Nouvelle arrivée

1337 Words
Du point de vue de Min-Woo — Avec ces vêtements, personne ne nous reconnaîtra, déclara Ji-Hoon avec assurance, en me tendant une pile de vêtements basiques. Je haussai un sourcil en observant les tenues : un simple jean délavé et un T-shirt usé. — Je n’en suis pas si sûr… répondis-je d’un ton sceptique. — Arrête d’être aussi pessimiste ! Qui pourrait imaginer que le grand Min-Woo se balade habillé comme ça, avec des vêtements bon marché ? Je soupirai, résigné, et attrapai la tenue qu’il me tendait. — Tu es vraiment incroyable… je vois que tu as tout prévu, n’est-ce pas ? dis-je en le regardant sortir deux casquettes et des lunettes de soleil. — Bien sûr ! Et maintenant, allons-y avant que nos gardes du corps ne reviennent, dit-il avec un grand sourire, me traînant presque dehors. — Comment as-tu réussi à t’en débarrasser ? demandai-je, suspicieux. — Oh, c’était facile. Je leur ai demandé d’aller nous acheter quelques courses. — Et ils ont accepté ? Après tout, ce n’est pas leur travail… Ji-Hoon éclata de rire, affichant un sourire malicieux. — Je peux être très persuasif quand je le veux, tu sais ? — Oui, bien sûr, répondis-je en secouant la tête, amusé. Alors, où allons-nous ? — Je vais te faire découvrir la ville de Séoul comme tu ne l’as jamais vue. Accroche-toi, dit-il en démarrant la voiture avec enthousiasme. Du point de vue de Hana — On est enfin arrivés, déclara Arthur avec un soupir de soulagement. — Oui, c’était un long voyage… Alors, c’est ici qu’on va rester pendant notre séjour ? demandai-je, observant l’immense bâtiment devant nous. — Oui. Impressionnant, n’est-ce pas ? Il paraît que le propriétaire est une personnalité très connue ici, en Corée. — Vraiment ? Pas étonnant. Il doit être incroyablement riche pour posséder un endroit pareil. À cet instant, un employé de l’hôtel s’approcha de nous. — Bonsoir, et bienvenue dans notre hôtel. Laissez-nous vous aider avec vos bagages, dit-il poliment en anglais. Je réalisai soudain que nous devions désormais arrêter de parler en français. Avant notre départ, nous avions suivi quelques cours d’anglais et de coréen. J’espérais que mes connaissances suffiraient. — D’accord, on vous suit, répondit Arthur. Je remarquai que Franck était resté silencieux depuis notre arrivée. — Franck, ça va ? Tu n’as pas dit un mot, fis-je remarquer. — Ne t’inquiète pas. Le voyage n’a pas été de tout repos, répondit-il avec un sourire fatigué. — Ah oui, j’avais oublié que tu avais le mal des transports. J’espère que tu te sentiras mieux après un peu de repos. — Ça ira, merci, murmura-t-il. Quelques instants plus tard, nous arrivâmes à nos chambres. — Voilà vos chambres, annonça l’employée avec un sourire. Arthur fronça les sourcils en observant les deux portes. — Attendez… Il n’y a que deux chambres ? Mais nous sommes trois. — On nous avait demandé de préparer deux chambres, expliqua l’employée. J’imagine qu’ils ont supposé que mademoiselle sortait avec l’un de vous. Nous restâmes figés, les yeux écarquillés. — Non, non, il y a un malentendu, s’empressa de dire Arthur. Mademoiselle Hana ne sort avec aucun d’entre nous. Nous sommes juste des collègues. — Tout à fait, confirma Franck en hochant la tête. L’employée hésita, puis échangea un regard avec sa collègue. Elles se mirent à chuchoter entre elles. — On ne peut pas la mettre avec l’un d’eux, murmura l’une d’elles. Ce ne serait pas convenable. — D’accord, mais ça complique les choses, rétorqua l’autre. Finalement, elles se tournèrent vers moi. — Mademoiselle Hana, veuillez me suivre, annonça l’une d’elles. Surprise, je les suivis en silence. Nous montâmes encore un étage. — C’est incroyable, pensai-je en observant les couloirs luxueux. On est au 100ᵉ étage ? Je n’ai jamais vu un immeuble aussi haut. L’employée s’arrêta devant une porte et se tourna vers moi. — Voici votre chambre. Je restai bouche bée en découvrant l’intérieur. — C’est… ma chambre ? demandai-je, incrédule. — Oui, mademoiselle. Si quelque chose ne vous convient pas, n’hésitez pas à nous le faire savoir. — Elle est parfaite, murmurai-je, éblouie. — Vous avez dit quelque chose ? — Non, non, tout est parfait. Merci beaucoup. — Très bien. Souhaitez-vous que nous montions votre dîner ici, ou préférez-vous descendre ? — Je vais descendre, merci, répondis-je avec un sourire. Elle s’inclina légèrement avant de partir. Une fois seule, je fis un tour rapide de la pièce. Ce n’était pas une chambre, mais un véritable palace. Je n’en revenais pas. — Ho ! Mes parents, murmurai-je en attrapant mon téléphone. Je lançai un appel vidéo. — Vous dormiez ? demandai-je lorsqu’ils apparurent à l’écran. — Non, on vient de se lever. C’est l’heure de la prière du matin, répondit mon père. — Ah oui, j’avais oublié le décalage horaire… Il fait jour chez vous. — Comment s’est passé le voyage ? demanda ma mère, inquiète. — Très bien. On vient d’arriver à l’hôtel. — Dieu merci, répondit mon père avec un soupir de soulagement. — Je vais vous laisser prier. Je vous rappellerai plus tard, ajoutai-je avant de raccrocher. Il était 19 h ici. J’avais faim. Mais avant de descendre, je pris le temps de prier et de me rafraîchir. Du point de vue d’Arthur — Elle met du temps à descendre, fis-je remarquer en regardant l’heure. — Tu connais les femmes, répondit Franck avec un sourire taquin. Elles prennent toujours du temps à se préparer. J’ouvris la bouche pour répliquer, mais Franck pointa quelque chose derrière moi. — Regarde, la voilà. Qu’est-ce que je t’avais dit ? Hana arriva, un sourire d’excuse sur les lèvres. — Désolée, je vous ai fait attendre ? — Non, on vient d’arriver, répondis-je en souriant. — Oui, bien sûr, ajouta Franck avec malice. Hana fronça les sourcils. — Qu’est-ce qu’il y a ? — Rien, ne fais pas attention, répondis-je rapidement. Une fois installés, les serveurs arrivèrent avec nos repas. — J’ai hâte de goûter, mais en même temps, j’ai un peu peur, dit Hana en regardant son assiette. — Peur de quoi ? demandai-je, curieux. — Que leur nourriture ne me plaise pas. — Allez, mange, dit Franck. Je suis sûr que tu aimeras. Je ne pus m’empêcher de l’observer lorsqu’elle prit une bouchée. — Alors ? — C’est bon ! répondit-elle avec un sourire éclatant. Un sentiment étrange m’envahit en la regardant. Quelques minutes plus tard, après que chacun ait goûté son plat, je posai mes couverts. — C’est bon pour moi, déclarai-je en m’étirant légèrement. Hana hocha la tête, repoussant doucement son assiette. — Moi aussi, je suis rassasiée, dit-elle. Franck, qui n’avait visiblement pas terminé, fronça les sourcils. — Rassasiée ? Vraiment ? On dirait que vous n’aviez pas faim. Vous n’avez presque rien mangé. — Ne te gêne surtout pas, Franck, continue de manger, lançai-je en souriant. Hana se leva alors doucement. — Excusez-moi, je vais prendre un peu l’air, annonça-t-elle en enfilant une légère veste. Je relevai la tête brusquement. — Non, Hana, attends ! Elle s’arrêta, légèrement surprise. — Arthur ? Il y a un problème ? Je me levai à mon tour, hésitant. — Non… Oui… enfin, tu ne peux pas sortir toute seule dans la rue. Tu ne connais pas la ville, et Séoul peut être assez compliquée à naviguer. Hana sourit doucement, d’un air rassurant. — Ne t’inquiète pas. Je ne me perdrai pas, mon téléphone est là pour me guider. Je cherchais mes mots, mais ce qui me sortit de la bouche me prit moi-même au dépourvu : — Pour ce qui s’est passé dans l’avion… je… Elle parut comprendre immédiatement et m’interrompit. — Arthur, ne t’inquiète pas. Je sais très bien que ce n’était pas volontaire. C’était un accident, j’ai déjà oublié, dit-elle avec un sourire chaleureux. Déjà oublié ? — Ah, d’accord, répondis-je en baissant légèrement les yeux. Elle se retourna vers la porte. — Bon, j’y vais. À plus tard, Arthur. Je restai là, immobile, tandis qu’elle s’éloignait. . . . À suivre...
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