Adonis et Orphée se regagnent l’extérieur de la maison et se dirigent vers la camionnette. Quelques secondes plus tard, ils sont en route pour le domicile d’Annabelle. Dans la salle sous le stade, la petite équipe de Dacia est prête à partir. Alors, les quatre agents sortent, puis entrent dans leur véhicule. Pendant ce temps, Adonis et Orphée discutent dans la camionnette.
Adonis : « tu penses qu’il est arrivé quelque chose à Annabelle ? »
Orphée : « non…enfin, il vaudrait mieux que non »
Adonis : « je le pense aussi »
Orphée : « nous ne sommes plus très loin d’après l’adresse que tu m’as donnée »
Adonis : « non, plus que quelques mètres »
Ils finissent par arriver chez la jeune policière. Orphée et Adonis descendent du véhicule, puis ils entrent dans la maison. Orphée remarque tout d’abord que la porte d’entrée a juste été rabattue, il y a un signe d’effraction. Elle se munie immédiatement de son poignard
pour être parée à toute éventualité. Une fois à l’intérieur, Adonis et Orphée avancent prudemment, ils évitent d’appeler Annabelle, de peur de donner leur position à un éventuel intrus qui serait dans l’appartement. A l’extérieur, une voiture arrive et gare mais personne ne descend ; c’est Baruch. Il a retrouvé l’adresse de la jeune policière et est venu pour la prendre en filature une nouvelle fois. Il appelle un numéro en utilisant son téléphone.
Baruch : « allô. J’ai retrouvé l’appartement de la femme policière »
??? : « D’accord. Ouvre l’œil »
Baruch : « ok »
A l’intérieur, Orphée et Adonis continuent de faire le tour de la maison. Ils entrent partout. Alors qu’ils entrent dans la chambre, Orphée aperçoit immédiatement le téléphone d’Annabelle sur le chevet. La chambre présente des traces de lutte, certains objets se trouvent à même le sol. Adonis arrive près du lit et ramasse l’arme d’Annabelle, elle se trouve encore
dans l’étui. Orphée regarde autour d’elle.
Orphée : « mais que s’est-il passé ici ? »
Adonis : « tu avais raison de t’inquiéter. Il est possible qu’on l’ait enlevée »
Orphée : « ils devaient être au moins deux »
Adonis : « peut-être plus… »
Orphée : « c’est ce que je disais, au moins deux »
Adonis (se met à paniquer) : « qu’est-ce qu’on va faire ? »
Orphée (prend le téléphone posé sur le chevet) : « calme-toi petit, nous allons tout d’abord récupérer son téléphone. Peut-être que des informations cruciales passeront par-là »
Adonis : « mince ! Que lui est-il arrivé ? »
Orphée : « non, mais tu vas finir par te calmer ? On doit garder notre calme sinon nous ferons forcément une erreur. Nous avons déjà son téléphone, nous n’avons qu’à attendre ce qui va suivre »
Adonis est fasciné par le sang-froid d’Orphée. On dirait que rien ne l’affecte à certains moments. Les deux comparses sortent de l’appartement d’Annabelle. Orphée jette un coup d’œil rapide aux alentours, puis elle entre dans la camionnette, suivie d’Adonis. Celui-ci, une fois à l’intérieur, allume son ordinateur et active le logiciel DREAM. La camionnette démarre et s’en va avec pour destination, la maison de la plage. Quelques secondes plus tard, Baruch démarre, lui aussi, son véhicule et suit la camionnette tout en prenant soin d’être le plus discret possible. Dans la camionnette, Adonis constate que le logiciel émet un signal. Il croit tout d’abord qu’il s’agit d’un rêve. Il va dans le registre des lectures mais rien n’y est affiché.
Orphée, qui observe de temps à autre Adonis, est curieuse de savoir ce qui se passe.
Orphée : « on peut savoir ce qui te rend aussi concentré sur cette machine ? »
Adonis : « le logiciel ne cesse d’émettre un signal depuis que je l’ai activé tout à l’heure. Il cherche à me dire quelque chose, mais je ne sais pas encore ce que c’est »
Orphée : « est-ce un rêve ? »
Adonis : « non…et si… »
Orphée : « quoi ? »
Adonis : « attends une minute, Orphée »
Adonis va dans les paramètres du logiciel. Le logiciel est programmé pour lire uniquement les rêves, telles sont ses paramètres par défaut. Adonis les modifie et choisit de tout lire sur le logiciel. Après cette modification, le logiciel DREAM redémarre automatiquement.
Orphée : « qu’est-ce que tu viens de faire là ? »
Adonis : « j’ai modifié quelques paramètres. Je pense que cela rendra le logiciel un peu
plus optimal maintenant »
Orphée : « je l’espère… »
Adonis : « dans ce cas, croisons les doigts »
Orphée : « je déteste cette expression »
Le logiciel termine son redémarrage. Alors, Adonis consulte de nouveau le registre des lectures, mais toujours rien. Il devient furieux.
Adonis : « mais que faut-il faire pour que ce signal me montre ce qui passe »
Orphée : « calme-toi d’accord ? C’est une machine, ou plutôt un logiciel »
Le logiciel, contre toute attente, analyse les paroles d’Adonis. Puis, il sélectionne le mot SIGNAL. Adonis ne le remarque même pas, mais il vient de trouver la solution. Il dépose l’ordinateur allumé sur les sièges de derrière. Ce faisant, il jette un coup d’œil derrière et
aperçoit la voiture de Baruch. Vu qu’il ne connait pas ce dernier, il ne se met pas en alerte et se
retourne juste.
Quant au logiciel, il continue d’émettre mais cette fois en faisant clignoter le mot SIGNAL sur l’écran. Orphée et Adonis arrivent sur la plage. Puis, Adonis récupère son ordinateur avant de descendre. C’est à ce moment qu’il aperçoit le clignotement du mot SIGNAL. Curieux, il tape sur la touche ENTREE. Soudain, l’écran présente une grande fenêtre de couleur noire. Une photo s’affiche, montrant Adonis et Orphée lorsqu’ils retournaient à la
camionnette, mais cette photo est prise dans un angle, comme si on les observait d’une certaine
distance. Il regarde la photo avec attention, puis il descend du bus. Alors qu’Orphée est déjà entrée dans la maison, Adonis, lui, traîne le pas, embêté par la photo présentée par le logiciel. Il jette un coup d’œil une fois de plus dans la rue avant d’entrer dans la maison. Ensuite, il entre. C’est à ce moment que Baruch descend de son véhicule et approche furtivement de l’appartement. A l’intérieur, Adonis pose l’ordinateur sur une table.
Charles (à Adonis) : « alors… ? »
Adonis : « alors, rien. Elle n’est pas chez elle »
Orphée : « ton frère est drôlement inquiet. J’ai tout de même récupéré son téléphone au cas où des informations transiteraient par-là »
Charles : « cette histoire commence à me rendre inquiet, moi aussi »
Orphée : « Annabelle est une battante, elle ne se laisserait pas emmener sans prendre son téléphone sauf si bien-sûr, cela nuirait à notre sécurité »
Adonis : « tu insinues qu’elle a sciemment laissé son appareil de liaison ? »
Orphée : « tu ne me crois pas ? »
Charles : « le véritable problème c’est que nous ne savons pas où elle est »
Au même moment, Baruch approche de l’appartement. Ensuite, il arrive près de la
camionnette. Puis, il prend son téléphone et appelle un numéro de son répertoire.
Baruch : « oui, je crois que j’ai trouvé comment mettre la pression à Bartholomew »
??? : « Comment ? »
Baruch : « je vais kidnapper l’un de ses fils ou peut-être les deux »
??? : « C’est possible de le faire ? »
Baruch : « je suis à quelques mètres d’eux, là »
??? : « N’est-ce pas plus simple de les tuer ? »
Baruch : « non. Il nous faut ce logiciel. S’il sait qu’on tient ses enfants, il accèdera à toutes nos requêtes »
??? : « Dans ce cas, vas-y »
Baruch raccroche et retourne à son véhicule. Quant à Adonis, il est curieux de connaitre la raison pour laquelle une photo d’Orphée et lui devant l’appartement d’Annabelle a été prise par le logiciel. Orphée avance vers lui et regarde, elle aussi, l’écran de l’ordinateur.
Orphée : « c’est une jolie photo, qui l’a prise ? »
Cette question met immédiatement la puce à l’oreille d’Adonis.
Adonis (bondissant de sa chaise) : « mais oui ! »
Charles : « quoi ? »
Adonis : « ce qu’Orphée vient de dire »
Orphée : « qui l’a prise ? C’est ce que je demande »
Adonis : « en fait, la vraie question c’est : qui l’avait en pensée »
Orphée : « tu sais que, des fois, tu me fais penser à un fou ? »
Charles : « tu n’es pas la seule, Orphée. Mais là, il a carrément dépassé ce stade »
Orphée : « le plus bizarre c’est que je préfère te croire pour éviter des surprises qui dépasseront mon entendement »
Charles : « qu’est-ce que vous venez de dire ? »
Adonis : « je pense que quelqu’un nous a vus sortir de l’appartement d’Annabelle »
Charles : « un inconnu ? Un voisin ? »
Orphée : « ou alors quelqu’un qui a une idée de l’endroit où se trouve Annabelle. Et peut-être même celui qui l’a enlevée »
Charles : « hm… »
Adonis : « toutes ces hypothèses sont plausibles, Orphée. Maintenant, il nous faut des
preuves »
Pendant qu’Orphée et les deux frères discutent, Baruch est dans sa voiture. Il a fait appel à quelques sbires. Lorsqu’ils arrivent, ils entrent directement dans son véhicule. De son côté, l’équipe de Dacia est en route vers l’hôtel de ville, le lieu où réside le procureur en attendant que sa concession soit entièrement restaurée. Vu que la police est soumise à une enquête interne, le procureur s’est offert les services d’agents secrets ou, disons-le comme cela, de mercenaires pour sa protection. Ils sont au nombre de quatre, dont l’un à l’entrée de l’hôtel, à l’extérieur ; le second près des ascenseurs, le troisième et le quatrième à l’étage où se trouve sa chambre. L’équipe arrive à environ 400 mètres de l’hôtel de ville. Taz arrête la voiture.