Nafi Il est près de vingt-trois heures. L'obscurité a totalement englouti la ville, ne laissant que les reflets agressifs des lampadaires sur la carrosserie. Karim s'élance hors de la maison, ses pas frappant le sol avec une violence sourde, une cadence de prédateur en chasse. Je le suis, le souffle court et le cœur battant à tout rompre, jusqu'au garage où son imposante Mercedes m'attend, menaçante, ses vitres fumées impénétrables ressemblant à des yeux sans âme. Le moteur gronde soudain, un rugissement guttural qui fait vibrer les murs du garage. Sans m'accorder le moindre regard, il s'installe au volant. Je contourne la masse d'acier en trottinant et grimpe à mon tour, verrouillant ma ceinture d'une main tremblante. Je jette un coup d'œil furtif vers lui : ses mains broient le cuir

