ÉPISODE 13
KIMORA JOHNSON
J'avoue que je ne savais rien du terme dépendance affective. Je crois que j'ai vu ma maman traversé cela sans avoir eu la chance d'en guérir. J'ai vu une femme puissante et indépendante qu'était ma mère quand on quittait Londres se transformer en une sorte de béni Oui-Oui. J'avais toujours cru que papa Fernand l'avait gbassé tellement elle n'avait aucune volonté, sa vie tournait autour de son mari elle vivait à travers lui. S'aurait été bien si elle avait compris que ce qu'elle faisait n'était pas normal, qu'elle n'avait pas son homme dans sa vie pour la combler mais plutôt la partager.
Moi : Et comment Aristide l’a pris ?
Isha : C'était amusant. J’étais joyeuse et lui aussi, nous avons passé de bon moment et puis il a commencé à trouver que je ne me préoccupais pas forcément de lui, de sa vie. C'était un affront à son orgueil. Il trouvait que je passais beaucoup trop de temps sur les réseaux sociaux. Ses amis et ses frères lui rapportaient qu'ils ont vu sa femme connecter à des heures tardives. Cela donnait l'impression à Aristide de ne pas gérer convenablement son foyer, on lui disait que j'étais trop libre en tant que femme. Il avait fixé une heure pour que je me déconnecte. Les tensions ont repris, il est devenu dur et hostile un peu comme si j'étais trop confiante et que son rôle à lui c'est de me rabaisser pour me prouver que je n'étais rien, il a commencé à avoir une certaine haine à mon égard et bizarrement tout ça ne me disait plus rien. Dans ce désordre, un jour il est sorti sans rien laisser alors que je n'avais rien et j'étais malade, il m'avait enfermé peut être par erreur ou il a fait exprès. Je l'ai appelé sans suite. J'ai dû faire appel à ma grande sœur qui m'a envoyé de l'argent et avec l'aide des voisins j'ai pu sortir. L'un des voisins m'a aidé à prendre des médicaments. C'est après vingt-deux heures que Aristide trouve le courage de m'appeler pour me dire qu'il était super chargé et qu'il venait de se libérer pour aller à un rendez-vous chez un client. Prise de rage je lui ai raccroché au nez, il a continué à rappeler. J'en avais marre et j'ai encore décroché, il me dit je rêve ou tu viens de me raccrocher au nez?
Je lui ai répondu qu'il n'avait pas rêvé et que je voulais qu'il me laisse tranquille et j'ai encore raccroché. Les minutes qui suivaient il a déboulé à la maison tout furieux et commencer à m'insulter , ce jour là je n'avais aucune envie de parler. J'étais assise quand j'ai reçu un message de ma soeur qui voulais savoir comment j'allais ? J'ai donc entrepris de lui narrer ce qui était en train de se passer. Aristide s'est alors tourné vers moi tout furieux pour dire que je n'avais pas le droit d'appuyer mon portable quand il est en train de me parler. Je ne l'ai même pas regardé, j’ai continué à narrer les choses à ma sœur. Il m'a demandé à qui j'écrivais, je lui ai dit que ça ne le regardait pas.
Il a alors bondit sur moi, m’a arraché le portable des mains qu'il a fracassé contre le mur et a commencé à me battre. J'étais tellement dans le déni que je n'ai fait aucun geste, comme sonné j'étais là, Aristide a osé me porter mains dessus, le pire devant mon fils d'un an. Mon monde s'est écroulé ce soir-là. J'étais sorti et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps désorienté, j'ai dû demander l'aide du frère de Aristide, je lui ai demandé de me prêter son portable pour que je puisse faire un appel. J'ai immédiatement lancé le numéro de ma maman pour lui narrer ce qui venait de se passer. Elle m'a demandé où j'étais et je lui ai dit que j'étais dehors, elle a voulu m'envoyer de l'argent pour que j'aille dormir chez un oncle mais il était tard. Elle m'a demandé de retourner dans la chambre et d'arrêter de le provoquer jusqu'au lever du jour. Je lui ai dit d'accord mais je n'avais pas cette force-là de rester dans la chambre que lui. Je suis restée dehors et sous la pluie je voulais juste mourir.
Le jour s'est enfin levé, très tôt c'est une cousine à moi qui a débarqué. J'ai d'abord cru que c'est maman qui l'avait informé je me préparais à le lui reprocher quand Aristide lui raconta la raison pour laquelle il l'aurait appelé pour venir chercher sa sœur parce qu'il ne sait pas ce qui serait capable de me faire si je revenais dans la chambre. Vous voyez ma vie? Avait-il besoin de l'humilier de la sorte? C'est moi qu'on doit venir chercher tel un objet comme ça.
Dans l'après-midi, maman est descendue. J'avais déjà vu des couples en venir aux mains mais dès que ça arrive l'homme se rend immédiatement compte de son erreur et présente des excuses à sa femme et à sa belle-famille. Aristide a poussé le bouchon encore plus loin, il ne reconnaissait pas qu'il n'avait pas le droit de me frapper, il expliquait à ma maman comment il avait raison de le faire. Il lui a dit que si de pareilles circonstances se reproduisaient il refera la même chose.
Un oncle à moi est venu il a calmé ma maman, ils ont décidé que je n'irai nul part. Je n'ai pas de boulot et je suis nourrice. Ils m'ont expliqué comment c'est des choses qui arrivent dans les foyers et qu'il fallait que je supporte parce que j'ai désormais un enfant et quand on a un enfant, il ne faut pas quitter le père de son enfant parce qu'il serait difficile de trouver quelqu'un d'autres dans ma vie.
J'avais honte et je me sentais humilier. J’étais furieuse. Tout le monde est rentré chez lui et Aristide m'a amené prendre un sandwich dans un fast-food. Là-bas, il m'a dit qu'il était désolé et basta.
Les jours qui ont suivis, j'ai essayé à plusieurs reprises de lui faire voir à quel point son acte était grave et combien il m'a brisé. Il ne voulait rien comprendre. Lui-même essayait de m'expliquer pourquoi il avait raison de le faire. J'en ressortais à chaque fois plus énervée et mon envie de lui faire payer ne faisait que grandir. Quand on entend parler de la violence faite aux femmes, on ne s'imagine pas que ça nous arrive. On juge les victimes. On pense qu'elles en font trop jusqu'à ce que ça vous arrive vous-mêmes.
Mon amour pour lui a pris un véritable coup. J’avais une certaine haine envers lui. Peu de temps après, le propriétaire nous a donné de préavis. Aristide ne payait plus le loyer depuis huit mois. Donc, les huit mois d'avance que j'ai payée avant d'intégrer la maison ont été dépensés sans que je ne sois mise au courant. Une trahison financière de plus. Quand j'ai souligné cela, il a juste dit que ce n'est pas comme si je n'habitais plus là et que lui a retiré l'argent pour bouffer ça…