alexandre semblait dormir. Je me glissai sous les draps en prenant soin de ne pas le toucher. Il y avait moins de vingt centimètres entre nous, mais cette distance me paraissait immense. Je fermai les yeux.

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