Nafi Le battement sourd de la porte vitrée qui coulisse nous arrache brutalement à notre intimité. Karim apparaît sur le seuil, imposant, l'ombre de son autorité s'étendant sur le carrelage chauffé par le soleil comme un présage. Son regard balaie la terrasse, s'attardant sur nos mains jointes avec une lueur d'insatisfaction manifeste. — J'ai faim. Annonce-t-il simplement, sa voix profonde et monocorde brisant le calme précaire de l'après-midi. Il est suivi de près par Ahmed, qui semble soulagé de nous voir enfin installées et apaisées. L'atmosphère, jusqu'ici chargée de nos confidences tragiques, bascule brusquement vers une normalité presque dérangeante. Youssef émerge à son tour, les mains nonchalamment enfoncées dans les poches de son pantalon de luxe. Il observe Nana avec une acu

