Nafi Une semaine a passé, et l'air dans la villa semble s'être épaissi, chargé d'une tension invisible qui m'oppresse les poumons. Madame Diop ne va pas bien. Une mélancolie sombre semble l'avoir terrassée dès son retour de voyage. Elle n'a pas mis les pieds à son bureau, délaissant ses affaires pour se murer dans un silence inquiétant. Quant à son mari, Monsieur Diop, il n'est pas rentré depuis trois jours, laissant derrière lui un vide électrique qui me fait sursauter au moindre bruit de moteur. — Nafi ! Le cri de ma patronne déchire le silence du salon. Je me précipite, les mains moites. Elle est là, une silhouette fragile enroulée dans une couverture de cachemire trop grande pour elle. Ses yeux sont rougis par un film qui défile sur l'écran géant, une romance banale qui la fai

