Le vent soufflait violemment dans les branchages. Les arbres gémissaient. Je percevais leurs plaintes au-delà du brouillard qui enveloppait mes pensées. Des odeurs âcres s’élevaient autour de moi, des relents de poussières, de bois mort et de cendres. J’entendais une voix lointaine comme si quelqu’un criait du haut d’une colline. J’essayai de me concentrer sur cette voix. Elle me semblait si loin. Je clignai des paupières. La lumière du soleil au-dessus de ma tête me blessait les yeux. D’une main fébrile, je tâtai mon visage, mes joues, mon front, puis j’éloignai ma main et la plaçai au-dessus de mes yeux, en paravent. Je l’observai attentivement. Mes doigts se découpaient dans la lumière du soleil. Mes ongles étaient noirs et sales. Le dos de ma main aussi. La voix parut se rapprocher d

