ÉPISODE 02
KIMORA JOHNSON
Journal du soir 20h.
Le bruit court que la féministe Isha serait en réalité un top dans le milieu du féminisme, c'est ce que disent en tout cas ces consœurs de lutte. Elle serait entrée dans le mouvement pour discréditer le combat des féministes. A ce qui paraît cela n'est pas nouveau dans ce milieu. Les activistes disent ne reculer devant rien pour atteindre leurs objectifs, un monde d'égalité. Nous reviendront sur cette affaire qui fait grand écho sur les réseaux sociaux.
Elles sont complètement à côté de la plaque m***e, ça m'énerve.
Je suis Kimora Johnson, journaliste d'investigation. J'adore mon boulot. Je m'attaque souvent aux sujets d'injustice et de mal compréhension.
Comme tout le monde dans ce pays j'ai suivi le militantisme de Mlle Isha jusqu'à sa descente dans les abîmes. C'est impossible qu'elle soit un top comme veulent le faire croire ses compagnons de lutte, ceux dont elle a le plus besoin en ce moment.
Je ne peux pas me prononcer sur son état psychologique. Je crois qu'elle débloque un peu mais elle n'est pas folle.
J'ai envie de faire la lumière sur son histoire parce-que que je refuse que l'une de mes modèles sombre de cette façon-là. C'est pour ça j'ai décidé de l'interviewer. La tâche je sais, ne va pas être facile mais je vais y arriver.
Le lendemain matin de retour au centre ou est interné Mlle Isha.
- madame Kim vous êtes matinale, on ne vous attendait pas. Me dit l'interne de tour
-Bonjour comment va Mlle Isha?
-laissez-moi prendre ses fréquences et je verrai si elle pourra discuter avec vous. Attendez dans le jardin svp
- ok
Dans le jardin j'avais pris place sous un arbre c'est Mlle Isha même qui m'a rejoint.
- bonjour Kim vous allez bien aujourd'hui?
- ça va je vais bien. Je vois que vous allez aussi. Dites-moi qu'est-ce qui vous met de si bonne humeur
- vous promettez de garder le secret?
- motus cousu si je vous trahi je vais en enfer
- ptdr ça existe encore ce genre d'expression?
- bah oui. Dites-moi, je suis muettes comme une tombe.
S'approchant de mon oreille
- je vous avais bien dit que ce sont les saloperies qu'ils me font avaler qui me rende malade. Hier quand l'interne m'a fait avaler mes cachets, je les vomis juste après qu'elle soit sortie. Voilà la recette du bonheur haha.
- c’n’est pas dangereux de faire ça?
- ah Kim épargnez-moi de ça.
Poursuivons ce qu'on a commencé. Ou en étions-nous?
- à votre viol manqué.
-Ah oui, cette période-là. Peu de temps après cela j'avais eu mes première règles, c'était arrivé un vendredi matin en classe. Ça avait tâché mon kaki. Je n'en savais rien, j'avais levé le doigt pour corriger un exercice de physique, le prof m'avait désigné. Je me souviens qu'il y avait beaucoup de murmure avant que le prof ne me dise
- Mlle on dirait que vous êtes assis sur un clou qui vous percé les fesses. Retournez-vous asseoir.
Je ne comprenais rien mais sa blague a eu le don de faire rire toute la classe. J'étais retourné m'asseoir dans l'incompréhension totale. Celle qui partageait mon banc me souffla que mon kaki fût taché de sang.
J'étais très triste de ce qui m'arrivais, je ne voulais pas de couler de sang chaque mois, c'est l'horreur. Pourquoi Dieu m'as t'il créé femme? M'étais dis-je.
A la fin du cours, une camarade m'avait passé un pagne pour que je puisse rentrer, elle m'a dit que c'est pour ça qu'elle avait toujours un pagne sur elle. J'ai dû attendre que le collège se vide et que le surveillant soit parti avant de rentrer car on n’avait pas droit de partir un pagne dans l'établissement. A cause de ce traumatisme j'avais commencé à accumulé les slips tout le temps puisque je ne savais pas quand ça allait reprendre. Jus qu'aujourd'hui je ne sors pas avec un seul slip.
Maman était en voyage donc je n'ai rien dit à personne.
Personne chez nous ne savait que j'avais des menstrues pendant plus d'un an. Maman était rentrée un jour sous la douche quand je prenais ma douche, elle avait vu du sang. A ma sortie de la douche, elle voulait m'expliquer ce que c'était mais je l'avais coupé en lui disant que ça fait un an que je les avais. Son étonnement fut grand au point où elle n'a plus rien ajouter, je n'ai donc pas eu d'éducation sexuelle. Vous voyez comment grandissent les filles dans notre pays?
En 3e je commençais à être attiré par les hommes. J'étais un peu plus accessible, je commençais à me lâcher un peu plus. J'avais réussi à avoir des amis.
Mes amis me racontaient toutes leurs vies et cela m'enchantait mais moi j'étais incapable de dire quoi que ce soit sur moi-même. Cela gênait mes amis .certaines me laissait tomber à cause de cela. Diane elle était restée. Diane est le genre de fille hypocrite et sournoise. J'étais une vraie sainte-nitouche et elle l'était à sa façon. Diane avait un petit ami, elle savait que je n'étais pas en accord avec cela alors elle faisait semblant de ne pas en avoir. On était amis puisque nous n'avons pas à nous raconter nos vies et ça nous convenait.
Malheureusement Diane échoua à l'examen. Elle a donc repris la 3e et moi j'étais passé en seconde.
2010 fut l'année de mon année. L'année de toutes les émotions. J'avais eu mon premier copain cette année-là. Un séminariste raté. C'est aussi l'année où j'avais eu 6 de mes professeurs qui me draguait. Certains était discret tandis que d'autres le faisait ouvertement.
C'était excitant de se savoir si tant désirer même si ça ressemblait à un cauchemar. Le bruit courait que les professeurs gonflaient mes notes parce que je me donnais à eux. Ils ont soudainement oublié que j'étais brillante depuis toujours.
Les ragots couraient jusqu'aux oreilles de maman, celle-ci avait commencé à me soupçonner de tout et de rien. Je me souviens que cela m'affectais beaucoup. Je voyais maman débouler à chaque fois que je parlais à un garçon et me mettait la honte.
J'étais harceler à la maison et a l'école sans pouvoir en parler...