Reprenant peu à peu ses esprits, elle téléphona, des larmes dans la voix, toujours prostrée sur l’agenouilloir, à sa fille Marie-Lou et à Pierre l’aîné des trois enfants, habitant tous les deux à Limoges, puis à Jean-Joseph, parti tôt au centre équestre, pour les informer brièvement de ce qui venait d’arriver à leur père. Elle eut du mal à se relever du prie-Dieu, alla dans la cuisine pour fermer le gaz qui tenait au chaud le repas, dénoua son tablier et se mit à réunir dans un sac de sport ce qu’avait demandé la voix de l’hôpital. Les gestes qu’elle accomplissait, devant la fenêtre s’ouvrant sur les ruines noircies de la scierie en cours de démolition, lui donnaient le sentiment qu’elle organisait le déguerpissement de son mari de la maison. Ses mains tremblaient légèrement, elle ne s’en

