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1108 Words
D'ailleurs il est à nouveau devenu tout dur en moi mais je trouve la force de le repousser. Il me lance un regard d'incompréhension alors que je me relève en titubant. Je remets correctement mon soutien-gorge qui laissait voir mes seins plantureux. Mon intimité me tiraille, il n'est plus en moi mais ce vide me tue. Pourtant je ne dois plus refaire cette erreur. Je décide d'ignorer sa question silencieuse et me mets à la recherche de mon sous-vêtement. Je le retrouve au pied du canapé, il est bousillé mais réparable. C'est mon préféré, je ne vais pas le jeter comme ça. Je le fourre dans mon sac à main et essaie de remettre de l'ordre dans ma tenue. J'entends vaguement Jacques se rebraguetter, signe que la partie de jambes en l'air est finie. J'ai honte, j'ai l'impression d'être devenue une p**e, une femme légère fraîchement culbuter par son patron. — Que crois-tu être entrain de faire ? Il agrippe rudement mon poignet et me force à me tourner vers lui alors que j'allais refermer mon chemisier. Sa colère est palpable. — Ça se voit non ? Je m'habille pour m'en aller. — Quand t'ai-je donné l'autorisation de partir ? — Oh, tu veux donc être celui qui va me mettre à la porte ? Ça ne t'a pas suffit ? Tu veux me b****r encore ? — Margaux contrôle ton langage et le ton que tu emploies en t'adressant à moi, je suis toujours ton patron. — Justement il est là le problème ! crié-je en me dégageant de sa poigne. Tu es mon patron, on aurait pas dû faire ça. C'est mal. Il se contente de rire comme si j'avais dit une stupidité. — Arrête-moi ça, nous sommes des adultes. Ce qui vient de se produire était voulu et consenti. Je ferme les yeux et essais de maîtriser mon irritation. — Qu'attends-tu de moi au juste Jacques ? — Sois ma maîtresse. Que je sois sa maîtresse ? Une simple maîtresse ? C'est insuffisant. Et même si cette offre limitée me convenait, et après ? Il faut toujours avoir une vision et se projeter, anticiper les risques. J'aime follement Jacques mais cela vaut-il la peine que je sacrifie tout ? — Et mon job dans tout ça ? Je ne veux pas prendre le risque que tu me vires après t'être lassé de moi. — Je ne ferai jamais une chose pareille. Et au fond de toi, tu le sais. — Et tu comptes faire quoi à propos de nous ? Mélanger l'utile à l'agréable ? Le plaisir et le travail ? Ma question qui vise à le déstabiliser ne semble pas faire effet. Il reste stoïque et maître de lui-même, comme s'il a réponse à tout. Et c'est le cas, j'en ai bien peur. Puis-je espérer gagner cette bataille ? – Au bureau on entretiendra une relation purement professionnel mais le soir, tu seras mon amante. — Ça ne marchera jamais Jacques. Désolée mais je refuse de jouer à un jeu si dangereux. En plus tu viens à peine de divorcer, si ça venait à se savoir, c'est à moi qu'on lancera la première pierre. C'est moi qui récolterai les critiques et les diffamations. Ils diront même que c'est de ma faute si ton mariage à couler. Il vaut mieux qu'on tire un trait sur ce qui s'est produit tout à l'heure. Il est vrai que j'ai aimé cette étreinte mais c'est terminé. Au fur et à mesure que je parle, je le vois serrer le poing. Ma décision n'a pas l'air de lui plaire mais tant pis. Je refuse d'être son vide couilles. Car oui, c'est ce qu'il cherche. En plus j'ai la certitude qu'il finira par me jeter aussitôt le feu de la passion éteint. Il vaut mieux couper les ponts avant que je ne ramasse mon pauvre cœur avec une cuillère. Je l'aime, je ne peux le nier. Passer ces quelques mois à ses côtés m'a fait tomber amoureuse de lui. Cependant je préfère ne pas laisser les choses s'envenimer, surtout s'il ne cherche pas du sérieux. Je ne veux pas être celle dont il se sert juste pour assouvir ses besoins juste parce que sa femme n'est plus là. Oh, je sais bien que son carnet d'adresses doit être rempli de contacts de ses anciennes amantes. Mais peut-être qu'il veut juste essayer la nouveauté que je suis. Je me fige lorsqu'il se rapproche intrinsèquement de mon corps encore sensible à cause de ses touchers. Il me prend pas les épaules et me secoue presque. — Ne joue pas à ça avec moi. Non mais il se fout de moi ? Moi, jouer avec lui ? Il devrait pourtant savoir que les rôles sont inversés. — Je ne joue à rien. C'est toi qui- — Ça se terminera lorsque je l'aurai décidé Margaux. M'entends-tu ? Ton corps est à moi dès à présent, dit-il avec possessivité tout en prenant mon menton pour soulever mon visage vers lui. — Arrête, tu me fais mal, geignis-je en sentant le bout de ses doigts pénétrer ma chair soudain meurtrie. Ma plainte désespérée brise sa rage en un rien de temps. Il me relâche avec une lueur d'excuse dans les yeux. Cette fois-ci je ne lui pardonnerai pas aussi facilement. Il se montre gentil, me traite comme un torchon, couche avec moi, puis devient v*****t. Je suis un être humain, pas un objet. Si ça continue, je devrais quitter JC. Corporation. Ma santé mentale et le bien-être de mon cœur en dépendent. — Ne me pousse pas à démissionner Jacques. Quelque chose vacille dans son regard, comme si la seule idée de me perdre lui était insupportable. Je chasse cette idée. Il ne veut simplement pas admettre le fait que je le repousse. Les hommes peuvent parfois se montrer capricieux quand on leur dit "non". Je le regarde tristement. Cet homme aurait pu être mon salut mais je me rends compte qu'il est peut-être nuisible. Comment vais-je pouvoir me comporter normalement avec lui après tout ceci ? Comment vais-je pouvoir conserver cette relation professionnelle avec lui à présent ? Je ramasse mon sac et quitte sa demeure. Dans le taxi, mes yeux se mettent à me picoter, signe que les larmes ne tarderont pas à couler. Je me retiens du mieux que je peux et ne m'autorise à pleurer que lorsque je me retrouve entre les quatre murs de mon studio. Je me laisse glisser au sol en tenant ma tête entre mes mains. Que j'ai été conne. Demain j'essaierai d'affronter la situation. Et si ça ne fonctionne pas au bout de quelques semaines, je démissionnerai.
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