Découverte d'un monde bienveillant sous un monde malfaisant.

1498 Words
    Le lendemain, je me réveille doucement mais sûrement. Il doit être aux alentours de dix heures du matin et l'homme d'hier revient me voir avec son amie. Il se présente alors à moi car il ne m'avait jamais dit son nom, ni hier car j'étais épuisée ni la première fois qu'on s'est vu, car j'ai mis trop rapidement un terme à la discussion. Il s'appelle Matthew Dubois, et elle c'est Nora Martin.      Ils décident de me laisser m'habiller tranquillement, avec l'aide de l'infirmière car ils ont quelque chose d'important à me montrer. Ils reviennent dix minutes plus tard, avec un fauteuil aéro-gravitationnel pour que je puisse me déplacer sans gêne. Il me fait faire alors une visite guidée des catacombes où nous étions, également appelées : « La Tanière ».      Ce n'est ni froid, ni humide comme des égouts traditionnels comme je le pense alors. Et le principal, pas de rats à l'horizon ah ah ah ! Ma phobie due à mon traumatisme plus tôt dans le bunker refait surface ostensiblement dans ces souterrains. Au contraire, tout est lumineux. Il fait chaud et bon vivre.      Il m'explique donc que nous sommes cinq cents personnes à vivre ici et que le nombre augmente peu à peu à cause de l'extermination extérieure massive des derniers rebelles restants. La végétation recouvre une grande partie du souterrain, comme si nous sommes au milieu d'une jungle.      De nombreuses pièces, avec un nombre interminable de dédales de couloirs font des kilomètres à la ronde, et il y a plein de champs de culture de céréales, de fruits et de légumes pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Ils sont auto-suffisants et survivalistes en ces temps de crise difficiles et ne montent que rarement à la surface, sauf quelques cas désignés à tour de rôle pour monter la garde.      Mais aussi pour aller chercher des médicaments et autres outils nécessaires aux soins, à la culture des plantes et autres objets du quotidien. Seuls les plus forts et les plus rusés d’entre eux sont désignés au tirage au sort, pour exécuter cette tâche des plus périlleuses.       C'est trop risqué de sortir avec l'ombre maléfique qui plane alors au-dessus de nous à ce moment-là. C'est lui qui a découvert et créé cet endroit qu'il a appelé « La Tanière », c’est son jardin d’Eden à lui et aux autres souterriens ici. Il est le premier rebelle à avoir atterri ici, dix ans auparavant, pendant la guerre mondiale contre les humanoïdes.      Il a été propulsé ici à cause d’ondes de chocs des explosions et a commencé à construire à l'aide d'autres partisans rebelles, ce havre de paix souterrien. Il est tout de même remonté à la surface entre temps pour chercher sa famille désespérément, pour pouvoir la mettre en sécurité. Mais quand il arrive devant sa maison, il ne trouve donc que ruines, cendres, poussières et dévastation...      Ainsi que des remords, d'énormes et insoutenables remords qui le font culpabiliser de ne pas avoir été là à temps. Des remords qui le tenaille de part en part entre deux étaux, depuis toutes ces années passé ici… De ne pas avoir pu les sauver et que lui vive et eux non...      Sa famille a été massacrée et il s'est promis et juré sur sa vie de sauver les siens qui croiseraient son chemin : la race humaine, d'abord en venant en aide à ceux comme lui qui ne sont pas en sécurité à la surface et ont tout perdus. Ceux qui en ont le plus besoin. Qu'ils soient en bonne santé, vieux ou jeunes, malades, mourants, meurtriers ou bien innocents.      Ils les recueillent tous sous son toit, car même la violence est bonne à prendre dans un monde où plus personne n'a rien à perdre... Dans un environnement où l'apocalypse est en marche. Les rebelles souterriens et les non-implantés ont une épée de Damoclès qui pèse sur eux et leur fardeau est plus grand que celui de quiconque...      De plus pour combattre des monstres, ne faut-il pas sois même en devenir un momentanément pour faire rejaillir au fond de nous tous, tout le mal qu'on nous a fait et pouvoir ainsi se venger ? Telle est sa devise, œil pour œil, dent pour dent...      Ils ne les laisseraient pas s'en sortir aussi facilement, sans les faire d'abord payer un maximum et libérer ainsi l’humanité prisonnière de fausses promesses d’une éternité factice. Il donne un nom à cette communauté illégale et hors-la-loi qu'il bâtie, les « Souterriens ». C'est comme ça que les non-implantés vivants dans la Tanière se nomment.     Ces souterrains me donnent une impression étrange, c'est comme si nous sommes dans un monde en dehors du temps et de l'espace à l'intérieur d'un autre monde. Mes enfants me manquent et je ne souhaite pas vivre sous terre éternellement.      Mais je me dois d’y rester pour le moment, pour ma propre sécurité et pour me remettre tranquillement de mes blessures, qui sont quand même assez graves et conséquentes... Ça risque de me prendre beaucoup de temps avant que mon corps ne soit totalement rétabli, vu l'ampleur des dégâts...      AAAAHHHH, ça me désespère d'être dans cet état de légume, même si cela n'est que temporaire. Incapable de faire quoi que ce soit par moi-même… C'est super douloureux, même si on m'injecte souvent de la morphine ou des anti-douleurs dans le sang, je le sens bien passer...      Et je peux à peine bouger, même dans ce fauteuil qui se déplace facilement.     Il faut qu'on trouve une solution pour annihiler définitivement ces implants. Nous avons gagné la bataille mais pas la guerre. Nous devons nous y préparer ardemment et pour cela mettre en place un plan d'attaque...      Nous sommes proches du but, mais encore faut-il que nous ayons l'état d'esprit de combattant. La guerre est inévitable, ce n'est qu'une question de temps à présent…               Nora et Matthew continuent à me faire faire le tour du propriétaire des lieux. C'est si grand et si vaste que cela n'a vraiment rien à voir avec des égouts. C'est tellement lumineux et chaleureux qu'on s'y sent comme chez soi. Cette idée me réconforte un peu, moi qui maintenant n'en a plus du tout là-haut...      Mais je pense que je vais me sentir comme un coq en pâte ici. Ils me montrent les différentes pièces des galeries souterraines, du coin réfectoire avec la cuisine et les nombreuses tables et chaises sculptées directement dans la roche en passant par les sanitaires et salles de bain.      Celles-ci sont d'ailleurs composées d’une immense source chaude d'eau pure, où les gens d'ici viennent s'y baigner et se laver. La chaleur envahit les lieux et forme un voile humide et étouffant. On a du mal à respirer quand on n’y est pas habitué, comme moi d'ailleurs. Je commence à tousser, on part donc rapidement à la suite de cela.      J'aperçois également les nombreux champs de vergers et de culture de céréales : blé, orge, maïs, seigle, avoine, sorgho et triticale. Juste à côté dans d'autres galeries, des vergers et des potagers à perte de vue, il y en a tellement qu'on ne sait plus où donner de la tête.      Ça me laisse complètement pantoise ! Au-dessus de chaque galerie où il y a les cultures ainsi que les vergers et potagers, il y a d'immenses trous béants au niveau du plafond des cavernes. Ils permettent de laisser passer la lumière du jour pour que les plantes puissent pousser grâce à la photosynthèse. Mais grâce à un système ingénieux de poulie, de cordage et de métal créé à partir d'alliage renforcé manuel, on peut fermer et dissimuler les trous pour que personne à la surface ne puisse trouver ou voir ces galeries.      De plus, eux-mêmes sont cachés sous des monceaux d'herbe de la plaine se trouvant au-dessus de nous. On ne les ferme que s’il y a quelqu'un à l'extérieur de visible qui peut découvrir cet endroit secret. Ensuite, pour l'électricité intérieure, il y a des panneaux solaires reliés à un système électrique complexe.      Qui lui-même, aboutit à un générateur de secours par d'énormes tuyaux en métal qui parcourent les dédales de couloirs sur le plafond, sauf là où les champs sont placés bien-sûr. Là, ce n'est pas éclairé puisqu'il y fait jour la plupart du temps.      Donc pas d'électricité dans ces zones. Enfin, au cas où on se fait repérer et à découvert, un moulin à eau automatique remplace les panneaux solaires. Il est aussi directement relié à un autre générateur et est alimenté grâce au courant de la Seine, enfin de sa source.     Du courant, il y en a énormément à cet endroit, donc il faut être très prudent et faire très attention quand on doit y aller. Par mégarde, on peut se retrouver entraîné dedans et finir par soit y mourir noyer, soit empalé sur les rochers en-dessous de l'immense chute d'eau qu'il y a plus loin en bas...                                     
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD