Chapitre 18 : Les fleurs
Je sors de chez moi et constate qu'il y a un bouquet de fleurs devant ma porte. Je regarde autour de moi si je vois personne et je le prends. Je sais que ça ne peut pas être n'importe qui car ma résidence est à sécurité renforcée. Je constate qu'il y a un mot.
J'ouvre l'enveloppe et je lis la carte.
Emily,
Je tenais à vous présenter toutes mes excuses pour mes propos d'hier qui ont pu vous offenser. J'ai été très maladroit et ce n'était pas mon but. Je vous avoue que je ne savais même pas que vous aviez été avocate. Je ne me suis pas particulièrement intéressé à votre ancienne vie car je ne juge pas les gens par leur passé. Je vois en face de moi une femme incroyable, puissante et très belle qui peut facilement refaire sa vie si elle le souhaite.
J'espère que vous ne trouverez pas impoli de ma part de vous offrir ce bouquet mais pour moi le meilleur moyen de s'excuser auprès d'une femme est de lui offrir un joli bouquet de fleur.
J'espère que vous trouverez le bonheur dans votre vie futur.
Guillaume.
Je trouve ce geste adorable. Je ne sais pas comment interpréter son mot, mais je ne voudrais pas me faire de faux espoirs, penser que je peux l'intéresser. Puis même en supposant que je l'intéresse, je reste une femme avec de hautes responsabilités et plus âgé. Je doute qu'il puisse y avoir un avenir entre nous.
Ma mère arrive au même moment pour voir comment je vais.
- Coucou ma chérie ! (me serrant dans ses bras)
- Bonjour maman !
- Comment vas-tu ce matin ?
- Bien ! Très bien !
- C'est quoi ça ! Ne me dis pas que c'est encore une provocation de Jonathan ? (parlant du bouquet)
- Non, c'est Guillaume qui me l'a déposé devant la porte !
- Guillaume ! L'electricien ?
- Oui !
- Mais il y a quelque chose entre vous ?
- Non, non pas du tout, mais hier nous avons eu une conversation qui a un peu dérapé. Il m'a dites des choses qu'il doit regretter.
- Il a été odieux avec toi ?
- Non, pas vraiment ! Mais on a un peu évoqué nos vies personnelles et il m'a dit qu'il avait tendance à tomber sur des femmes inaccessibles mais que des femmes comme ça ne pourraient jamais s'intéresser à lui. Après, je lui ai dit que j'avais été avocate et lui m'a dit qu'il ne s'imaginait pas que j'avais été avocate, qu'il voyait que la reine en moi et sur le coup, ça m'a vexée.
- Il a sans doute eu des paroles maladroites, mais ce n'était pas méchant.
- Non, je le sais, mais sur le moment, ça m'a agacé !
- Mais pourquoi ! D'habitude ce genre de propos tu t'en fiches !
- Oui, mais là c'est différent !
Ma mère me regarde avec un sourire malicieux.
- Il te plaît vraiment cet homme ! N'est-ce-pas !
- Franchement ?
- Ben j'aime autant ! Après si tu ne veux pas te confier à moi, je peux le comprendre !
- Maman ! Ne le prends pas comme ça !
- Je t'ai déjà parlé de lui, tu as été très brève. Je pense donc que tu ne veux pas te confier ! Mais après je suis ta mère, c'est normal ! Tu parles un peu à quelqu'un j'espère ? Ta sœur par exemple !
- Oui, un peu ! Mais tu sais, Abigail a une vie bien rempli !
- Pourquoi tu n'as pas d'amie ! Je ne comprends pas !
- Parce que j'ai toujours eu affaire à des traitres ! J'apprends à me protéger !
- Ecoute maman ! Pour tout t'avouer, je pense avoir malgré moi développé des sentiments pour cet homme.
- Tu sais, les sentiments c'est toujours malgré soit que ce soit l'amour ou la haine !
- Oui je sais, mais c'est agaçant de tomber amoureuse d'un homme qui ne me voit pas !
- Ben écoute, je ne dirais pas la même chose que toi moi ! S'il ne te voyait pas, il ne t'aurait jamais offert ses fleurs !
- Oui peut-être, mais c'est plus amical qu'autre chose. C'est pour s'excuser !
- Après tu as dit « amoureuse » donc c'est déjà un sentiment fort. Tu sais, je pense que tu n'aurais rien à y perdre de lui déclarer ta flamme.
- Pourquoi faire ! Me taper la honte ! S'il ne ressent rien pour moi, je n'en vois pas l'utilité.
- Mais tu ne sais pas ce qui pense vraiment ! Tu sais, moi, pendant des mois, j'ai pensé que ton père n'éprouvait rien pour moi ! Et tu vois où nous en somme !
- Oui peut-être, mais tous les cas ne se ressemble pas.
- Oui, je te l'accorde, mais si tu ne tentes rien, tu ne sauras peut-être rien et après tu regretteras de ne pas avoir tenté ta chance. Tu sais, nous sommes en 2043, c'est fini la tradition de l'homme qui doit faire le premier pas.
- Je le sais bien, mais je ne vois pas l’intérêt d'une telle démarche si il n'y a rien derrière.
- Tu fais comme tu veux, je ne veux pas te brusquer, mais je ne veux pas que tu regrettes après.
- Je verrai comment notre relation évolue ! Si je sens qu'il y a une possibilité, peut-être que je lui parlerai !
- D'accord !
J'invite ma mère à prendre un café et nous discutons encore un petit peu. Ma mère peut être une excellente confidente, mais elle tient tellement à notre bonheur qu'elle ne réalise pas que les choses ne sont parfois pas faciles. Je n'ai pas son audace moi ! Je pense qu'elle tire beaucoup les leçons de sa propre histoire afin de nous faire comprendre que l'amour peut arriver n'importe quand et pour n'importe qui. Elle a sûrement raison après tout !
A suivre