DéclarationS

6172 Words
Petit rappel pour les surnoms : Caprice : l'ange, l'elfe... Gustave : Gus, le lutin... Camille : l'ogre, le colosse, Mika... Noah : Nonichoux, l'apollon... Aby: Georgette... Néant et brouillard. Ma tête ballotte contre le torse de Camille tandis qu'il me sort de la voiture pour me conduire à l'abri des courants d'air qui me glacent. Des bruits de pas me parviennent, mais Camille les fait reculer. Je ne suis pas en état pour leur faire face. Pourtant en dépit des ordres de mon ogre, l'un d'eux ne se laisse pas faire. Et devinez de qui il s'agit ? Bravo, un bon point. -Passe-la-moi, grince froidement Noah. -Je peux la porter jusque dans sa chambre. Des bras tentent de me saisir et je grimace de douleur. -Noah, dégage. Tu ne lui apportes rien à faire l'enfant. -Et toi, tu crois que tu lui apportes quoi ? Pourquoi est-elle dans cet état ? Par l'opération du Saint-Esprit ? -Ce n'est pas de sa faute, soufflé-je doucement, mince filet de son. Camille cède toutefois et j'en déduis qu'il doit se sentir coupable. À mon réveil, il me faudra aller le rassurer. Mais en attendant, je laisse ma tête reposer contre le torse musclé de mon apollon préféré et passe mes bras autour du cou de Noah. Dire qu'il s'agit d'un monstre… Le monstre me conduit jusque dans sa chambre avant de m'allonger sur le lit. -Aby, murmure-t-il en touchant mon front fiévreux, que s'est-il passé ? Un silence. Je suis désolé. Dois-je comprendre qu'il est déjà au courant de toute l'affaire ? Il s'en veut de tuer des gens ? Je secoue la tête. -Je ne veux pas de tes excuses. C'est ma faute. Avant de sombrer dans l'inconscience, je comprends enfin pourquoi il avait « fugué », avant de finalement revenir une fois rétabli. Sans doute était-il malade et qu'une mission lui avait été attribuée. Gentil Noah, qui tente de lutter contre les ordres… Vilain garçon, qui n'a fait qu'empirer la situation… -oOo- Lorsque je me réveille, la pièce est sombre, mais quelques rayons de lumière parviennent à se frayer un chemin jusqu'à moi, luttant contre ces volets démoniaques. La source d'éclairage me révèle que je suis seule sur mon lit, tandis qu'une autre silhouette est assise sur le canapé. J'analyse mon état et constate que je ne suis toujours pas rétablie. Pourtant le pire est passé. Mon bracelet est revenu autour de mon poignet et la clef repose sur la table de chevet. Je ne m'irrite pas de cela, puisque je ne veux pas de ce pouvoir. Je me rappelle vaguement ce que j'ai fait hier sous l'impulsion de la colère, et je frémis à l'idée de ce que j'aurais si facilement pu commettre. Ne pas les endormir par exemple, mais plutôt les tuer. La silhouette remue, mais ne s'approche pas. -Noah ? La question est purement décorative, car je sens qu'il ne s'agit pas de lui. Mon Noah ne se serrait pas assis aussi loin de moi. Trop loin. Il serait allongé près de moi, ou même assis sur le rebord du lit. -Je pense que des présentations s'imposent, lâche doucement l'homme. Inutile. Il ne reste qu'un être dans ce manoir dont il me faille encore faire la connaissance. -Léonard ? -Très juste, jeune fille. Et tu es Abigaël. Aby. -Je préfère Abigaël. L'homme reste sur son canapé, le visage caché, mais je devine qu'il sourit. -Oui, l'on m'a parlé de tes préférences. L'on m'a d'ailleurs beaucoup parlé de toi ces derniers temps. Et j'ai eu matière à songer que tu étais appréciée par mes garçons. Je ne réponds rien. Que dire ? -Et puis, lâche Léonard, tu as découvert nos… contraintes. Hmm, faible mot pour décrire ce qui se déroule dans les sous-sols. -C'est vous qui avez passez le marché. L'ombre hoche la tête. -À l'époque, je ne voyais pas de meilleur moyen. C'était cette « option » ou le bistouri de leurs chercheurs. J'ai visé au plus sûr en attendant une amélioration. -Qui n'est jamais venue. -Certes. Un silence. -Te sauver en le découvrant ne fut pas ta meilleure initiative, reprit-il. Tu nous as fait courir à tous un risque. J'ai d'ailleurs appris qu'il s'en était fallu de peu… Je ne dis rien encore. Ma gorge se dessèche sous l'accusation. Hé, qu'est-ce que j'y peux si j'ai flippé ? Qui serait resté calme ? Je ne vois pas pourquoi ce serait à moi de me justifier… L'homme toussote et je préfère ne rien dire. C'est le grand manitou ici. -As-tu conscience, lâche l'homme, qu'il est fort probable que leurs agents soient à présent au courant te concernant. Vois-tu dans quelle position tu nous mets ? -C'est-à-dire ? -Ils te voudront. Je déglutis. -Mais pourquoi ? L'homme ne répond pas. Inutile, la question était factice après tout. Je suis une femme. La première. À quoi sert donc une femme ? Reproduire ? Ah berk. Ce n'est pas dans mes projets futurs, je m'en passerais s'ils le veulent bien. L'homme remue encore. -Tu n'es qu'une idiote. Et je te le dis tout net, tu as de bonnes raisons de les craindre. Ma tête tourne. Je me sens mal à nouveau. -Qu'allez-vous faire de moi ? La voix se fait plus glaciale. -Il ne sert à rien que tu le saches. Tu verras par toi-même. Je me sens vraiment mal à présent. Ma tête retombe malgré moi contre l'oreiller alors que je voudrais interroger cet homme plus longtemps. -Mais j'ai des projets pour toi. Tu les stimuleras, et par ton sacrifice tu leur donneras le courage nécessaire. C'est bien que mes garçons t'apprécient. Je voudrais hurler de colère. Je ne serai le sacrifice de personne. Personne. Mais mon corps refuse de se faire le porteur de ma furie, et le temps de tourner la tête, le canapé est vide. Est-ce un rêve ? Je n'en suis pas sûre. Plutôt un cauchemar. Et je ne suis guère pressée de le revoir. Trop pragmatique pour moi. -oOo- Lorsque je me réveille à nouveau, Noah est près de moi. Je sens son souffle chaud contre ma nuque mais je ne me retourne pas. Ça fait mal de le sentir si proche sans rien pouvoir faire, je ne le dirais jamais assez. Il me faut rester sage. -Tu te sens mieux ? Je hoche la tête en me redressant. - Ça va. Je connais le phénomène. Noah fait mine de me poser des questions (et oui, je suis dotée d'un sixième sens niveau sujets à éviter) mais je préfère le devancer. Je n'ai guère envie de m'étendre sur la journée d'hier. Ah tiens, en parlant de ça… -Noah, tu t'es absenté durant mon sommeil ? L'homme se raidit, vexé. -Pour qui me prends-tu ? Je suis resté. Je n'ai pas bougé. Je hausse un sourcil inquisiteur. -Même pas pour une pose pipi ? Noah ne répond pas tout de suite. - Ça ne compte pas, je me suis à peine absenté dix minutes. J'approuve gentiment. -La pause pipi donc. -Non. Ohh ! Qu'il est buté. Je lui tapote l'épaule. -T'inquiète, je sais ce que c'est. Mais c'est fini, celui-là ne t'embêtera plus. Noah secoue la tête. -Je n'ai jamais dit qu'il s'agissait de ça. -Hmm et bien dis-le, il n'y a pas de honte. Regarde, c'est facile. Tu as fait une pause ca-ca, articulé-je. Tiens, essaie. Soupir chez mon partenaire de lit (au sens strict du terme malheureusement). -Je refuse de poursuivre cette discussion. Tu es ridicule. -C'est toi qui l'es. Un vrai male assumerait ses besoins primaires. Je me lève et me recoiffe vivement avant d'enfiler le pantalon qui s'était magiquement envolé de mon joli fessier. -Tiens au fait, il faudra que tu me passes un échantillon de ta matière fécale… -Ma quoi ? Je roule des yeux. -Ta merde, si tu préfères. Je voudrais faire des analyses comparatives. C'est exaspérant, tu n'as aucune culture… il faudrait que je refasse ton éducation… -Aby ? -Quoi ? -Pourquoi fais-tu comme si tu ne savais pas ? Je me stoppe dans le boutonnage de mon chemisier jaune pastel et le regarde. Je constate au passage qu'il est légèrement plus pâle que d'ordinaire. Je me souviens qu'il n'a jamais eu de crise jusqu'à présent. C'est pour bientôt, si ce n'est pas ce soir. -Je te prierais d'arrêter de m'emmerder, lui répondis-je. J'ai décidé que je ne voulais pas savoir. Je sais que ce n'est pas de votre faute, que vous n'êtes que des abrutis qu'on manipule à sa guise. C'est votre problème. Je le savais déjà que vous étiez irrécupérables. Je finis de rattacher les derniers boutons. -Tout ce que je demande, conclus-je, c'est de cesser de torturer de pauvres gens, il y a d'autres moyens… Il ne répond rien, et moi non plus. Je refuse de parler des autres moyens. D'ailleurs, je refuse tout net de parler méthodes d'extorsion d'informations. Barbares. -J'ai faim, soufflé-je, et sans autre commentaire, je fais mine de sortir. En deux secondes, Noah se relève et me bloque la porte. Rectification. Il « essaie » de me bloquer la porte. Car on ne bloque pas une Abigaël affamée. Je le tape dans le ventre (pas fort, rassurez-vous, c'est juste histoire de le perturber, puisqu'il ne ressent aucune douleur) et me glisse sous ses bras écartés. -Aby, tu dois te reposer. -Laisse-moi tranquille, il me faut un steak. Il me poursuit dans le couloir mais je m'en moque. Je me suis fait à son coté collant. J'aime ce coté chiant. -Si tu veux, je te le rapporte, ce steak. (Sa voix se fait presque suppliante) Rentre dans la chambre. M'en fous, va te faire voir. Je le connais, comme si je l'avais fait. Mais heureusement, ce n'est pas le cas, je ne voudrais pas être accusée d'inceste en plus de détournement de gay. Là tout de suite, il ne se soucie pas de ma santé, seulement que je ne vois pas les autres. Sauf que, jusqu'à preuve du contraire, je suis libre de vaquer où je veux (sauf les sous-sols…), d'autant que j'ai des comptes à régler avec les autres. Il ne faut jamais rester sur des non-dits. Je rentre dans la cuisine où sont installés les autres. Ils sont sur le point de finir de dîner si je ne m'abuse. Tous s'arrêtent de bouger à mon arrivée. Je me retiens d'inspirer un grand coup pour me donner du courage et esquisse un sourire tandis que je me dirige vers le frigo. -Hello tout le monde ! J'ouvre le frigo dans le silence pesant et en sort un morceau saignant. Parfait. Un instant de plus et je serais tombée en hypoglycémie. Ainsi équipée, je m'installe à table et voit Noah appuyé contre l'embrasure de la porte. Camille me fait un mince sourire, Gustave hoche la tête à mon intention, mais Caprice évite mon regard. Il se sent mal, je le sens. Pauvre Caprice. Une brève vision de ce visage crispé m'apparait, où je revois son expression glaciale, mauvaise. Je cille pour en supprimer le souvenir. Non. Ce n'est pas de sa faute. Il me faut voir au-delà de ce problème. Caprice est mon ange, celui qui materne tout le monde. J'avale un ou deux bouts de mon steak mais le silence devient trop pesant et je décide de prendre la parole. -Je ne nie pas que je suis choquée par ce que j'ai vu hier. Vous aviez raison de me refuser l'accès au sous-sol. J'aurais dû vous écouter. Je respire un bon coup et avale un autre bout de mon steak. Je sais, le moment est censé être pénible mais comme je viens de le dire plus tôt, une Abigaël affamée ne se contrôle que difficilement. -Mais je pense, continué-je, qu'il n'est pas plus mal pour moi de savoir ce qui se passe dans la pièce d'à coté. Je doute de pouvoir le cautionner, mais je peux comprendre. Je ne suis pas complètement butée. Il faut savoir faire des choix difficiles. Gustave me regarde, la bouche grande ouverte. Et oui, qui a dit que je n'étais qu'une chieuse ? Je peux aussi faire preuve de compassion. -Mais je ne supporterai pas de revoir une scène de torture. Vous avez beau avoir vos contraintes, je refuse d'en réentendre parler. Alors débrouillez-vous, mais les connards qui vous manient à la baguette doivent comprendre que vous ne pouvez pas tout faire. Je me sens bête à philosopher sur les règles de l'assassinat. En général, n'est-on pas censé accepter tout ou rien ? Personnellement, je pencherais pour le rien, mais c'était avant de m'attacher à ces monstres. Je n'y peux rien, l'amour nous fait véritablement accepter des atrocités. M'en voudrez-vous ? Les deux télépathes ont sans doute suivi avec méticulosité mon raisonnement logique et pour preuve, Gustave me fait un petit sourire. -Merci Georgette. Promis, je ne torturerai plus personne sous tes yeux. Camille lui envoie une taloche. -Tête de buse. Tu ne tortures plus personne, elle a dit. Compris ? Hochement de tête. J'en reste coite. Je ne m'attendais pas à ce qu'ils prennent au sérieux mes demandes. Qu'ils m'écoutent. Quelle émotion ! C'est rare que l'on m'écoute ici comme ailleurs. Mais là n'est pas l'important pour l'instant. Car Caprice n'a pas accès à mes pensées. C'est lui qui tua un homme sous mes yeux et j'ai l'impression que, s'il pouvait s'enfoncer dans le sol, il le ferait. Une seule solution. Employer des méthodes drastiques. J'avale un autre morceau et me lève pour m'approcher de lui. -Caprice ? Il se tourne vers moi, peu sûr. -Je ne t'en veux pas. Tu n'as rien fait de mal de plus que les autres. Il ne répond pas et baisse à nouveau la tête. Oh mon pauvre petit ange. Celui qui saute toujours en tout sens. Bon là, il me faut vraiment passer au plan « C ». Je le saisis par les épaules et le force à me regarder. -Caprice si tu continues avec cette attitude de tapette, je te raye de ma liste VIP. Il plisse le front. -Et à quoi a-t-on droit avec ce titre ? -À ça. Je le rapproche de moi et l'enlace. Au début, Caprice se fait moue contre moi, mais finalement, il reste fille. Je ne connais aucune donzelle qui puisse résister à un câlin réalisé par mes bons soins. Cependant ce n'est pas très objectif, peu de personnes ont le droit à ce traitement de faveur. C'est pour les VIP. -Tu n'es pas un monstre, soufflé-je, tu es mon ange, et je me moque de ce que tu fais malgré toi. L'étreinte ne s'éternise pas mais je sais que j'ai gagné. Caprice ne peut résister à une étreinte. Jamais. Je peux tout obtenir de lui. Conseil pour vous les filles héhé… Restons sérieux. Je ne conte pas la soirée qui se déroule étrangement, entre gaieté et retenue, puisque chacun reprit ses marques après les dernières nouvelles. Je ne quittais pas pas les bras de Caprice de la soirée, et dus finir mon steak lové contre lui. Je comprenais. Caprice avait dû se sentir si mal, tellement à craindre que je le rejette (ce que j'ai effectivement fait au passage), qu'il lui fallait maintenant compenser. J'aime tout particulièrement sa façon de discuter avec les autres en me triturant les cheveux, ça me rappelle mon enfance auprès de ma mère. Gustave me rapporta deux autres steaks et Camille un mouchoir. Semblerait-il que je suis une cochonne, et le sang me macule constamment le menton. Hihi, un vrai monstre, parmi ma famille de monstres à moi. Je les aime. Camille m'ébouriffe les cheveux. -Nous aussi, on t'aime. Noah se renfrogne encore plus dans son coin, et je regrette qu'il ne fasse pas davantage d'efforts. Il suffirait qu'il vienne s'assoir près de moi et Caprice qui me tient, et la soirée aurait vraiment été parfaite. Mais c'était sans compter sur Gustave et Caprice qui voulurent savoir les raisons de ma brusque maladie. Je leur étalai donc mes brillantes recherches, et le phénomène de pénétration, et tous se montrèrent particulièrement intéressés. Sauf Noah. -Quel est le rapport avec ta maladie ? s'enquit ce dernier avec méfiance. Je ne vois nulle raison de ne pas répondre. Je leur explique mon moyen pour calmer les maux de mon ogre, et Gustave, pour lire directement l'information dans ma tête et celle de Camille, lâche un hoquet. -Wow ! -Quoi wow ? lâche Caprice et Noah en même temps. Gustave se tourne vers Camille les yeux brillants. -C'était vraiment comme ça ? Camille soupire tristement. -C'était même mieux. Elle embrasse réellement bien. -Quoi ? Toujours Caprice et Noah. Quoique plus fort chez ce dernier. Ils sont vraiment synchrones ces loustiques. Je rougis et préfère expliquer la situation à ma manière. Sinon ils vont s'imaginer des choses. -C'était un baiser purement technique. Nécessaire. Ma théorie reposait sur une pénétration tactile. N'est-ce pas Camille ? Celui-ci hoche la tête, silencieux. -Et le principal reste le résultat. Il y a effectivement transfert de maladie lorsque la pénétration est prononcée. Caprice ne dit rien, mais se tourne vers Camille d'un air concentré. -Oui, lâche celui-ci. Nouvel air concentré de Caprice. -Oui, soupire Camille, presque mélancolique. -Mais qu'est-ce que vous dites ? -Si tu as mis la langue, me répond automatiquement Gustave avant de se taire brusquement sous le regard furieux de Caprice. Bah quoi, je ne vois pas l'intérêt de le cacher ! L'elfe laisse brièvement errer son regard sur un Noah plus sombre que jamais, et Gustave semble comprendre. Pas moi. En quoi cela gênerait petit Noah ? Je rumine ceci. Nous ne sommes pas ensemble. Et il n'y a rien de mal dans le fait d'aider un ami à ne pas tuer. Il peut comprendre, j'en suis convaincue. -Abigaël ? Je relève les yeux vers Gustave, avant de plisser les yeux, méfiante. -Qu'est-ce que tu veux ? Camille grogne mais Gustave s'éloigne de lui pour s'approcher de moi. -Qui te dit que je veux quelque chose ? -Tu ne m'appelles Abigaël que lorsque tu veux me quémander un truc… -Tu as raison. Très forte. Il semble réfléchir et reprend. -J'ai cru comprendre que tu étais venue nous voir, moi et Caprice, afin de nous demander si cela se passait ainsi entre nous. Il jette un regard vers son compagnon qui semble comprendre. -Oui, c'est vrai quand on y pense, souffle Caprice. Je me disais bien qu'il y avait un léger choc électrique lorsque nous faisons l'amour. -Caprice, grimace Gustave. Ne le dis pas si franchement. -C'est toi qui me demande mon avis… en tous cas ce n'est pas si remarquable. Et puis nous ne le faisons pas malade, tu te doutes bien que nous ne sommes pas en état pour supporter un apport supplémentaire de chaleur. Je souris. Sa façon de parler de rapport sexuel est si belle, si spontanée. Je l'envie d'aimer quelqu'un avec tant de naturel. Mais cela ne m'aide pas dans mon étude. -Ce que je veux dire, continue petit Gustave, c'est que ce qu'a ressenti Camille ne correspond absolument pas à ce que moi ou Caprice connaissons. Peut-être est-ce différent d'une personne sur l'autre. Il marque un temps que je sais être parfaitement stratégique. -Accouche, Gustave. -Je pense même, finit-il, que ça pourrait être différent lors d'une « pénétration » homme femme. Je songe à cela. Hmm, Intéressante théorie. -Et qu'en penses-tu ? Qu'il faut faire des tests ? -Exactement. Et brusquement, je saisis la teneur de ses pensées. Je lui fous une claque. -Mais t'es un malade ! -Mais non, lâche le lutin sans paraitre autrement affecté par mon soufflet, c'est pour la science. Il croise les bras. Si vraiment tu veux aider l'humanité, il faut y mettre du tien. D'autant que tu as le devoir de nous éduquer. Fais en sorte que nous ne restions pas de jeunes créatures vierges de toute trace féminine. - Tu as raison de préciser, marmonne Caprice derrière moi, parce qu'il ne reste plus grand-chose de vierge chez toi. -Tais-toi, Caprice, c'est sérieux. Je le scrute, mais presque involontairement je laisse couler mon regard sur Noah. Est-ce qu'une expérience l'intéresserait ? Visiblement non à l'aspect constipé qu'il affiche. Je crois bien que je ne l'ai jamais vu aussi rigide. Tant pis pour lui. Je retourne mon regard vers le lutin, mais ne peux oublier la pointe de douleur que le refus évident de Noah me provoque. -Caprice ne va pas être d'accord, soufflé-je. Science ou pas tu ne peux p… -Ça ne me dérange pas, lâche gentiment Caprice en me triturant les cheveux. Si ça ne te gêne pas, ça lui fera au moins une petite expérience en plus. D'autant que j'ai confiance en toi. Tu es sans doute la seule femme que je laisserais approcher Gus. Bêtement, je me sens flattée. -Merci Caprice. Je m'approche de Gustave, très sérieuse, mais jette un rapide coup d'œil à Noah. Celui-ci reste impassible, froid comme du marbre. Sale con. Le baiser fut rapide, légèrement électrique comme l'a si bien caractérisé Caprice. Je lui trouve toutefois un goût légèrement moins fort que celui de Camille, à moins que ce ne soit le goût de sang que j'ai dans la bouche qui ait atténué l'effet. Gustave en reste pourtant extatique. -Alors ? Le questionne anxieusement Caprice. (Je comprends qu'il s'inquiète, il a beau me faire confiance, la concurrence lui fait toujours aussi peur !) -Silence, marmonne Gustave les yeux fermés. Je suis en train de graver ce moment dans ma mémoire. -À ce point ? -Vas-y Caprice, lance-t-il toujours concentré. Tu n'as qu'à essayer. Je devrais être vexée par le coté quasi expérimental que vient de m'accorder Gustave, mais j'en suis au contraire très fière. Je l'ai bien dressé. Et puis c'est effectivement une expérience. Et le résultat est qu'effectivement, il y a léger transfert, quoique plus ou moins fort selon les deux personnes concernées. Maintenant la confirmation. Le baiser avec Caprice est plus doux, ce dont je suis assez surprise. Je connais son coté maternel, mais je sais qui domine sous la couette. Et là, le goût est davantage prononcé, le choc électrique plus vif, piquant, agréable. Lorsque je m'éloigne, Caprice secoue la tête avant de faire la moue. -Gustave, j'espère que tu as bien profité, c'était la première et dernière fois. Caprice m'adresse un sourire. Mais c'est vrai que c'est très agréable. Dommage que tu ne sois pas plus viril, nous aurions pu tester d'autres moyens de pénétration. -Caprice, s'horrifia Gustave. Et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je me retrouve expulsée des bras de Caprice, Gustave entre moi et mon ange. Un coup d'œil m'indique que Noah est parti de la pièce. Caprice lâche un soupire. -Gus, tu es ridicule. Celui-ci me défie un instant et je reste frappée par ce coté animal. Pervers va. Heureusement que Camille me rapproche de lui d'un bras protecteur. Puis Gustave semble retrouver la raison et devient tout confus. -Désolé Georgette, ça doit être l'instinct de marquage. -Marquage ? soulève Caprice. Le lutin se tourne vers l'ange, et pour la première fois depuis que je suis ici, je vois réellement le couple comme tel. Ce regard si doux. Je ne savais pas que Gustave pouvait en être capable. Le contraste avec la veille est si fort que ma gorge se noue. -Oui, lâche Gustave en se tournant vers son amant. Et je te le dit tout net, si ce type d'expériences te provoque ce genre de réaction, c'est fini pour toi aussi. Caprice sourit, et Gustave se retrouve tout près de lui. -Tout ce que tu voudras Gus. Un nouveau baiser, une signification totalement différente. Leurs lèvres s'effleurent à peine ici, mais la douceur me fait l'effet d'un raz-de-marée. Ah, c'est donc ça l'amour… -oOo- Il est si tard. Je me sens si fatiguée. Toutes ces embrassades sans doute, ou simplement le contrecoup de la maladie. Mes pas me guident naturellement vers la chambre de Noah, mais étrangement, j'hésite. Je n'aime vraiment pas me sentir en froid avec lui, surtout que je n'ai strictement rien fait de mal ! C'est le comble tout de même, depuis quand la fille a-t-elle à se justifier ? Il est puéril de ma part de croire qu'il m'en veut de mes « expérimentations ». C'est un grand garçon, il sait qu'il n'y a rien. Au pire, je peux toujours m'excuser d'avoir osé toucher ses proies, quoique cette idée me parait de plus en plus saugrenue après avoir vu Caprice et Gustave ensemble. S'intéresser à eux ? Mais ils sont soit pris et bien pris (Caprice et Gustave), soit hétéro (Camille me l'a confié un jour, je ne me souviens plus exactement dans quelles circonstances… il était en train de me peindre me semble t-il, à vérifier !) à moins bien sûr qu'il ne se soit fait une raison les concernant… Le mec cool ! Hmm ça ne colle pas. Je reste à contempler la porte de Noah, et me dis que peut-être, je devrais aller dans ma chambre. Je ne connais pas Noah malade (ce qu'il sera à coup sûr cette nuit) si ce n'est lors de notre première rencontre, et j'ai trop peur qu'il me repousse, ce serait trop douloureux. Je n'ai qu'à aller dans ma chambre, si lugubre, si froide et s'il veut vraiment de ma présence il viendra me chercher. Enfin… j'espère. Je n'ai pas même le temps de repartir vers ma chambre inoccupée depuis longtemps, que la porte s'ouvre brusquement pour laisser passer un Noah, poings serrés, mâchoire saillante. -Qu'attends-tu pour entrer ? Ouh la, la soirée s'annonce mal s'il me parle sur ce ton. Je ne suis pas son paillasson. Je rentre toutefois dans sa chambre et repousse le fait que je suis soulagée de ne pas dormir ailleurs. Question d'habitude, voyez-vous ? C'est tenace, et l'on ne peut rien y faire… J'avance de quelques pas et la porte se ferme derrière moi. Une lampe de chevet a été allumée et je constate que Noah s'est quelque peu calmé. Il ne me faut pas le brusquer, il peut être insupportable lorsqu'il s'y met. Pire qu'un gosse. -Tes expériences ont été concluantes ? Le ton est impassible et j'ai peine à croire de l'avoir vu si furieux un instant plus tôt. Pourtant son visage trahit une légère tension. Bon, si ce n'est qu'une « légère », ça va. Autant continuer la conversation pour éviter tout malentendu. Le meilleur remède réside toujours dans la discussion, l'on ne le répétera jamais assez. -Oui, plutôt. C'était assez instructif. Ma théorie selon laquelle… Noah se rapproche de moi. -Je m'en moque, Aby… Pff, il se moque toujours de tout, de toute façon, un vrai ignare. -Aby, es-tu consciente que tu viens d'embrasser deux garçons dans la cuisine ce soir ? Je le regarde dans les yeux, la tête penchée vers le haut comme je déteste (question d'orgueil) et me mords la lèvre. Et voila, je savais bien qu'il était puéril. -Je sais Noah, mais c'était purement expérimental. D'autant qu'il n'y rien de plus avec eux. Vois ça comme un geste affectueux entre de bons amis… J'ai à peine le temps de finir ma phrase que le monde valse autour de moi et je me retrouve jetée sur le lit, l'homme sur moi. Son souffle est brulant contre ma peau, et je me sens quelque peu effrayée, quelque peu excitée. -Qu'est-ce que tu fous, Noah ? Ce dernier m'arrache mes lunettes du nez. -Tu me rends fou, lâche-t-il d'une voix presque saccadée. Ne fais pas ça avec tout le monde ! Et il m'embrasse violemment. Comme ça. Sans avertissement. Ni préparation. Un manque évident de manières, si vous voulez mon avis. Mais sur le coup, je crois que je reste trop prise pas les événements pour même réfléchir. Ses lèvres sont chaudes contre les miennes, et si douces malgré la dureté du baiser. Ma tête me tourne et un millier d'étincelles crépitent dans mon cerveau, comme pour me dire « alerte, alerte, risque d'explosion imminent ! ». Finalement, il s'éloigne, et j'halète un moment avant de reprendre mon souffle. Je crois bien que j'ai participé activement au baiser. Wow ! J'en reste toute chose. Mais Noah me regarde et il me faut parler, avant que ça ne dégénère. -Et bah voila, j'espère que tu es satisfait. Maintenant j'aurai vraiment embrassé tout le monde. En réponse, Noah m'embrasse une nouvelle fois, presque désespérément, et je suis une fois de plus trop surprise pour répondre. Mais… mais… c'est un gay, non ? Je n'y comprends plus rien. Ma tête se vide à vitesse grand « V » et je frémis lorsqu'il laisse errer ses mains sur mes hanches. Ça ne va pas du tout. Pas comme ça, Abigaël a besoin de préparation. Je l'aurais bien repoussé, mais heureusement, il se relève avant que je ne trouve la force d'agir (l'aurais-je seulement eu un jour ?). Je me mets sur mes coudes et, le temps de reprendre mon souffle, Noah s'est pris la tête entre les mains. -Je n'en peux plus, l'entends-je gémir. Je n'en peux plus. Je me redresse tout à fait sur les genoux, et m'approche tandis qu'il se tourne vers moi. -Je n'en peux plus de devoir te partager. J'ai essayé, je te jure que j'ai essayé de faire comme si de rien n'était, mais c'est trop dur. Tu me fais mal, Aby, et j'ai l'impression que tu t'en moques éperdument. Je plisse le front. -Bien sûr que non, je ne m'en moque pas. Mais… tu es gay non ? Noah relève la tête brusquement, surpris. -Qu'est-ce que tu racontes comme conneries, Aby ? -Mais… Caprice, Gustave… Noah me regarde fixement avant de se reprendre la tête à pleines mains. -Je me demande bien pourquoi je me rends malade, l'entends-je grincer, tu n'es qu'une idiote. -i***t toi-même. Mais ce faisant je constate mon erreur. Il ne serait pas gay alors ? Toutes mes suppositions seraient archi-fausses ? Je me sens bête, ultra bête, mais la joie efface instantanément cette sensation. Ok, Abigaël est une idiote. Juste pour cette fois. Mais quelle idiote chanceuse, ne trouvez-vous pas ? -Le pire, lâche encore Noah, perdu dans son malheur ridicule, c'est que tu as embrassé tout le monde. Et je dis bien tout le monde. Sauf moi. Je m'approche, mais hésite à lui sauter dessus. Le plaquer contre le lit, profiter de son statut d'hétéro jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Non, reste sage Abigaël. -Tu n'avais qu'à le demander. Je t'aurais fait participer avec plaisir. -Ce n'est pas drôle, Aby. -Je sais. Mais surtout, je pense que c'était gênant. Je hausse la voix, sur la défensive. Après tout, tout laissait penser que tu étais gay… -Gay… il marmonne ces mots, aigri. Quel vieux grincheux quand il s'y met. Ne se rend-il pas compte que je bouillonne à coté de lui ? Eh ho, je suis là. Bon, utilisons les grands moyens. -Mais j'ai préféré avec toi, soufflé-je. Tu es le premier après tout, (et oui souvenez-vous le soir de ma contamination) et c'était très bien fait. Noah fait la grimace. -Quel compliment Aby, tu me soulages beaucoup. Snif, mais il était bien, mon compliment, pourtant. Bon, plan de secours numéro deux. (J'en ai plein pour si celui-ci foire) Je le prends par les épaules, un peu comme avec Caprice quand on y songe et… aïe, mon but premier était de l'embrasser version fougueusement, mais je reste tétanisée devant ce regard de braise. Help ! Je me consume ! M'a-t-il toujours regardé comme ça ou est-ce le principe de la déclaration qui veut ça ? Allez, courage Abigaël ! Il ne suffit que de jeter ton orgueil aux orties. Argh ! Une torture ! -Moi non plus je n'aime pas devoir te partager, murmuré-je d'une voix inaudible. Ah je suis fière de moi. Une vraie pro. -Pardon ? Je relève les yeux pour voir Noah perdu. Ohh… ne me dites pas qu'il n'a pas entendu parce que je pète un câble. -Ne me force pas à répéter. Si tu as les oreilles bouchées, c'est ton problème mon pote. Noah se contente de plisser le front avant d'esquisser un sourire. J'en fais un bug cardiaque. Est-ce possible ? Je n'étais pas au courant. Ça peut être dangereux, il faudrait que je lui demande de sourire moins souvent. Encore que… je devrais pouvoir tenir le coup. Avec de l'entrainement, tout est possible… Il lève une main vers moi et, timidement, doucement, il me remet une mèche en place. Ce geste peut paraitre anodin, et il l'est, nous concernant, mais c'est la première fois qu'il le fait alors que j'envisage qu'il pourrait être à moi. La douleur se fait brutale, et je veux qu'il soit à moi. La pulsion m'assaille et est-ce cette merveilleuse maladie ou moi qui me décoince, mais je lui saute dessus. Il me tient serrée contre lui un moment, puis m'allonge sur le lit. Et lorsqu'il se redresse, c'est sûr, j'ai loupé minimum trois battements. Il est beau. Magnifique. Sublime. Ses cheveux courts brillent dans la lumière de la pleine lune et son corps athlétique m'apparait clairement tandis qu'il ôte son t-shirt d'un geste. Son nez, sa bouche, je veux tout. Et son regard. Si doux, si simple, si intense, je pourrais mourir dans la minute que je n'aurais rien loupé, mon cœur est déjà rempli. Faible chose que je suis, je risque de claquer entre ses doigts si nous faisons réellement ce que je crois que nous ferons… mais je n'ai pas peur. Au contraire, je l'attire une nouvelle fois à moi et c'est enfin moi qui l'embrasse. Le baiser est plus doux, moins rude, mais je m'enflamme, lui aussi, et nos corps se frottent rapidement l'un à l'autre, tandis que nos langues se découvrent, se rencontrent, se caressent. Tandis qu'il me retire mon chemisier (encore), je songe que je ne me suis pas épilée depuis un bail. Bof après tout, il le sait déjà, sauf concernant la touffe sagement cachée derrière ma culotte la petite sirène. Mes doigts touchent son torse, l'explorent, et je m'aperçois que je m'en moque. Il n'est pas à une touffe-pas-faite près. Les étincelles annihilent totalement mes pensées et je suis sûre que le phénomène vient de lui. D'où ma nouvelle théorie. Le transfert de maladie varie selon les sentiments qu'éprouvent l'un et l'autre. Tristesse que je ne ressens d'ailleurs pas mais je me moque de la science là, tout de suite, et je laisse mon souffle erratique frémir tandis qu'il me touche de façon plus prononcée encore que précédemment. Mes hanches, mon dos, mon bassin (ah ca devient vraiment intéressant). Mais brusquement Noah est pris de tremblements et s'effondre presque contre moi. Il s'allonge à mes cotés et reprend son souffle tremblant. -Aby, je crois que je suis malade. Je fais une crise. Je grimace. Non ? Sans blague, c'est marrant, j'ai eu la même impression. -Pas grave, répliqué-je, ça ne nuira pas à la manœuvre. Noah me regarde, les yeux emplis de désir (dois-je préciser que quelques battements de cœur trépassent là aussi ? Il faudrait que j'en parle à un médecin, histoire de vérifier si c'est dangereux) mais brusquement ses yeux se ternissent. -Non, je ne veux pas le faire dans ces conditions. Sa main brulante vient effleurer mon visage en une langue de feu, qui me parcourt avidement de la tempe au menton. -Je ne veux pas te contaminer. Je sais quel effet ça te fait. Je lui dirais bien que je m'en moque mais il met un doigt sur mes lèvres. -N'insiste pas, je ne veux pas. Il ferme les yeux et se met sur le dos pour regarder le plafond tout de blanc repeint. -Pars. Alors là, dans tes rêves mon pote ! -Non. Noah soupire et un frisson plus violent qu'un autre le secoue. -J'ai peur de faire quelque chose de mal. Pire, quelque chose qui ne te plairait pas. Je ne veux vraiment pas, Aby. Je sais que si je le fais, je pourrais me montrer extrêmement brutal. Brutal ? Lui ? Laissez-moi rire. Je m'approche de lui et caresse son front ruisselant. -Fais, et j'aviserais. Il grogne, méfiant et je lâche un soupir agacé. -Ok jeune prude, je te forcerais à ne rien faire. D'ailleurs ne me touche plus. Il m'embrasse et je secoue la tête, souriante. -J'ai dit ne me touche plus. Ce soir, tu es à moi. Je me colle à lui et le fais profiter de ma fraicheur. -Et ce soir, Abigaël a décrété que tu ne ferais rien. Noah soupire, presque triste malgré sa demande, et vient se pelotonner à moi. -C'est bien, gentil garçon. Sa main vient m'effleurer les hanches et je fixe la lune, concentrée. Du calme Abigaël. Il ne reste plus qu'environ neuf heures à tenir. Reste calme. Il me faut veiller sur la vertu de celui que j'aime après tout.
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