Chapitre 8 – Des gens propres? Ah, ça oui, on peut le dire! Mary était à Ploubezre, tout au bout de la rue des Fontaines, c’est-à-dire en pleine campagne. Cette fameuse rue se terminait en cul-de-sac par un chemin boueux qui aboutissait à une ferme. La fermière, que Mary interrogeait, prononçait « des gensss » et l’adjectif qu’elle accolait à « ces gensss » ne manquait pas de sel car tout devait être propre aux yeux de cette fermière tant sa personne, sa cour et sa maison paraissaient négligées. Même les vaches qui meuglaient en attendant qu’on leur ouvre la barrière de bois semblaient plus crottées qu’ailleurs, caparaçonnées de tant de boue qu’on avait de la peine à en distinguer la couleur. La femme était courte et large. Un fichu, noué sous le menton couvrait ses cheveux filasse et

