Le précipice de Hom-Tar détenait sur moi un effet hypnotique. Un gouffre sans fond si on y regardait bien. Un gouffre vide, immense, attirant. Tout autour de moi, les échos de la guerre explosaient comme des étincelles : les entraînements des soldats dans les quartiers militaires d’Elisse, dans les gymnases, jusque dans les cours du palais ; les réunions militaires sans fin où le conseil royal déblatérait au fil de la journée. Tout passait au crible : l’état de nos troupes (pas très brillant), nos finances (carrément à se jeter du haut des falaises), l’état des armes (encore pire), l’Astorie (toujours volatilisée), l’état d’esprit des Tenshins (tout dépendait à qui l’on s’adressait) et l’enceinte élissinne. Dans mon dos, un miracle était en train de s’opérer. Des tours jadis arrachées de

