Frenkie raccroche. Annabelle pose son téléphone sur son chevet et descend de son lit. Elle se rend dans la salle de bain, quelqu’un est entré par effraction dans son appartement. Annabelle se rince le visage, puis elle referme le robinet. L’intrus entre dans la chambre et se
place juste derrière la porte. Annabelle sort de la salle de bain et retourne dans la chambre.
Après avoir franchi le seuil de la porte, elle se dirige vers son lit lorsque l’intrus se jette sur elle.
Annabelle se retourne, mais l’intrus, plus rapide, lui donne un solide coup de poing. Ensuite, il
envoie Annabelle au sol. Alors qu’il approche vers celle-ci, elle effectue un balayage qui fait
trébucher son adversaire. Les deux individus sont donc allongés, mais Annabelle se relève
rapidement et frappe son assaillant sur la tête à l’aide d’un coup de pied retourné. L’intrus est
secoué par le coup et peine à se relever, Annabelle est debout face à lui. Cependant, une autre
personne s’approche et pointe une arme sur le dos de la jeune policière. Surprise, elle lève
calmement les mains. Le premier intrus se lève, saisit Annabelle et la projette violemment sur le lit. C’est là qu’Annabelle aperçoit une femme à la chevelure blanche pointant une arme sur
elle ; c’est Dacia alias la plume blanche. Elle est accompagnée par le premier intrus, un homme.
Dacia : « salut, Annabelle. Cela faisait longtemps »
Annabelle : « Dacia…quel bon vent t’amène ? »
Dacia : « j’aurai souhaité des retrouvailles dans d’autres circonstances, mais que veux-
tu, les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait »
Annabelle : « tu veux dire que tuer les gardes du corps du procureur, c’était aussi indépendamment de ta volonté ? »
Dacia : « je n’ai absolument aucun compte à te rendre à ce sujet. Quand tu sauras pourquoi je suis ici, tu me donneras certainement raison »
Annabelle : « surprend-moi »
Dacia : « as-tu déjà entendu parler du groupe HELL ? »
Annabelle : « tu te fous de moi ? Franchement, un groupe qui s’appelle ENFER ? »
Dacia : « tu trouves cela amusant, mais je ne suis pas ici pour me divertir, loin de là. Alors, je suppose que non »
L’intrus s’approche d’Annabelle et lui montre deux photos.
Dacia : « ce qu’il vient de te remettre, ce sont les leaders du mouvement HELL »
Annabelle : « qui sont-ils ? »
Dacia : « je te présente Baruch et Ocampos. Deux immigrés serbes. Ils ont en leur possession deux armes biologiques. Le problème, c’est qu’on ignore encore leur cible »
Annabelle : « Baruch…Ocampos…au fait, comment sais-tu tout cela ? »
Dacia : « je vois que la police n’a toujours pas les informations à plus de 30%. C’est un peu désolant, même de la part de quelqu’un qui sort des forces spéciales XYZ »
Annabelle : « tu peux aller te faire voir »
Dacia : « arrête, ne commence pas avec tes grossièretés »
Annabelle : « qu’est-ce que tu veux, Dacia ? »
Dacia : « je suis en plein recrutement, mais je préfère des gens assez entrainés, si tu vois
ce que je veux dire »
Annabelle : « pourquoi cherches-tu à recruter ? »
Dacia : « tu es bête ou tu fais semblant de ne pas comprendre ce que je dis ? Ce groupe fait partir des groupes les plus dangereux de la planète. Ils ont pour projet de raser cette ville ou même plus. Le but est de les arrêter à tout prix »
Annabelle : « même si pour cela, tu dois tuer des innocents ? »
Dacia : « tu as également tué Léa…n’es-ce pas ? »
Annabelle : « non…attends une minutes ! C’était toi le motard avec le casque »
Dacia (sourit) : « j’étais sûre que tu ne m’aurais pas reconnue du premier coup »
Annabelle : « tu as bien failli me tuer »
Dacia : « j’ignorai que c’était toi »
Annabelle : « tu peux rigoler… à cause de tes prouesses, le procureur a ordonné une
enquête interne »
Dacia : « ne te fais pas de sang d’encre pour le procureur. Il était déjà impliqué lorsqu’il me condamnait et il l’est toujours aujourd’hui »
Annabelle : « qu’est-ce que tu me chantes encore ? »
Dacia : « oh ! Tu ne le savais pas… »
Le sbire donne un document à Annabelle.
Dacia : « voilà qui répondra à ta question. Le procureur finance 50% du projet de HELL. En effet, l’objectif est de mettre en circulation un vaccin qui est en préparation dans un pays du
continent asiatique. Une fois le virus répandu, il se propagera certainement à une vitesse
incroyable »
Annabelle : « et le vaccin sera immédiatement proposé par le procureur lui-même, passant ainsi pour le sauveur du pays et peut-être du monde »
Dacia : « je sais que mes méthodes sont peu orthodoxes, mais n’empêche que cette mission est tout ce qu’il y a de salutaire. Alors, j’ai recontacté les services secrets russes et ils m’ont donné la latitude de choisir trois personnes pour cette mission. Je te présente déjà Taz (en désignant le sbire), un autre mec nous attend à l’extérieur de l’appartement. Il s’appelle Ryo. Il ne manque plus que toi »
Annabelle reste quelques minutes sans dire un mot. En réalité, elle réfléchit à ce qui vient d’être dit. Dacia range son arme et s’assied sur le lit.
Dacia : « tu sais, je n’ai pas envie de faire cette mission avec des inconnus uniquement. Tu es la seule personne qui connait ce que j’ai traversé. Tu es la dernière personne à l’avoir expérimenté dans les forces spéciales XYZ. Alors, crois-moi, nous avons besoin de toi dans ce groupe »
Annabelle continue de réfléchir, puis descend de son lit. Dacia se lève aussitôt.
Annabelle : « quel est ton plan ? »
Dacia : « super ! Tu es des nôtres. Mais une dernière chose… »
Annabelle : « quoi ? »
Dacia : « ne dis rien à la police, n’en parle pas à Frenkie, et ce n’est pas négociable »
Annabelle : « très bien…pas de problème »
Dacia : « bien… »
Soudain, Taz frappe Annabelle à la nuque. Elle perd connaissance sur le coup. Ensuite, il la porte, Dacia sort de la chambre. Le petit groupe se rend à l’extérieur de l’appartement où se trouve un véhicule garé là. A l’intérieur, se trouve Ryo, il est déjà au volant. Taz ouvre la portière et installe Annabelle tandis que Dacia monte devant. Pendant ce temps, du côté de la maison de la plage, Adonis et Charles sont en train de manipuler le logiciel DREAM en présence d’Orphée. Celle-ci a décidé de s’intéresser davantage aux fonctionnalités de ce logiciel. Mais à part, observer les rêves des voisins qui font la grasse matinée, il n’y a vraiment rien d’autre à faire.
Orphée (à Adonis) : « tu crois qu’à part lire des rêves, ce logiciel peut faire autre chose ? »
Adonis : « j’en suis sûr. La toute première fonctionnalité que j’ai découverte, c’était la lecture des rêves. Mais ce logiciel est loin d’être aussi simple. Il va plus loin, mais le problème est que je n’ai pas encore trouvé du nouveau concernant une éventuelle fonctionnalité »
Charles : « c’est déjà démentiel de voir les rêves des gens, alors… »
Orphée : « ce n’est pas un logiciel banal, c’est vrai. Mais il faut encore creuser. Je doute que des gens vous recherchent et soient prêts à tuer pour un logiciel qui permet de lire dans les rêves des individus »
Adonis : « je ne sais pas. Mais nous finirons bien par trouver ce qui se cache derrière »
Orphée : « moi je vous le dis, il y a certainement quelque chose qui se cache là-dedans »
Dans le véhicule conduit par Ryo, Annabelle se réveille petit à petit. Puis, elle regarde autour d’elle, elle se trouve dans une voiture mais ne comprend pas ce qui se passe.
Annabelle (à Dacia) : « qu’est-ce que tu m’as fait ? »
Dacia : « rien de spécial, je ne voulais plus t’entendre me poser des questions, alors… »
Annabelle : « alors tu as décidé de me kidnapper »
Dacia : « ah…pitié, arrête de jouer les dramaturges. On se rend dans une salle équipée pour notre opération. Je voulais juste éviter que tu puisses montrer le chemin à quelqu’un que tu connais. Je ne te fais confiance qu’à moitié »
Annabelle : « pourquoi me mettre dans l’équipe dans ce cas ? »
Dacia : « si tu décides de ne plus venir avec nous, je devrais te tuer. Au fait, aucun téléphone n’est autorisé. Nous utiliserons juste des oreillettes connectées à une fréquence précise et sécurisée. Nous serons tous reliés les uns aux autres »
Annabelle : « me tuer… »
Dacia : « je ne rigole pas, Annabelle »
Annabelle : « c’est bon, j’avais compris »
Dacia : « je crois que tu finiras par te rendre compte que nous sommes pareilles, toutes les deux »
Très vite, ils arrivent à destination. Ryo, Taz, Dacia et Annabelle descendent de voiture et se dirigent vers la salle équipée. Cette salle se situe sous un stade de football, complètement à l’abri des regards la plupart du temps. Une fois à l’intérieur, Dacia distribue le matériel nécessaire pour la mission : une oreillette, une arme à feu avec cinq chargeurs par personne.
Dacia : « je crois que nous sommes parés maintenant. Écoutez bien, premier objectif, enlever le procureur de la ville »
Annabelle : « quoi ? Mais tu es folle…enlever un procureur ? »
Dacia : « il connait au moins une bonne partie du plan de HELL. C’est lui qui finance leur projet à hauteur de 50%. J’espère que tu n’as pas oublié »
Annabelle : « mais après l’avoir enlevé, que fera-t-on de lui ? »
Dacia : « on va l’interroger, je pense même à le torturer »
Annabelle : « si tu le tues, je me ferai un plaisir de t’arrêter »
Dacia : « ne t’inquiète pas pour cela, nous allons peut-être te le remettre en vie pour que tu
joues au billard avec lui… mais tu es malade, il sera redirigé vers les services secrets »
Annabelle : « dans ce cas… »
De son côté, Orphée, qui n’a reçu aucune nouvelle d’Annabelle, décide de l’appeler. Sur le chevet du lit, le téléphone sonne continuellement, mais aucune réponse. Orphée tente à
plusieurs reprises, mais en vain. Elle commence à s’inquiéter.
Adonis (à Orphée) : « elle ne répond pas ? »
Orphée : « non, et c’est cela qui est étrange. Elle répond toujours, mais cette fois… »
Adonis : « je peux retrouver son adresse »
Orphée : « je crois qu’on ne perd rien à aller vérifier sur place »
Charles : « je crois que je vais rester ici. Je n’irai pas avec vous, cette fois-ci »
Orphée : « très bien, comme tu voudras… »