Nafi Le vrombissement sourd et puissant d'un moteur déchira le silence oppressant de la villa. C'était lui. Quelques secondes plus tard, la porte de la cuisine s'ouvrit à la volée, laissant entrer Monsieur Diop. Je fus saisie d'un sursaut, mon cœur manquant un battement tandis que mon bas-ventre se contractait douloureusement. Je m'en voulais avec une violence inouïe de l'admirer ainsi, mais comment lutter ? Karim était l'incarnation d'une virilité arrogante : une stature de géant, des muscles dessinés sous l'étoffe, une mâchoire ciselée comme du granit. Je laissai mon regard dériver malgré moi sur sa silhouette, écrasée par un sentiment d'infériorité. Il portait une chemise d'un blanc aveuglant et un pantalon de costume ajusté. Ses boutons de manchette en or pur brillaient sous les né

