CHAPITRE 8Il fit irruption chez moi, mal rasé, habillé d’une veste tropcourte et d’un futal en guenilles. D’un coup d’œil furtif et inquisiteur, ilpanoramiqua mon appart’ et s’affala dans mon canapé. Il était venu pour me parler de Scarlett. Il avait la mêmevoix rauque qu’autrefois, faite d’emphase et de brutalité, appuyée par desgestes grandiloquents qui ne clarifiaient pas son discours. Soudain, il souleva sa veste et sortit le Fruit d’une pocheintérieure. J’avais en face de moi un homme et un fruit liés par une sortede cordon ombilical, comme si l’homme, après avoir enfanté le fruit, ne pouvaitplus se dissocier de lui. Scarlett appartenait à Maller. C’était sa chose. Elle était conforme à l’image que je m’étais faite d’elle àtravers les journaux. Elle avait la forme d’une pomme, san

