Les maladresses

1289 Words
Chapitre 17 : Les maladresses La semaine qui suit, je reprends le cours de ma vie et fait en sorte que Jonathan ne soit jamais au courant de cet avortement. La semaine qui suis, Guillaume m'accompagne à la banque et à une réception ou je suis invitée. Nous échangeons de belles conversations, mais je suppose que ce n'est qu'amical pour lui. Il continue de se confier à Colline qui continue de le persuader qu'une histoire d'amour entre nous est impossible. De mon côté, je me confie à ma sœur. - Franchement, s'il te plait ce mec, tu devrais foncer ! (dit Abigail) - Je suis en plein divorce. - Et alors ! L'un n'empêche pas l'autre ! Il t'a trompé combien de fois lui ? - Je sais, mais je suis la reine ! Je dois me montrer exemplaire ! - Je sais pourquoi je n'ai jamais voulu devenir reine ! C'est pour que je ne tienne pas ce genre de discours ! Tu crois que maman s'est souciée du fait qu'elle était reine quand elle est tombée amoureuse de papa ! - Oui, tu as raison ! Maman n'a jamais eu peur de briser son image. Mais bon, quoi qu'il en soit, il ne ressent rien pour moi ! - Mais qu'est-ce-que tu en sais ? - Je le sens ! - Dans ce genre de cas, nous ne sommes jamais objectifs ! - Peut-être ! Je ne sais pas ! - Parle lui ! Tu n'as rien à perdre ! - Non, hors mi me taper la honte et qu'il rigole derrière mon dos ! - S'il rigole derrière ton dos, c'est que c'est un connard.. et tu n'auras alors rien perdu. - Oui sans doute. Je ne sais pas. Je vais me concentrer sur le divorce et je verrai plus tard. - Comme tu veux ! Le 20 novembre, nous sommes devant le juge afin que le divorce soit prononcé. Les faits sont exposés et le juge ne tarde pas avant de prononcer le divorce aux torts de Jonathan. Il aura le droit de voir ses enfants un week-end sur deux car il n'a pas souhaité de garde partagée. Je reviens avec Guillaume qui attendait à l'extérieur de la salle. - Vous allez bien Emily ? - Oui ! Ne vous en faites pas ! Je me sens libre à présent. - Tant mieux ! Je suis heureux que vous ne soyez pas abattu ! - Mais abattu pour quoi ? Pour un homme qui ne m'a jamais aimé et que je n'aime plus depuis de nombreuses années. Non, ça devait être fait et je n'aurais pas dû attendre qu'il pète un plomb à cause de son égo pour me séparer de lui. - Je comprends votre ressenti, mais il ne faut pas vous en vouloir pour ça. Vous avez fait ce que vous avez cru être bon. - Oui, je sais ! Mais j'aurais dû faire différemment. - Il ne faut pas regretter, il faut avancer et vous dire que c'est une nouvelle vie qui vous attend ! - Une nouvelle vie ! - Vous savez, vous pouvez refaire votre vie ! - Qui voudrait de moi ? Un homme qui profitera de ma situation, qui ne sera pas sincère ! - Pourquoi être si défaitiste ? Il y a des hommes honnêtes aussi ! Il ne faut pas faire d'amalgame. Qui vous dit qu'il n'y a pas un homme quelque part qui saura vous aimer comme vous le méritez ? - Je peine à y croire ! - Et pourtant la vie peut apporter des surprises. - On verra bien de quoi l'avenir est fait, mais j'avoue que j'ai du mal à me projeter ! Nous continuons notre route en changeant de sujet. Je suis tellement détruite que je n'ai même pas su interpréter les signes que Guillaume m'envoyait. Début décembre, il commence à faire froid. Guillaume a bien avancé dans ses travaux et risque d'avoir même fini plus tôt que prévu. Je ne sais pas si je peux oser lui faire comprendre ce que je ressens pour lui. - Vous ne voulez pas boire un café ! - Non merci ! - Pourquoi vous refusez tout le temps ! Suis-je de si mauvaise compagnie ? Un léger temps de silence s'installe. - Mais non, non pas du tout ! C'est juste que j'ai peur que ça me retarde dans mon travail ! - Vous avez bien avancé et vous avez encore un mois pour finir ! Vous pouvez vous accorder une pause pour un café tout de même ! Il me regarde et commence à sourire. Son sourire le rend encore plus beau. Cet homme à vraiment tout pour lui. - Bon d'accord ! Après tout, vous avez raison ! Je peux bien me poser un instant ! - Sage décision. Je lui sers un café et je le sens un peu gêné ou timide. Je ne sais pas trop comment l'interpréter. - Vous savez, vous n'êtes pas obligé de vous précipiter. Si ce n'est pas fini à temps, je peux rallonger votre contrat ! - Je sais, mais j'aime bien tenir mes engagements et que les choses soient finies en temps voulu ! - Il vous tarde de partir d'ici ! (souriant) - Non, ne le prenez pas comme ça ! J'ai juste un engagement que je veux tenir. - Je vois ! - Vous avez une petite amie à retrouver ? - Oh là ! Non ! Je suis célibataire. Je n'ai personne dans ma vie ! - C'est bien étonnant ! - Vous ne me croyez pas !? - Je ne mets pas votre parole en doute, mais il est étonnant qu'un homme aussi charmant et gentil que vous n'est pas de femme dans sa vie ! - C'est ainsi ! Vous savez, je n'ai pas pour ambition d'avoir une femme juste pour dire que je ne suis plus célibataire. Il faut quelqu'un que j'aime vraiment et en qui je peux vraiment avoir confiance. - Oui, je vous l'accorde ! - Après c'est vrai que je vois le temps passé et je suis encore célibataire. Je me dis que je suis sans doute trop exigent ! Puis j'ai tendance à tomber sous le charme de femme inaccessible en général. Je ne sais pas pourquoi ! - Qu'est-ce-que vous appelez par « inaccessible » ? - Ben soit ce sont des femmes mariées ou qui ont un rang social différent du mien ! - En quoi « le rang social » est-il un critère d'exclusion ? - Croyez-moi que quand une femme est architecte, médecin ou avocate, elle n'en a que faire d'un électricien qui se fait quelques dollars par mois. Je comprends directement la pique que je viens de me prendre en pleine poire. - Vous avez tendance à juger les femmes vous ! J'avoue que d'entendre des choses comme ça, m'offence un peu dans la mesure où il n'y a pas encore si longtemps, j'étais avocate. Un temps de silence s'installe. - Mince, je suis tellement confus ! J'avoue que je n'y avais pas pensé une seule seconde. Pour moi, vous êtes la reine, ça s'arrête là ! - Justement ça s'arrête là ! C'est fou tous ces gens qui ne voit que ça en moi et oublie que derrière la reine se cache une personne ! Une personne qui existe vraiment. - Ecoutez, j'ai été très maladroit et je m'en excuse ! - Ce n'est pas grave ! Passons à autre chose. Nous continuons à discuter de tout et de rien durant une dizaine de minutes, puis Guillaume reprend son travail. Le lendemain, j'ouvre ma porte et trouve un beau bouquet de fleurs avec une carte. A suivre
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