Chapitre 8

972 Words
Pierre n'a pas caché sa frustration et sa déception lorsque je suis partie dans un taxi avec son ami et non pas avec lui. En fait je ne peux mentir sur le fait que j'ai aimé voir cette émotion sur son visage, parce que cet homme était de toute évidence un pervers. Sören n'est sans doute pas mieux... après tout il m'a proposée cash de coucher avec lui contre son silence. Nous sommes tous les deux assis à l'arrière d'un taxi de luxe, à l'opposé l'un de l'autre. Une vitre teintée nous sépare du chauffeur et je me contente avoir les yeux plongés par la vitre, trop effrayée à l'idée de croiser le regard exotique de l'homme avec qui je vais f***********r alors que j'aimerais tant être dans mes bras d'Owen. Alors que nous traversons la Seine sa voix chaude me fait sursauter: -Prête à coucher avec un inconnu pour pouvoir garder ton identité, tu es soit la plus grosse s****e que je connaisse, soit la femme possédant le plus lourd secret de l'univers. J'hausse les épaules. -Tu ne réponds rien? -Le marché c'était que tu me b****s, pas qu'on tape la discute. Ma voix siffle. Je veux en finir au plus vite. -Tu n'es pas en position de force je te rappelle. Je soupire et toune mon visage vers lui: -Qu'est ce que tu veux savoir? -Ton prénom pour commencer. -Méduse. -Ce n'est pas un prénom ça. -Autre question? -Tu fais ça pour l'argent? -Oui. -Mais pas pour te marier avec un vieux riche dont tu pourrais hériter de toute la fortune? -Non. -Alors pourquoi? Tu es un p**e? -Non! Enfin... en fait je n'en suis pas si loin quand on y réfléchis bien. -...On ne me paye pas. -Alors comment tu gagnes ta vie? Je reste silencieuse. Il m'épie quelques secondes avant de pousser une grande exclamation de génie. -Tu es une voleuse hein?! Avoue! Une petite escroc.  Je triture mes ongles, la nervosité m'étouffant presque. Je dois rester calme. Il pousse un petit rire, desserre sa cravate et se passe la main dans les cheveux. -Et bah bordel... Tu caches mieux ton jeu que je ne pensais. Qui t'oblige à faire ça? -Personne! -Ah oui? Pourtant tu n'as pas l'air d'être une professionnelle. Si je peux me permette tu as même l'air particulièrement nulle. -Allez vous faire foutre. Il ricane. La voiture s'arrête. -Nous sommes arrivés. Tu es toujours sûre de vouloir continuer? -Ne me parlez pas comme si j'étais une gamine! Oui je suis sure. **** A mon grand soulagement Sören ne se jette pas sur moi comme l'a fait Arthur la veille. Nous entrons dans son appartement parisien luxueux et moderne. Il se dirige vers la cuisine et en revient avec un verre d'eau. -Tiens. Je fronce le nez, méfiante. -Je n'ai rien mis dedans si c'est ça ta question. Comme je ne suis toujours pas convaincue il le porte à ses lèvres et le boit d'une traite avant de le poser sur le bar sans lâcher mon regard puis retire sa cravate et sa veste et détache les premiers boutons de sa chemise le rendant encore plus sexy et magnifique. -Tu as l'intention de me mater toute la nuit? Il me dit ça en riant, un sourcil dressé. Je pose mon sac et laisse ma veste tomber sur le sol. Je retire mes talons, ce qui me fait perdre dix bons centimètres et par la même occasion me fait paraître encore plus exposée à sa merci que je ne le suis déjà. Je b***e les yeux et retire les brettelles de ma robe avant de la laisser glisser le long de mon corps. Je reste là, à moitié nue, à attendre qu'il fasse quelque chose mais il ne bouge pas alors je relève timidement les yeux vers lui et je le surprends à me regarder d'une intensité peu commune et qui me fait rougir encore plus. Je décide de prendre les choses en main, je ne supporte plus son regard. J'avance vers lui et détache les derniers boutons de sa chemise, laissant son torse bronzé et musclé à ma vue. Je dépose mes mains froides sur sa peau chaude qui se recouvre aussitôt de frissons et je déplace doucement mes doigts sur son corps puis lui retire complètement sa chemise. Enfin il réagit. Il passe sa main puissante sous les cheveux et saisit ma nuque pour me faire relever la tête. Il approche son visage du miens mais et alors que je pense qu'il va m'embrasser il pose ses lèvres dans mon cou, avec délicatesse, comme si j'étais une poupée de porcelaine. Il passe son pouce sous la bretelle de mon soutient gorge et la fait glisser le long de mon bras. Je veux le dégrafer mais il m'en empêche en saisissant mon poignet. -Pourquoi tant de hâte? Le sexe ce n'est pas une tâche écoeurante qu'on veut expédier au plus vite... Dans ton cas peut être. Mais moi je ne suis pas ici par plaisir... J'obéis malgré moi, parce que mieux je le satisferait plus j'aurais de chance qu'il me laisse définitivement tranquille. -Vous voulez que je vous s**e? Je dis ça avec plus d'agacement que je n'aurais voulu et la grimace qui passe furtivement sur son visage m'informe qu'il a remarqué le ton que j'ai employé. Il s'écarte brusquement de moi. -Rhabille toi. -Qu...quoi?! -Rhabille toi et vas-t-en. -Mais... Je veux dire quelque chose mais il me coupe en tournant les talons: -Je ne dirais rien à personne tu peux continuer tranquillement ton petit commerce ne t'inquiète pas. Il dit ça d'un ton neutre, sans jugement ni colère. Je n'ajoute rien et remets ma robe, ma veste, mes talons et reprend mon sac. Mais avant que je ne quitte l'appartement il m'arrête une dernière fois: -Attends. Je me retourne. Il tient des billets de cinquante Euros dans sa main. -Pour le déplacement. Je le foudroie aussitôt du regard, voulant lui cracher au visage. Mais je me contente de dire avec mépris avant de claquer la porte derrière moi: -Merci mais comme je vous l'ai déjà dit je ne suis pas une p**e.
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