Dépucelage

3379 Words
-Dis, Julie ça te dit un ciné vendredi soir ? Je plisse le nez à la manière de ces pouffiasses des temps modernes, et fais mine de réfléchir en me contemplant dans le miroir de poche que j'emmène partout avec moi. -Hmm, je sais pas, y'a un film qui te plait en particulier ? Mon petit ami du moment, Jérémie, m'adresse le sourire de la victoire et je retiens presque un soupir de désillusion. -Non pas vraiment, mais je me suis dit que ce serait l'occasion de se voir en dehors du bahut. Ça fait déjà presque un mois qu'on sort ensemble… Le soupir de désillusion prend contenance et je décide de le laisser s'échapper. Bon, ne vous y trompez pas, ce n'est pas que je n'apprécie pas ce gars. Il est mignon, musclé comme il faut et outre son côté viril de mecs que toute fille rêve de séduire un jour, lui au moins à de la parlotte. Heu… enfin bref, il sait au moins mettre de la forme à « je veux te baiser, faisons le vendredi soir ». C'est fou ce que ça change, et c'est ce qui fait qu'il a duré aussi longtemps. -Désolée, murmuré-je calmement, mais j'avais déjà un plan de prévu, une autre fois peut être… Et voilà l'air déçu du grand Roméo. Ses yeux se plissent, et à l'air déçu, vient s'ajouter celui de la suspicion. -Un plan de prévu ? Avec qui… Je lui tapote le bras d'un air réprobateur. -Jérémie, tu sais bien que la vie d'une fille c'est privé, j'ai une vie sociale en dehors de toi… Jérémie se renfrogne. -C'est ce Javanek, c'est ça ? -C'est Samuel, Jérémie. Ta mère ne t'a jamais appris à appeler les gens pas leur prénom ? -Pas pour ceux qui trainent autant avec ma copine. Et merde, j'en ai marre, il me les pète grave. Je lui souris pourtant et me mets sur ses genoux. L'expérience m'a appris que les hommes ne supportent pas que l'on prenne la défense d'un autre. -Tu es jaloux ? Je le fixe comme je sais si bien le faire, et le vois se calmer malgré lui. Il grommelle encore une fois ou deux, mais finis par me serrer contre lui, avant de sourire à son tour. -Je n'aime pas que d'autres te tournent autour. Ah, que c'est mignon, c'est d’un chou à pleurer. Surtout lorsqu'un sait le nombre de filles qu'il a fréquentées avant moi. Non vraiment, j'en serais presque touchée. -Tu sais bien que Samuel n'est qu'un ami, il ne… -Tu vois, tu ne parles que de lui… Putain, il m'agace. Je fais encore un effort, souris, me dis qu'il faut conserver les apparences, mais devant tant de mauvaise volonté, je finis par me lever pour prendre mon sac. Voilà ce que cela vous coûte que de fréquenter un mec plus de quatre minutes et vingt-cinq secondes par semaine. -Tu fais chier Jérémie. Si tu ne vois pas la différence entre un gay et toi, c'est sans espoir. Continue encore comme ça, et je m'inscris au club des vierges anonymes. Ciao. Et je le plante là, sans plus de fioritures à en mourir. Etre normale, qu'est-ce que c'est chiant à la longue. C'est à se complaire dans le célibat ce genre de mecs ! J'adresse quelques sourires en croisant des camarades de classe et me dirige dans mon petit refuge à moi. Une salle, troisième étage, où je peux retrouver Samuel déjà installé. -Sam, quoi de neuf ? Celui-ci ne me répond pas, je lui pique une part de jambon tout en m'asseyant sur la table face à lui. -Désolée pour le retard, m'expliqué-je, mais j'étais avec Jérémie… tu n'imagines même pas, il m'a fait le coup du cinéma… tu te rends compte ? Aucune réponse, moi qui en profite pour engloutir mon bout de jambon. Au vu de l'ennemi qui ne réagit toujours pas, je décide de lui piquer un autre bout. -Et tu sais ce que je lui ai dit ? Toujours pas de réponse. Agacée, je fais comme s'il s'intéressait toujours au sujet. Je ne peux pas foncièrement lui en vouloir, puisque c'est au moins la quinzième fois que je lui fais part d'un mec qui me fait le coup. Mais bon, il pourrait au moins faire semblant. -Et bien, continué-je en m'approchant de lui, je lui dis « Vas-y Jérémie, inutile d'attendre davantage, faisons-le ici, tout de suite. Prends-moi par les hanches mon bel apollon. » L'effet désiré n'arrivant toujours pas, je me rapproche encore un peu plus et lui souffle à l'oreille. -Et j'ai dis « oh… oui c'est si bon, plus fort » … -Quoi ? Sam tourne brutalement la tête vers moi et je me retrouve sans le vouloir à quelques millimètres seulement de sa bouche. Je ne me démonte pas et continue sur ma lancée. -Oh Jérémie, vas-y, serre-moi plus fort. Je le vois blêmir d'horreur et satisfaite, je me redresse tout en engloutissant son morceau de jambon. -Voilà c'est tout. Mais c'était délicieux. Sam se relève d'une traite et me prend brutalement par les épaules. -Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Qu'est-ce qui est délicieux ? Jérémie t'a fait quelque chose ? Dis ! J'éclate de rire et le repousse gentiment d'un pied (tout en lui chipant un autre bout de son sandwiche, suis-je obligée de préciser.) -Je ne te dirais rien, ça t'apprendra à me délaisser, pauvre créature que je représente face à ces mâles sans scrupule… Son air inquiet ne disparaissant qu'à moitié, je soupire. -Rassieds-toi, ce n'était rien. Juste la phase pré-rupture qui se déclenchait entre Jérémie et moi. Il m'a fait le coup du ciné. Ses épaules se détendent, il me fixe d’un air las avant de se réintéresser à son sandwich. -Ah… que ça ? Tu le plaques quand ? -Bof, je sais pas trop. Mais c'est amusant de te voir t'inquiéter… un vrai petit homme viril et tout. Il s'assombrit, je continue. -Je le referai juste pour le plaisir. Il ne répond pas, je lui donne un autre coup de pied. -Hého Sam, pourquoi tu fais la gueule ? Il écarte sa chaise, me donne un autre bout de jambon avant même que je ne songe à m'en emparer toute seule. -Je ne fais pas la gueule. -Alors quoi ? Le garçon jette un coup d'œil à son sandwich inachevé, et soupire encore. -Ca me semble pourtant évident. Arrête de piocher dans mon repas à l'avenir. Il fronce faussement les sourcils. -La prochaine fois, je te traine devant les tribunaux pour racket avec préméditation, et tentative de détournement de mon âme innocente avec tes propos obscènes. -Ame innocente mon cul. Non sérieux, c'est quoi ton problème ? Face à son silence, Je songe aux diverses possibilités. -C'est une fille qui t'as fait une demande… ? -Arrête. -Hmm, non, j'ai envie de te faire chier justement. Je m'installe plus confortablement et pose mes pieds sur ses genoux, mes fesses toujours posées sur sa table. -Quelqu'un t'a emmerdé, tenté-je à nouveau. -Non plus. Mais je suis ravie de voir l'estime que tu me portes. -Hmm… (Je plisse le nez) tu as des problèmes de transit peut-être... ? Il me regarde pour la première fois, et je constate une lueur amusée qui m'irrite comme souvent. -Mais vas-y merde, dis-moi, moi je te l'aurais déjà dit. -Ça, je n'en doute pas. Je le tape. -Tant que t'y es, dis que je me plains tout le temps ! Nouvelle lueur amusée dans ces yeux verts et j'ai des envies de lui sauter dessus. Pour le tuer bien sûr. -Je n'oserais pas. J'essaye encore de le taper, il me choppe le pied et ni une ni deux il se lève, m'attrape par les hanches d'un bras et me voilà par terre, lui sur moi pour me bloquer. Je lutte pour me dégager, il esquive mon coup de pied spécial chamaillerie et bloque même l'uppercut travaillé pour les jours de fête. -Pitié, c'est tout ce que tu peux faire, me nargue-t-il, son visage tout près du mien. Je me débats encore, lui se presse un peu plus contre moi pour bloquer toute tentative de fuite. Mon souffle s'accélère, mon sang s'échauffe et je vois trouble. Je cesse de me débattre, tremblante. Il s'éloigne aussitôt de moi, sans pour autant faire le moindre commentaire sur ma faiblesse. - C'est bon ok, fis-je pour meubler ce brusque silence. (pour la mise en scène, j'écarte les bras, les jambe, pour adopter la position étoile de mer). Tu as gagné, abuse de mon corps autant que tu veux. -Pff, comme si je voulais d'une blondasse comme toi. -Eh, traite-moi mieux, sinon je te retire ton droit de conquérant. Je suis un met rare moi monsieur. Je le vois ouvrir la bouche, me prépare déjà à la prochaine moquerie. Que lui rétorquerai-je ? À moins que je ne lui saute dessus pas surprise ? Héhé, pourquoi pas, ça donnerait de beau résultat. Il me fixe encore, et je me sens troublée sans raison. -Je sais, lâche-t-il simplement. -Hein ? Il ne dit rien et je m'assois par terre face à lui. -Je sais. Répète-t-il calmement. -Que je suis un met rare ? -Mais non idiote, que je suis le winner. Je n'abuserai pas d'une pauvre créature déjà à ma merci. -Pff, pauvre mec. Nous rions et je m'appuie contre lui tout en réfléchissant. -C'est Kevin ? Pas de réponse, j'en conclus que c'est ça. -Ca se passe mal ? Tu as des problèmes ? -Bof, je ne sais pas, mais… tu vas te moquer de moi… Je lui tape la cuisse. -Allez, raconte. -Tu ne te moques pas, hein ? -Alors là rêve toujours, marmonné-je, je vais me venger pour toutes ces fois où tu n'as montré aucune pitié à mon égard. -Bon… Figure-toi qu'il m’a aussi fait le coup du cinéma… Wow. Ni une ni deux je me retourne et m'éloigne de lui, sûre et certaine de mon air incrédule. -Non ? Sourire penaud chez l'homme. -Et bah si. -Sans blague ? -Puisque je te le dis. -Tu penses vraiment que… ? -Bon July tu fais chier, oui il m'a demandé… J'en reste sur le cul. Je laisse vagabonder mon esprit, songe que mon petit Samuel est enfin devenu grand. Snif, ce serait faux de dire que je ne me sens pas bizarre. Mon poussin va quitter le nid des puceaux étourdis. -Et alors ? Demandé-je, impressionnée. Un silence. -Je lui ai dit oui. -Tu sais ce que ça signifie ? -Oui. -Et tu te sens prêt ? Petit regard de mon oisillon de dix-sept ans et demi. -Je pense. Wow. Qui l'eut cru ? Cela fait moins de trois semaines que Samuel sort avec ce type, et jamais je n'aurais pensé qu'il se lancerait. Milles questions me brulent les lèvres, pourtant je n'ose pas en souffler une. Qui a proposé le rendez-vous ? L'aime-t-il assez ? Lui qui ne m'en parlait quasiment jamais, cela me fait si bizarre de trouver un coté concret à cette relation presque irréelle jusqu'alors. Kevin n'est que le second garçon que fréquente Samuel, et me reviennent brusquement les longs moments que j'ai dû passer à remettre en pièce mon meilleur ami lors de sa dernière rupture. Je n'ai jamais été plaquée, je n'avais donc pu qu'appréhender sa tristesse, et je compatissais d'autant plus que je savais combien son homosexualité lui pesait. Ne pas pouvoir en parler avec d'autres, se sentir seul, ses parents gênés, j'avais tout fait pour me transformer en ce garçon imaginaire qui pourrait se substituer à un autre et accepter sa douleur. Et je l'ai guéri, ou en tout cas j'ai matière à penser que ses sourires en sont une preuve, et j'ai veillé sur lui, et je l'ai veillé durant sa quête de l'amour. Puis je l'ai surveillé l'air de rien lors de l'arrivée de cet inconnu, j'ai fait mes investigations, j'ai mis à contribution les contacts que je me suis fait de ci de là, et j'ai guetté la moindre fêlure, laquelle n'est jamais apparue. Par contre, l'idée d'un bonheur aussi grand, d'une telle avancée dans leur relation m'est totalement passée au dessus de la tête, et je songe que mon travail s'achève ici. Merde, que c'est étrange. Mes yeux picotent, mes lèvres tremblotent sans raison, et telle la mère guidant son jeune fils à l'hôtel, je me sens déchirée. -July, tu vas pas chialer quand même ? Je tente le regard ironique, sais que c'est foiré. Que veut-il que je lui dise, c'est nouveau pour moi ! Je ne savais pas que le bonheur de voir son meilleur grandir pouvait tant vous déchirer le cœur. -Fais pas chier, marmonné-je, je le plains le pauvre. J'espère au moins qu'il sait ce qu'il fait. -Ta gueule July. Je rigole et me redresse. -Tu penses que ce sera Qui au dessus ? Demandé-je vivement afin d'échapper à lui s'interrogeant sur mes larmes merdouilleuses. -July, soupire-t-il en se redressant à son tour, je t'adore, mais je ne répondrai pas. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve son air posé en total désaccord avec la perspective de sauter le pas. Sans blague, dire que moi je les repousse tous (bon faut dire, ce sont tous des cons abrutis par la perspective de me sauter) et lui, dès le second, il y va tête la première ? - Ouais, glissé-je, demande au moins à ce qu'il huile bien le conduit. J'ai lu sur internet que c'était atroce la première fois. Il ne me répond pas, je reprends mon air solennel, une fois de plus consciente que j'ai gaffé. -S'cuse Sam. T'inquiète, je doute que ce soit pire que la première fois d'une fille. Cette idée résonne étrangement en moi et une pensée encore plus folle s'empare de moi. Sam le sens, j'en suis sûre, et son air inquiet vient me le confirmer l'instant d'après. -Quoi que ce soit, je te le dis tout de suite, c'est non. July, tu ne m'auras pas, c'est non. -Sam, soufflé de mon air pseudo charmeur. Et si nous sautions le pas le même jour ? -NON ! -Allez, on comparera ! -Continue comme ça July et je t'assomme… -Je parie que j'atteindrai le septième ciel avant toi… La cloche sonne et excédé, mon cher camarade prend son sac de cours avant de se diriger vers la sortie. -Tu m'auras vraiment tout fait… Hihi, je sais je suis une chiasse. Mais bon, quitte à devoir le faire, et puisque je sais ne pas pouvoir trouver de garçon sérieux et raisonnable avant que l'homme n'atteigne l'âge de raison, pourquoi ne pas le faire dans la joie et la bonne humeur ? Tiens, et si je lui proposais d'allumer nos téléphones respectifs lors de l'acte ? Ça pourrait se révéler plutôt sympa… -oOo- -Allô July ? J'enfonce le téléphone entre mon oreille et mon épaule et continue de mater mon match de catch tout en me finissant la pose de verni. -Qu'est-ce qu'il y a ? -Heu… tu plaisantais tout à l'heure ? -Non pas vraiment, j'ai prévenu Jérémie que j'acceptais finalement. Tu ne m'en voudras pas d'annuler notre soirée prévue, mais bon, puisque tu comptais toi-même l'annuler avec ton tendre... -Fous-toi pas de ma gueule. -Ce n'était pas le cas, répondis-je sérieusement. C'est bien ton Tendre non ? -Heu… oui. -Et tu es prêt à sauter le pas ? -Semblerait-il. -Bon, alors c'est parfait. Un silence apparait, mais je n'y prend pas garde, brusquement concentrée sur une action de placage à l'anglaise à la télé. -Tiens d'ailleurs, repris-je pour la conversation, tu fais quoi de beau ? Tu es sur internet ? -Non. -Heu… tu mates la télé alors ? -Même pas. Je me sens plisser le front. -Bah tu fous quoi alors ? -Je te parle, ça ne te suffit pas ? J'accuse le coup, si habituée que je suis à nos conversation version forfait illimité, où chacun continue en même temps ses petites activités. Ok, Samuel a un problème. -Tu ne te sens pas près, compris-je à voix haute. -Merci July, niveau subtilité, tu es géniale. -Oups. Bon alors, c'est ça ? -Je sais pas, tu sais ce que c'est, je me pose des questions et vu que je n'ai pas beaucoup de points de référence… -Tu pourrais peut-être lui en parler, non ? -Pour passer pour le mec totalement inexpérimenté ? Non merci. J'y réfléchis, ne vois qu'une solution. -Et bah entraine-toi alors. -… -Sam ? T'es là. -Désolé, me répond une voix étranglée, j'étais occupé à m'étouffer en buvant. Tu veux me tuer en racontant des conneries pareilles ? -Ce ne sont pas des conneries, riposté-je en rebouchant tranquillement mon vernis, c'est de la science. Le meilleur moyen pour y arriver, c'est de pratiquer. -Si tu le dis. -Bon alors. Je suppose que niveau solitaire tu dois déjà être au top. Se faire des cochonneries en solo, c'est la base, je me trompe ? -… Tu ne m'épargneras décidément rien. -Bah quoi, je t'aide. J'ai lu quelque part que les garçons y arrivaient bien mieux que les filles tout seul. -Et vu que tu es une pro de ce coté là. -Je ne te permets pas, sale mioche. -Cochonne. -Coincé de la braguette. -Perverse mal tondue. -Je ne pense pas, la mienne c'est épilation intégrale mon pote. -… non ? Sérieux. Je soupire et coupe la télé. Cette discussion devient trop intellectuellement ridicule pour que je l'associe à mes beaux mâles virils de la télé. -Bon Sam accouche, tu as peur de te planter le moment venu. -… -Tu sais, je pense que Kevin est un mec sympa, il saura comment se comporter. Tu es déjà sorti avec lui non ? -Ouais mais quand même, c'est pas pareil. Lorsqu'on sait ce qu'il y a au bout de la soirée. Ça ne te fait pas flipper toi ? -Non. -Menteuse, tu as répondu trop vite. -Je t'emmerde Sam, je contrôle. Toujours. Un silence. -Tu veux que je te fasse pratiquer ? Là, je n'ai même pas besoin de lui demander s'il est mort, car je l'entends s'étouffer au bout du fil. Et cette fois, je me demande si ce n'est pas avec sa propre salive. Ah… ces derniers temps, c'est fou ce qu'il s'est coincé ce pauvre chou. -Respire Sam, je plaisante. -C'était carrément pourri comme blague. -Je sais, marmonné-je blasée. Je regarde ma montre, m'aperçois que demain je vais encore être à côté de la plaque en cours. Hmm, rien de très inhabituel me direz-vous, mais c'est vraiment pas la classe de jouer la mort vivante parmi les autres pouffiasses de la classe. -Bon, Sam, j'y réfléchis et je te dis ce que j'en pense demain. Ok. -…OK. Je raccroche et songe que mon petit oiseau va bientôt sauter le grand pas. Et moi aussi. Ah… de lui ou de moi, je me demande pour qui je m'inquiète le plus. Je vais pour ruminer encore un peu plus, résignée à bientôt le voir voler de ses propres ailes, quand mon téléphone vibre une nouvelle fois. Ça affiche « Sam ». Encore. -Allô, July ? -Quoi ? -J'y ai réfléchis… pour ton entrainement… c'est d'accord, on se fait ça mercredi. -Hein ? Mais mercredi y'a cours ? Et… -On s'en fout, on sèche, c'est pas le problème. Ça commence mercredi matin, neuf heures, et on fait genre qu'on sort ensemble pour voir. -Heu… c'est qui qui fait la fille ? -Haha très drôle, n'aies crainte, je te garderai pure pour ta première fois. N'oublie pas que c'est toi qui l'as proposé. -Oui oui ok, ça marche. On fait style alors. A demain. -Bonne nuit July. -Ouais, toi aussi. Je raccroche. Mon téléphone reste là, inerte à me contempler pendant cinq bonnes minutes avant que je ne secoue la tête et éteigne la lumière. Wow, je plaisantais en proposant. Qui l'eut cru qu'il le prendrait au sérieux. … Un rendez-vous galant avec Samuel Javanek. … Ça va promettre. … Promis, Je ferais de mon mieux.
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