Chapitre 5

1066 Words
(SAVANNAH) À notre arrivée, je me suis faufilée dans ma chambre. J’ai explosé de rire en ouvrant mon sac : Élliott y avait glissé mon vibro… J’adore mon frangin, je l’aime comme une folle, ne pas l’avoir avec moi, c’est comme ne plus avoir de souffle. Avoir pu le voir pendant trois jours, c’était un précieux cadeau mais aussi la preuve que Léo ne mentait pas… Ma louve frissonnait encore du contact de mon frère. Elle reconnaissait l’odeur de la meute, ce sentiment d’appartenance oublié. Fallait qu’on trouve un moyen de communiquer. J’ai récupéré le livre pour apprendre à signer, lui ai glissé un marque-page en espérant qu’il pige l’allusion et lui ai posté. J’ai passé quasi toute la semaine à la bibliothèque pour trouver des livres à lui envoyer… Compliqué, fallait que ce soit discret et pertinent… Un jour, Léo m’a surprise dedans, à sa tête j’en ai déduit qu’il découvrait les lieux. J’ai ri en le regardant. En fait, depuis qu’on est rentré, il n’a fait que se balader partout avec une carte… Pourquoi ? Ça m’a rappelé mon ancienne maison. J’ai voulu y retourner pour tenter de faire la paix avec mon premier démon. À la place, c’est lui que j’ai trouvé là-bas, et au final, c’est moi qui lui ai fait une p****n de visite des lieux… Sans déconner ! Qu’est-ce qui l’intéresse ce mec ? En même temps qu’il emménageait dans l’ancien bureau de Jasper, moi j’emménageais dans son ancien appartement… Ça m’a fait drôle au début, mais il avait soigneusement retiré toutes ses affaires et déposé les miennes. Je jubilais. J’avais enfin une baignoire ! Enfin… Il manquait le bouchon du bac… p****n la poisse ! J’ai cherché comme une folle dans toutes les autres chambres… Aucun, p****n, aucun ne s’adaptait dessus ! Et bien sûr… aucune autre f****e baignoire. J’ai essayé de la boucher avec des vêtements, du papier, n’importe quoi, jusqu’à la boucher entièrement et ne plus pouvoir la vider… J’étais déprimée et dégoûtée à l’idée de l’appeler au secours. Il a explosé de rire en entrant, a tout réparé et m’a gratifiée d’un sourire que je connais trop bien. Mon sourire. Celui que je fais quand je touche au but. « Tu sais… chez moi il y en a une… et deux autres chambres aussi… je ne sais pas pourquoi… » Il a claqué la porte en me lâchant ça. Putain l’enfoiré ! Il a deviné ? J’ai ri comme je n’avais jamais ri depuis longtemps. Celui-là n’appartenait qu’à mes amours, mais là… bordel, c’était bien joué ! Je ne me suis pas dégonflée, j’ai continué, la bouchant complètement à chaque fois… Et il est revenu à chaque fois en riant. C’était amusant en vrai. « Trésor… tu sais que ma fonction ici n’est pas plombier ? » « Rends-moi le bouchon alors… » Il a ri et embrassé mon nez. « J’vois pas de quoi tu parles… » Puis il est parti. J’avoue, ce jeu me plaisait beaucoup ! J’ai toujours emmerdé les gars au camp et joué des tours. Les mecs ici sont moins… accessibles disons. Alors avoir du répondant avec Léo me rappelait un peu la maison et Élliott… C’était moins difficile. Mon frangin avait pigé mon message, et parfois je le voyais à la caméra signer un je t’aime ou tu me manques. J’étais fière de lui. Tom aussi s’y mettait, lui… il m’envoyait des cœurs avec ses mains. Je pleurais à chaque fois. On s’est échangé plusieurs fois des livres. Léo n’a jamais posé de question, ni même ouvert un seul bouquin… De toute façon, ce qui comptait, ce n’était pas le livre, mais le marque-page. Parfois certains paragraphes étaient surlignés ou de simples mots… Je reconnaissais ceux de Tom et ceux d’Élliott. Leur pertinence et leur sens n’étaient pas les mêmes. Le système fonctionnait. Je pouvais commencer à leur envoyer de vraies infos. Mais avant… il fallait que je comble le vide que j’avais créé… J’ai rebouché ma f****e baignoire. Il est revenu et m’a rendu mon bouchon. J’ai boudé, il en a ri. « Un problème, trésor ? » J’ai haussé les épaules. Comment je vais jouer, moi, maintenant ? M’enfin… premier vrai bain, enfin ! Je me suis installée. Ça ne faisait pas si longtemps que ça… Seulement trois semaines que je l’avais vu. Mais le souvenir de ses doigts, sa peau, ses lèvres… ça m’a mise dans tous mes états. Et mon frère prévoyant m’avait comblée… Putain, je ne savais pas que ça ne pouvait pas aller dans l’eau ! Le truc s’est mis à faire des étincelles et je me suis pris une gentille décharge dans les doigts. J’ai bondi hors de l’eau en m’agrippant à la colonne de douche… que j’ai arrachée à force de faire des bonds pour éviter l’engin. Je suis tombée par terre avec. p****n, quel bordel ! J’ai couru réveiller Léo, trempée, en serviette, dégoûtée de devoir l’appeler au secours… Il n’était pas content. p****n, en revenant vers ma chambre, c’était pire que tout ! Y avait de la flotte partout dans le couloir. Il est d’abord allé couper l’arrivée d’eau, chose intelligente à laquelle j’avais pas pensé ! Et m’a regardée sévère avant d’entrer dans la salle de bain. J’ai baissé les yeux… Je n’étais pas fière, même honteuse, quand il a vu l’objet et m’a regardée. Il a appuyé sur le loquet pour vider l’eau du bain. J’ai grimacé. Deuxième chose intelligente à faire à laquelle j’ai pas pensé… Le bordel s’est remis à bouger dans tous les sens avant de s’éteindre. J’ai sursauté en poussant un cri, mais lui s’est mis à rire à plein poumons. Moi, ça me faisait pas rire. Pas du tout même. « Un cadeau de ton frère je suppose… » J’ai hoché la tête, pas fière du tout, mais lui a continué de rire. « J’vous pensais pas si proches… » « Je ne savais pas que ça n’allait pas dans l’eau… J’me suis pris le jus, et en tombant… J’ai déconné, désolée Léo… j’réparerai tout… » Il a ri de plus belle. « J’demande à voir… Du coup… dortoir commun ou… » J’ai hésité. Vraiment. Puis il m’a soulevée en soupirant. « T’es vraiment… » Il m’a conduite dans son nouvel appart. « Choisis laquelle des deux chambres tu veux, trésor… » C’est comme ça que j’ai fini par vivre vraiment avec lui…
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